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Publié par BALCHOY

J’ai reçu récemment dans ma boîte mail ce message qui m’a fait réfléchir. Je voudrais vous en faire part ici

 

 

 

 «COMMENT ET POURQUOI DEVIENT-ON ATHÉE ? »

 

Débat au départ d'un témoignage :

 

de la prêtrise à un athéisme radical, mûrement réfléchi, un parcours ayant surmonté et révélant le puissant obstacle qui le plus souvent entrave ou retarde une prise de conscience résolument athée : enfance, éducation sous empreinte religieuse. »

 

 

Tout d’abord, je ne mets en aucun cas la sincérité de ce conférencier qui est passé de la prêtrise à un athéisme absolu au terme d’une évolution qui, semble-t-il, ne fut pas facile.

 

J’ai en commun avec lui un point de départ commun dans l’Eglise puis une certaine distanciation face à l’institution ecclésiale, mais je n’aboutis pas exactement à ce qui semble chez une certitude établie.

 

Je n’ai pas perdu la foi en quittant le sacerdoce.  Mon changement de vie n’a pas tellement eu pour cause des divergences pourtant existantes, c’est vrai, avec la manière dont l’Eglise de Rome traduisait l’Evangile aujourd’hui. J’aurais pu, malgré ces divergences continuer à exercer mon ministère, mais je ne voulais le faire en observant ce célibat ecclésiastique qui, j’en étais de plus en plus persuadé, correspondait à un durcissement inacceptable, pour moi en tout cas, de l’enseignement du Christ.

 

A ce propos, je me rappelle, un film de Joannon appelé « LE DEFROQUE » avec Pierre Fresnay. Ce dernier reprochait la faiblesse d'un de ses confrères qui avait quitté le sacerdoce pour suivre une femme, affirmant pour sa part avec orgueil que son éloignement de l’Eglise relevait de divergences intellectuelles.

 

Je me rappelle que par défi, il consacrait du pain et du vin dans une boîte de nuit devant des amis et qu’à ce propos on discutait beaucoup dans le clergé sur la validité ou non d’un tel geste.

 

En quittant le clergé, je n’ai pas eu l’impression de quitter, encore moins de rejeter l’homme de Nazareth dont le Message me semblait et à vrai dire me semble encore le plus sublimement humain.

 

J’avoue pourtant que la rencontre de nombreux hommes qui, professant l’athéisme, m’a rendu peu à peu moins sûr de la nécessité de cette foi qui à 18 ans m’avait poussé à miser toute ma vie pour l’Evangile.

 

Parmi eux, je veux citer Jean Paul Sartre dont l’athéisme militant et actif notamment lors de la guerre d’Algérie m’a toujours semblé un exemple à suivre et je ne cache pas que sa conception de la liberté humaine m’a interpellée sans que pour autant je cesse d’admirer cet autre grand cri de liberté que fut toute la vie et les écrits du grand Dostoïevski.

 

Le grand écrivain, dans les Frères Karamazov et la Légende du Grand Inquisiteur  prenant au sérieux le refus du Christ  de séduire l’humanité au détriment de sa liberté. Aux yeux du grand romancier, l’homme a été créé à l’image de Dieu et chaque fois que l’homme se détourne de sa nature d’icône de la Divinité, il se dédouble, se détruit comme Raskolnikov dans Crime et Châtiment.

 

C’est vrai que je me sens parfois partagé entre Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir qui professent un athéisme militant et Dostoïevski convaincu que si Dieu n’existe pas, aucune morale ne subsiste et que  tout est permis.

Je l’ai cru longtemps mais le contact avec des hommes et des femmes admirables vivant sans Dieu mais professant un humanisme débordant de générosité m'a obligé à refuser cette affirmation du grand écrivain.

 

Je pense de plus en plus que s’il y a une frontière qui sépare les hommes en deux camps celui du bien et  celui du mal, elle ne passe pas nécessairement par la croyance ou non à l’existence de Dieu, mais comme le Christ l’a signalé dans sa parabole du jugement dernier, à travers les hommes ou les femmes qui vivent d’amour et celles et ceux qui n’en vivent pas.

 

J'aime le poème d'Aragon qui nous parle du combat commun de ceux qui croient au ciel et de ceux qui n'y croient pas pour délivrer la Belle prisonnière des soldats.

Comment ne pas évoquer ici la personne de l’Abbé Pierre qui aiguillonné par son amour commun du Christ et des hommes a fondé Emmaüs et lutté sans relâche contre la misère qui gangrène notre société humaine.

 

Mais je pense aussi à cette amie, rencontrée, il y a quarante ans, qui, sans avoir besoin, d’une vie au-delà de la mort, m’a prouvé par ses dires et surtout ses actes qu’on peut être heureux ici-bas et rendre les autres heureus sans autre foi que celle en l’homme.

 

Elle est persuadée qu’à la fin de sa vie, l’homme, fruit de la nature et de la vie y retourne et que ce retour à la terre est aussi naturel que la fin d'une fleur ou d'un oiseau.

L’homme individu  se dissout dans le grand fleuve de la vie qui continue sa course dont   chacun de nous est un élément passager. Oui, pour elle, le paradis existe, mais il existe ici-bas dans l’amitié, le service et la création par exemple artistique.

 

Aujourd’hui, je reste partagé entre cette admiration que je continue à ressentir pour la personne et l’enseignement de Jésus et le bonheur tout simple de cette amie dont la quête de bonheur ne dépasse pas les frontières de sa vie terrestre.

 

Oui, je garde l’espoir d’une vie éternelle qui n’est pas emprisonnée dans le temps et l’espace de mon existence terrestre mais j’ai de moins en moins besoin d’en être certain pour être heureux.

C’est dans chaque instant présent que j’ai à retrouver et parfaire le Royaume de Dieu qui est aussi le Royaume de l'Homme.

 

Demain quand viendra la fin de ma vie, j’espère passer cet instant avec une immense curiosité, sans autre certitude que l’amour est la plus grande richesse sur la terre et qu’il continue après moi et peut-être aussi par moi et en moi.

 

Non, cher Dostoïevski, même si Dieu n’existait pas,  tout ne serait pas permis et l’amour simplement humain ou peut-être surnaturel aura de toute façon le dernier mot.

 

Voilà pourquoi, malgré tous mes doutes et souvent mes peurs, je ne crois sûrement pas plus à l’Athéisme qu’à la Foi

 

Avec beaucoup d’humilité je veux croire à l’Homme et je pense que si le Paradis existe, il me faut le rencontrer et le créer tant soit peu ici-bas pour pouvoir, je l'espère, le vivre dans l'Au-delà.


 

Sans juger mon ancien collègue, je n’irai sans douta pas à sa conférence car je n'ai pas besoin de dogme en ma vie.

 

Jésus reste pour moi un  espoir merveilleux pour l'homme et  la Vie, ombres et lumière, vaut pleinement la peine d’être vécue même si demain tout ma personne retourne fusionner avec cette terre d’où elle est née.

Au fond, je ne suis pas si loin de Fédor Mikhaïlovitch, mon frère, quand il disait que si on lui prouvait par la logique du 2 et 2 font 4 que la vérité est en dehors du Christ, il préférerait rester avec le Christ qu'avec la vérité.

Je n'oublie pas non plus que le même écrivain russe proclamait la nécessité de vivre le Paradis sur terre.

 


 

 

Yvan Balchoy

yvqanbalchoy13@gmail.com

 

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