Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par BALCHOY

 


 

 

 

 

                          Cette nuit-là, mon ami le vent, dont tout le monde sait qu'il fut autrefois un grand voyageur, me raconta cette histoire hors du commun.


 

 

Je vous la livre telle quelle sans rien lui ajouter ni  en retrancher.


                         


                          "Je me promenais en forêt par un merveilleux jour de printemps, je longeais le miroir scintillant d'un petit lac en admirant l'azur parfait du ciel parsemé de petits nuages floconneux, quand, tout à coup, une voix grave, comme un roulement de tambours, descendit jusqu'à moi tandis que de la surface de l'eau une petite voix fluette clapotait elle-aussi en ma direction.


 

 

                          Du haut du ciel la voix grave m'interpella avec force


 

 

                          - As-tu déjà vu, voyageur, un tableau plus harmonieux que le bleu de mon manteau et le délié harmonique des mes nuages ?


 

 

                          Au même moment, le murmure aquatique l'interrompit avec douceur mais fermeté.


 

 

                          - N'écoute pas ce grand vaniteux, regarde plutôt la transparance et la limpidité qui est mienne et dis-moi franchement si tu as déjà vu plus beau spectacle ?


 

 

 

 

                          Souriant, je hochai la tête sans rien répondre ...


C'est vrai qu'en haut et en bas, tout était merveilleux, fascinant.


                          Pourtant ce splendide panorama me fit d'abord penser au gris bleu contrasté des yeux de ma bien-aimée, dans lesquels j'avais si souvent admiré les ciels de toutes les saisons, les mers de tous les continents avec le dégradé si fin de toutes leurs teintes qui en font la richesse.


 

 

                          La transparence de son regard, tantôt étale comme une mer d'huile, tantôt violent comme une bourrasque orageuse valait à mes yeux tous les panoramas du monde avec la tendresse en plus.


                           Je continuai ma route, toujours aussi pensif, quand, soudain, un arbre altier, un chêne sans doute, me barra la route en faisant balancer ses longues branches et dans le bruissement de ce mouvement de va-et viens, surgit une voix aussi altière que sa ramure.


 

 

                          - Regarde-moi, tout vêtu de pourpre, en cette fin d'automne, ne suis-je pas le roi de cette forêt et as-tu déjà contemplé plus belle cape


 que ma végétation toffue ?


 

 

                          Il avait raison, c'était vraiment lui le plus beau et les autres arbres à ses côtés semblaient presque chétifs.


                          Pourtant, tout en l'admirant, je ne pus m'empêcher de comparer sa coiffure à l'opulante chevelure de ma belle, si simple, si légère,  si prometteuse ... Oh oui, j'aurais donné sans hésitation tous les arbres du monde avec leurs splendeurs pour pouvoir plonger un instant mes doigts, ma bouche,  dans ses cheveux plus doux que soie.


 

 

                          Puis mon ami le vent, se tut un long moment, en devenant brise si légère qu'elle semblait douce comme un baiser sur les joues.


                          Ce silence fut long, si long que je crois que je m'endormis un instant.  Ce qui me réveilla, je ne sais combien de minutes ou peut-être d'heures plus tard, ce fut un bruit fantastique.


                          Ouvrant les yeux, je découvris un paysage comme irréel qui tourbillonnait devant moi.


                          Une énorme branche volant plus vite qu'un oiseau passa à deux pas de ma tête, je me baissai effrayé quand, brusquement la voix du vent me revint violente comme une tempête sur l'océan ou une avalanche en montagne. Elle semblait animée d'une colère terrible qui me fit frissonner.


                          Il me fallut un certain temps pouir arriver dans le brouhabas général de saisir peu à peu son discours.


 

 

                          " Comment oses-tu, te moquer de ma belle, toi la montagne lourde et pesante. Ce n'est pas parce que tu domines d'une tête les autres créatures d'ici bas que tu dois te croire le roi d'en bas.


                          Sache, orgueilleuse créature, que la valeur n'a rien à voir avec la grandeur et le précieux avec l'ambitieux.


                          Tu peux mépriser mon amie, tu n'arrives pourtant pas au niveau de sa cheville; qu'es-tu donc sinon un tas de cailloux un  peu plus haut que les autres alors que par son coeur elle jongle avec les étoiles du firmament.


                                                       


                                                       


 

 Yvan Balchoy

 

 yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

 

 

 

                         


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article