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Publié par BALCHOY

 

 

 

 

Chaque peuple, ayant pour vocation d'incarner ou de réaliser une idée (1) au même titre que l'individu, l'histoire est à ses yeux un lieu de rencontre ou plus souvent de conflit entre des idées qui ne réussissent pas à s'harmoniser.

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(1) Cette notion d'idée lui est peut-être venue par Hegel, mais Dostoïevski l'a repensée dans le cadre de l'idéalisme patristique ; c'est un cas fréquent chez lui : l'idéalisme et la thélogie orientale fusionnent en une synthèse originale, encore que, sur plus d'un point, elle ait déjà été celle des slavophiles. Cette synthèse doit, semble-t-il beaucoup à Vladimir SOLOVIEV ainsi qu'au philosophe CARUS.

Cf. cette étude, page...

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Ces idées ne sont pas de valeur égale ni en fait ni en droit. Elles sont subordonnées au grand but de l'évolution que le romancier identifie, dans le Carnet de MACHA, à la transfiguration universelle dans le "MOI" du Christ. L'histoire n'est donc pas le jeu de forces aveugles, elle a un sens. Pour le romancier russe, il  y a en effet convergence, nous l'avons vu, entre la loi de l'individu et celle de l'humanité qui peuvent toutes deux fusionner en réalisant chacune leur destin. (2)

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(2) Carnet de Macha, page 61 : Cf cette étude, page...

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Si la liberté caractérise  la perfection individuelle, elle devra également informer la vie des sociétés. (3)

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(3)  Cf. sa querelle à ce propos avec Gradowski, en cette étude, page...

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En ce domaine, pas plus qu'ailleurs, Dostoïevski n'a dressé de synthèse doctrinale proprement dite , nous pouvons cependant tenter d'ordonner sa pensée.

 

Au point de vue qui nous intéresse, trois solutions s'offrent de fait à l'esprit humain.

 

 

La première pourrait s’intituler « bonne contrainte »  L’Eglise catholique depuis Constantin. Durant le Moyen-âge l’Eglise romaine lui donna toute son ampleur.

 

Au XIX ème siècle, un certain socialisme rationaliste et scientifique en porte des traces indéniables. (1)

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(1)Cf. cette étude, page.

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Son ambition est en quelque sorte de faire mieux que le Christ en exerçant une pression sur les hommes en vue, de les attacher à la vérité ou à la vertu, au besoin contre leur volonté.

 

Les « bonnes intentions » de ces doctrinaires n’arriveront jamais à un résultat positif durable ; leur système repose en effet sur une erreur qui le vicie totalement : l’idée qu’à défaut d’un bien consenti, un bien contraint constitue une valeur réelle.

 

Rien n’est pourtant plus faux que cette idée « statique » du bien. La vertu authentique ne procède pas seulement de la liberté première, elle mène à la liberté finale, puisque la libre volonté n’existe que pour faire naître cette dernière. Le Bien est donc un moyen de libération, c'est-à-dire d’harmonisation à la nature. Sans la liberté, il n’est plus que matière inerte et même, comme Nicolas Berdiaev l’a souligné, (2) le « bien » fait œuvre négative et « plonge dans le mal ».

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(2) Nicolas Berdiaev : « L’esprit de Dostoïevski », page 72-75.

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     -« Toute nécessité quand il s’agit d’un acte d’amour a l’air d’un uniforme, d’une rubrique, l’air d’être exécuté à la lettre qui mène tout droit à l’orgueil, au formalisme et à la paresse. »(3)

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(3) « Journal d’un écrivain », fév. 1877, page 472.

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Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

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