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Publié par BALCHOY

Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,

  Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ?

 

Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,

Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?
 

 

Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive ;
Elle me regarda pour la seconde fois,
Et la belle folâtre alors devint pensive.
Oh ! comme les oiseaux
chantaient au fond des bois !
 

 

Comme l'eau caressait doucement le rivage !
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers

 

 

Victor Hugo

 

http://www.labandedesmots.com/wp-content/uploads/2011/12/liste-poemes.pdf

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