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Publié par BALCHOY

Image de Mgr Romero vénéré par son peuple

Image de Mgr Romero vénéré par son peuple

 

Je n'oublierai jamais l'attitude irrespectueuse de Jean Paul II devant ce prêtre Nicaraguayen Cardenal, Ministre d'un gouvernement très à gauche, c'est vrai,  qui s'agenouillait devant lui et qu'il traité comme un maître d'école sermonne un mauvais élève.Il refusa de lui donner la main qu'il avait tendue spontanément au dictateur Rios Mount  du Guatémala.

 

Face à cette image que nous a transmis la TV, je revois de pape Polonais qui a tant polonisé sinon colonisé à sa façon l'Eglise donner la communion à des généraux qui avaient énormément de sang sur les mains y compris de nombreux prêtres qui avaient choisi à la lumière de l'Evangile de prendre parti pour les pauvres exploités par des tyrans sanguinaires.

 

Dans l'Argentine du Pape François, quand il était provincial de la compagnie de Jésus, cinq évêques seulement sur 85 eurent le courage de s'opposer à la dictature. Deux d'entre eux moururent tragiquement dans un accident de voiture alors que tous deux ils apportaient des preuves de crimes commis par les militaires.

 

Sourd et aveugle devant ces crimes, un membre de l'épiscopat fit remarquer avec compassion à propos de l'un d'eux "qu'il conduisait très mal".

 

Je ne sais pas ce que faisait Le Pape François en ce grand temps d'injustice.

 

Ce qui est sûr c'est que Jean Paul II recevant en 1984 une délégation de ces mères d e la Place de Mai pleurant  leurs enfants disparus leur répondit : "Des disparus il y en a dans tous les pays du monde, des enfants également."

Lui qui avait pris affectivement sur ses genoux le petit fils du général tortionnaire Galtieri.

 

A ce propos, rfappelons que le cardinal de l'époque, le Cardinal Arambaru, donnait l'ordre de fermer les portes de la cathédrale pour empêcher ces femmes de s'y réfugier.

 

En 87 le même Pape réitère son mépris de la souffrance de ces mères, appelées "les folles de Mai" en refusdant de les recevoir alors qu'en Argentine, il y a eu trente mille disparus, surtout des jeunes gens luttant comme ces mères contre une dictature inhumaine.

 

A ce propos, je puis avancer un argument personnel. J'ai eu l'occasion maintes fois à Bruxelles de rencontrer une franciscaine rentrée du pays qui là-bas fréquentait assidument les grands dirigeants de la junte militaire. Elle m'en faisait l'éloge d'une façon si aveugle que  je pus m'empêcher de tenter en vain de rappeler leurs crimes y compris contre des prêtres et des religieuses.

 

Oui, la hiérarchie sud-américaine, soutenue  par Karol Waltija,  a été trop souvent complice de juntes militaires qui ont terni le christianisme qu'ils prétendaient servir en parole par des actes ignobles.

Quand le président Alfonsin fut élu démocratiquement, à la fin de la dictature militaire,  l'épiscopat qui avait été si conciliant avec la junte  organisa des manifestations monstres contre le nouveau président en partie parce qu’il voulait institutionnaliser le divorce en menaçant d'excommunication quiconque le voterait.

 

Quand Jean Paul II revint dans le pays il demanda de tourner la page sur les drames passés sans plus parler des disparus.

Confirmant ainsi son attitude inamissible de sa visite en 1982 il refusa  une fois de plus de rencontrer les pauvres mères de Mai ainsi que l’organisation de défense des droits de l'homme.

 

Non, un homme qui a ainsi trahi la cause des pauvres d'Amérique latine ne mérite pas d'être sanctifié !

 

On ne peut comprendre l'attitude du Pape Polonais sans se référer à ce que fut son combat en Pologne contre le communisme auquel il assimila tous les mouvements de révolte populaire des guérilleros  contre la dictature.

 

 

Ce ne fut pas la seule fois que Karol Woltija volontairement ou non "polonisa" l'Eglise universelle parfois pour son bien souvent hélas en s'opposant à des réformes justes.


L'OPUS DEI, cette contrefaçon grossière et financière de l'Evangile l'aida dans ce virage à droite de l'Eglise. Nombreux furent les évêques, sans aucun lien avec le pays où ils étaient nommés qu'il nomma pour écraser toute velléité de théologie de la libération dans l'Eglise.


J'espère que le Pape François mettra fin à ce démantèlement de l'Eglise du Christ.

 

Je voudrais terminer ce regret d'une canonisation selon moi non méritée comme le fut celle d'un  autre cardinal qui œuvra durant la dernière guerre avec les sinistres Oustachis contre le peuple Serb, en évoquant la lumineuse figure de Mgr Romero, canonisé immédiatement par son peuple qui, comme au temps de l'Eglise primitive, n'a pas cru devoir attendre la reconnaissance de Rome qui d'ailleurs se fait toujours attendre.

 

Voici quelques lignes de lui, prononcées à la veille de sa mort dont elles furent la cause, sans nul doute :

 

"L'Eglise prêche la libération telle que nous l'avons étudiée aujourd'hui dans la Bible, une libération qui concerne par-dessus tout le respect de la dignité de la personne, la sauvegarde du bien commun du peuple et la transcendance qui se tourne vers Dieu et puise en Lui son espérance et sa force;"

 

Merci, Monseigneur Romero d'avoir si bien vécu témoigné de la présence du Christ ressuscité au sein de son peuple martyrisé aujourd'hui comme Lui hier par des régimes politiques inhumains.

 

 

P.S. Je me suis servi de l’excellent ouvrage « L’Eglise démantelée » publiés sous la direction de Réginald Dumont, édition EPO, 1990

 

 

yvanbalchoy13@gmail.com

Heureusement le Pape François a rendu à Mgr Romero sa place éminente dans le Christianisme d'aujourd'hui et rappelé à quel point la mort de cette évêque sud américain est dans la ligne droite de l'Evangile. Merci François

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