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Publié par BALCHOY

Il est de bon ton aujourd'hui de mettre au pilori les impôts, en particulier les impots sur le revenu au nom de notre nouvelle religion de la globalisation-mondialisation dont le dieu s'appelle le plus souvent profit financier bien sûr car les profits culturels, sanitaires et pédagogiques  lui sont subordonnés.

A quoi servent les impôts ?  Chaque fois que je sors de chez moi, à pied ou en voiture, je suis heureux ou malheureux de trouver une voirie en bon état. Quand le dimanche je vais faire un tour avec ma petite famille au parc voisin français, je suis heureux de pouvoir bénéficier d'un espace vert aussi agréable que ceux qui étaient réservés aux nobles dans l'ancien régime, aux riches bourgeois au début du siècle passé.

L'école primaire gratuite et obligatoire, dont moi-même j'ai bénéficié et mes enfants après moi est tout à fait impossible et impensable sans cette redistribution des richesses des plus riches vers les plus pauvres .

La possibilité de bénéficier des soins médicaux les plus modernes, les plus coûteux pour tous les français, très riches ou très pauvres est tout à la fois le résultat  de la solidarité nationale instituée par la Sécurité sociale mais aussi le fruit d'une imposition juste qui compense et corrige les inégalités sociales plus grandes que jamais à notre époque.

Mais voilà, nos gouvernants et tout particulièrement la droite dogmatique et injuste qui gouverne actuellement la France voit d'un oeil de plus en plus méfiant pour ne pas dire plus ces prélèvements obligatoires qui diminuent le fruit du travail.

Les classes les plus favorisées, comme on dit, entendent détourner à leur profit le plus possible la solidarité d'hier entre tous; ainsi les mutuelles d'entreprise ont tendant à remplacer la Sécurité sociale.

Ainsi je me rappelle que dans mon entreprise, les salariés aux plus hauts salaires, en cas de maladie, de licenciement, de coup dur bénéficiaient d'aide bien plus importante que les salariés de la base. Plus on était par l'argent à l'abri du besoin, plus on était protégé et vice-versa hélas.
Je me rappelle un cadre licencié au fond fictivement pour lui permettre de continuer à bénéficier du chômage et des avantages sociaux me montrer un très gros chèque  pour solde de tout compte sans aucune charge ni imposition.


Depuis 1936 et la fin de la seconde guerre mondiale un certain équilibre social a été assuré en France via la sécurité sociale et l'imposition sur le revenu.


Hélas, le capitalisme triomphant sous la coupe des USA a peu à peu modifié la
  des riches et de ceux qui les représentent dans le monde politique.

L'inégalité des revenus s'est creusé peu à peu. Un patron gagnait autrefois de dix à quinze fois plus que ses ouvriers, le nouveau patron trouve de plus en plus normal de gagner jusqu'à cent fois ou plus que ses salariés les plus modestes.

Le chômeur dans cette nouvelle vision de la société perd très vite son rôle de victime d'un licenciement parfois abusif pour devenir un profiteur. Le revenu que lui assurait la société est rogné de plus en plus, limité sérieusement dans  le temps car les avantages sociaux anciens sont un obstacle à la volonté des nouvelles classes dirigeantes de vivre à l'américaine dans un luxe sans cesse croissant.


C'est dans cette évolution pour moi régressive de la société que je situe le dés-amourde la nouvelle droite vis à vis des impôts, ceux en tout cas qui constituent une amputation inacceptable des fruits du travail ou même du capital.

Monsieur Sarkosy, que je continue à considérer comme socialement un voyou, et la cour de flatteurs intéressés qui l'entourent se sont empressés dès l'élection présidentielle d'abaisser l'imposition des plus aisés en leur faisant des cadeaux royaux tandis tout en rognant petit à petit les avantages sociaux accordés au plus grand nombre comme les soins de santé, les revenus de remplacement etc.. etc..;
Au profit des plus aisés, même si on met en évidence quelques situations ubuesques de paysans payant sur certaines îles l'impôt sur la fortune à cause de la valeur prise par leur terrain, on crée le scandaleux boucler fiscal qui limite à 50 % l'imposition globale quels que soient les revenus du contribuable.
Par le biais de stocks options et autres  avantages financiers se crée peu à peu une nouvelle aristocratie liés à l'argent et au profit à qui tout est permis ou presque tandis que  les victimes du capitalisme se voient petit à petit privés des avantages anciens.


Bien entendu, faute de rentrée suffisante, les caisses de l'Etat, comme dit le petit gesticulateur sont vides - à vrai dire il continue à les vider comme  Chirac l'a fait.  La Sécurité sociale est exsangue en particulier à cause des exemptions de tous genre dont profitent les entreprises. Son déficit n'est pas un fait inéluctable mais le résultat d'une politique délibérée de privation croissante de moyens.

Chaque fois qu'on suggère à cette majorité scélérate qu'elle pourrait rétablir ces impôts qui assuraient un équilibre social, ils avancent l'argument décisif,: alors les riches, les intelligences qui, sous-entendu, ne sont que de médiocres patriotes vont en masse quitter la France comme les quelques inciviques artistes ou non  cités sans cesse. Ainsi l'état français UMP reconnaît le chantage de ses prétendues élites et préfère l'injustice sociale croissante sans pour autant d'ailleurs empêcher des riches de quitter la France pour une imposition moindre.

Un pays sans impôt est voué à devenir une jungle sociale avec des quartiers privilégiés, demain peut-être gardés militairement pour les mettre à l'abri de la populace comme en Colombie. Dans ces cités de l'égoïsme, les routes seront impeccables tandis que les nationales et départementales peu à peu, faute de financement public, seront de plus en plus dangereuses. 
La médecine hexagonale se rapprochera de plus en plus du modèle des USA, à deux, trois ou quatre vitesses.

Personnellement je pense non seulement qu'il ne faut pas diminuer et encore moins supprimer les impôts, comme Le Pen le voulait, mais les accroître pour ces gens dont les revenus scandaleusement élevés constituent à mes yeux un vol social qui devrait relever de la justice.
Ainsi il me semblerait tout à fait normal que la dernière tranche d'imposition d'un contribuable ayant gagné sur une année 10 millions d'euros avoisine les 95% et bien  entendu l'impôt sur le capital, lorsqu'il s'agit de fortunes purement spéculatives et inhumaines par leur grandeur devrait lui aussi grandir ce qui dégagerait suffisamment d'argent pour la santé, l'éducation , les routes en un mot la solidarité nationale.

Il va sans dire que si j'étais sûr, de la redistribution sociale de mon impôt, moi, qui suis un contribuable très moyen, j'accepterais de payer un peu plus pour que mon voisin chômeur par exemple puisse mieux se soigner et ses enfants accéder à des études aujourd'hui difficiles par exemple pour un ouvrier.

Non, Monsieur Sarkosy, vous n'êtes pas un homme de justice et votre bouclier fiscal est une abomination sociale !

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com




 

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