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Publié par BALCHOY


J'avoue que j'avais en me rendant à Jabbeke une idée bien précise de ce grand peintre flamand, Permeke,  à travers les reproductions de ses œuvres les plus reproduites, souvent de couleur ocre ou un peu "terreuses" représentant des paysans en plein labeur.  

Pourtant en visitant sa demeure et le musée qu'elle abrite, j'ai trouvé une création beaucoup plus variée où la sculpture, que j'ignorais, a une place capitale et une tonalité bien différente.

 

Dès qu’on arrive à proximité du musée, dans ce joili petit village de la Flandre des Polders,  de grandes sculptures éparpillées dans le parc,  laissent éclater le talent  du sculpteur exceptionnel que fut le peintre de Jabbeke, petite bourgade située à proximité de Brugge.

 

J’ai été tout de suite séduit par cette merveilleuse femme debout tendant les bras et même tout son corps vers un ciel que je vois bien plus naturaliste voire hédoniste que spirituel.  Si le corps est merveilleusement détaillé dans les moindres détails de sa féminité, le visage de la belle en revanche est tout à fait stéréotypé, escamoté même comme si l’artiste n’avait pas voulu qu’on puisse l’identifier à une femme précise

 

 

 


 

D’autres splendides statues de gisant(e)s enrichissent ce très beau parc.


Très gentil accueil dans un musée situé tout à la fois dans la maison de Permeke et dans une annexe où se trouvent les œuvres les plus grandioses.

 


 

Je ne puis que vous conseiller d’aller visiter ce très beau et calme maison  où Permeke a vécu et travaillé et  qui vous laisse temps et espace pour admirer ses œuvres.

 


J’y ai retrouvé bien sûr les peintures  que j’avais connus à travers livres d’art, dictionnaires, ces portraits couleur un peu « terre » de ces paysans flamands durs à la peine, attachés à la glèbe dont ils étaient reflets vivants. Je pense tout particulièrement à ce « Pain quotidien » représentant sans grâce le repas d’un couple tout à fait absorbé par ce pain, nourriture commune sans doute mais symbole de leur vie si attachée à leur travail.

 










Dans ce genre, j’ai aimé la sarcleuse, les moissonneurs, si je me rappelle bien dont le thème m’a rappelé une œuvre au sujet similaire de Van Gogh mais si le sujet est identique, un couple qui se repose au pied des meules, un abîme sépare les deux œuvres. Là où l’artiste hollandais évoque un rapprochement un peu tendre entre cet homme et cette femme qui se reposent, après le labeur, les deux moissonneurs du peintre flamands  semblent l’une et l’autre, objets d’une moisson dont ils sont essentiellement acteurs.

 

J’ai apprécié les têtes ou visages de Permeke. car au-delà d’un dessin parfois ramené à l’essentiel je leur trouve une authenticité rare qui les rend étonnement vivants et uniques 


 Je ne peux taire non plus la vigueur des mains de beaucoup de ces personnages qui traduisent sans doute l’importance du travail dans toute vie d’homme

 


 

Mais l’art du peintre-sculpteur flamand dès le parc et tout au long de la visite de la maison et du musée me semble bien différent dès qu’il nous peint, nous sculpte la FEMME dans les très nombreuses œuvres qu’il lui a consacrée

 

Avec ou sans visage, Permeke dès qu’il s’agit de nous révéler la splendeur de la féminité met tout son art au service de la douceur, de l’harmonie, des courbes souvent mariées paradoxalement avec une vigueur étonnante sans rien de masculin

 

 

Ces femmes peintes ou sculptés m’ont paru  un joyeux hymne à la vie, à la nature dont elles font partie intégrante et constituent  sans doute le meilleur.

Beaucoup de « gisantes » parmi ces femmes  au corps parfait, même si j’ai  été surtout séduit par une femme, dite « verte » à cause de la coloration du tableau parce qu’elle m’a paru plus proche peut-être des  femmes qu’il côtoyait en son village.

Enfin je ne pourrais pas terminer cette évocation de l’œuvre du peintre de Jabbeke sans évoquer ces merveilleux paysages, parfois même non terminés, à travers lesquels au soir de sa vie il évoque d’une façon où figuratif et abstrait jouent un peu à cache cache la variété infinie et maritime des paysages de sa Flandre chérie.

 

En examinant les nombreux documents et photos rappelant les grandes étapes de l’homme et de l’artiste, le tout en néerlandais, tout à fait normalement, je n’ai trouvé en français que deux documents venant de la Cour de Belgique et j’avoue que j’en ai éprouvé un malaise qui m’a fait un peu mieux comprendre ces blessures anciennes qui expliquent sans toujours la justifier la nationalisme flamand actuel.

 

En quittant avec mes amis ce très beau musée, j’ai eu l’impression qu’à travers son œuvre bien plus riche et diverse que je ne l’imaginais, j’ai appris à mieux aimé cette Flandre dont je suis moi aussi un peu issu,  la Vie, la nature, les hommes qui en font partie et  par leur labeur me permettent de vivre et surtout la/les femme(s) dont il a su si authentiquement exprimé la richesse d’être.

 



Yvan Balchoy
yvanbalchoy13@gmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com

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