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Publié par BALCHOY

      

 

 

Au fur et à mesure que le temps passe, son drame intérieur s’accentue (1) Une sensation nouvelle, faite de dégoût haineux s’impose progressivement à lui ; elle touche à tout ce qu’il

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(1)   Les traits sont nombreux qui rapprochent ici le jeune criminel du locataire souterrain. Rappelant à Sonia, sa fiancée, son existence passée, il lui déclare : « Je me suis terré dans mon trou comme l’araignée … Sais-tu que l’âme et l’esprit étouffent dans ces pièces étroites et basses ? …Je déteste ce taudis ce pourtant, je n’en voulais pas sortir…. J’y passais des journées entières sans vouloir travailler… Je ne faisais que rêver. » (Crime et Châtiment, page 476)

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Rencontre, choses et gens qui l’entourent. Il ressent une horreur sourde vis-à-vis de tous les passants au point que l’envie lui vient de leur cracher au visage. Il est prêt à mordre le premier individu qui lui adresserait la parole. (2) Cette hostilité recouvre un mépris foncier de lui-même.

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(2) Crime et Châtiment, page 155

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            -« Je ne suis que vermine, plus encore que la vermine que j’ai assassinée. (3)

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(2)   Crime et Châtiment, page 329

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Coupé d’autrui, il l’est tout autant du monde, de la vie et du réel ; par moment il semble n’aspirer plus qu’au néant :

 

 

 

            -« Il lui sembla avoir tranché lui-même aussi sûrement qu’avec des ciseaux le lien qui le rattachai à l’humanité et à la vie en général. (3)

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(3)   Crime et Châtiment, page 160

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Lui qui aimait tant la nature et surtout le panorama de son cher Petersburg n’y trouve plus désormais qu’une impression glaciale, aveugle au mouvement même de la vie. Tout   ce qui dernièrement encore l’intéressait, ses pensées, ses intentions, ses buts, ce paysage lumineux, tout lui paraît enfoui dans un trou profond et presqu’invisible. Il a l’impression que l’espace s’envole et que tout disparaît. (4)

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(4)   Crime et Châtiment, page 159

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Est-il sort plus tragique que d’entrer en conflit avec le réel ? Trop de liens unissent le « moi » humain au « Tout » du Cosmos pour qu’une rupture à ce niveau ne se répercute pas au niveau même de la personnalité. (5) Le roman décrit bien la progression de cette désintégration qui disloque Raskolnikov : dédoublement, délire… envie de se suicider. On pourrait craindre le pire, mais « Dieu en a décidé autrement. » La justice divine, la loi terrestre prennent finalement le dessus et le criminel est obligé de se dénoncer lui-même pour retrouver accès à la solidarité qui lie le monde personnel. (6)

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(5)   Cf. cette étude, page,

(6)    Correspondance de Dostoïevski (éd. Franc.) tome II, lettre 210 à l’éditeur Katkov (sept. 1865)

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L’essentiel à ses yeux est de reprendre contact avec le réel et de retourner à la vie vivante, sans quoi il ne pourra jamais mettre fin à la solitude morale et ontologique, où il s’est enfermé. Il lui faut rentrer dans le grand cycle de la vie. « Qu’il devienne un soleil, et tous l’apercevront… Le soleil n’a qu’à exister, à être lui-même. (7) Rien en effet n’est plus opposé à la nature humaine que l’humilité au service du libre amour et de la vérité.

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(7) Crime et Châtiment, page 521

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(à suivre)

Yvan Balchoy

balchoy@belgacom.net

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                       

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