Catégories

Publié par BALCHOY

Ce matin
d'un autre été se glisse de derrière leurs sourires
cachant leur misère
qui sanglote sur ces hivers lointains.

Ce matin-là
les ouvrières font la ronde
des mendiants, mendiant leur pain
au laboureur fatigué
de trop de vie perdue
par le temps

Ce matin-là
les clochards dorment
au coin des rues désertes
Seules leurs dépouilles couvrent les trottoirs
de passagers voilés par leur indifférence.

Ce matin-là
les ouvriers travaillent
leur blé d'argent
qui consume silencieusement
ces automnes aux nuits de jeunesse
écoulée sur leurs tombeaux

Ce matin-là, j'ai vu le printemps
mourir au fond de ces yeux innocents
qui regardaient les nuits glacées
sur leur joues d'enfance.
Ce matin, les mendiants
longent les rues des nuits
enivrés de vieilles bouteilles de vin
qui bercent doucement leurs rêves brûlés
par un feu de bois.

Ce matin-là, j'ai donné mon pain de demain.


Viviane Demol
28 novembre 1995

 

 

 

yvanbalchoy13@gmail.com

Commenter cet article