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Publié par BALCHOY

Où donc la volonté d’indépendance totale a-t-elle mené notre personnage ?

D’abord à un mépris maladif de soi, si étonnant que cela puisse paraître.

            -« Je détestais mon visage et le trouvais ignoble. »

De là à une méfiance maladive vis-à-vis d’autrui, le pas est vite franchi. Le locataire souterrain s’imagine que tout le monde le regarde avec dégoût ; assez naturellement, il retourne vers les autres cette haine méprisante qu’il leur attribue.

            -« Eux étaient stupides et se ressemblaient comme des moutons »

A l’origine de tous ces sentiments confus se cache un orgueil démesuré qui le condamne à l’isolement et l’exclut de la communauté humaine. (4)

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Le sous-sol (à propos de neige fondue) page 722

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            -« Je constatais que je ne ressemblas à personne et que personne ne me ressemblait. Je suis seul, tandis qu’eux sont tous. .

 

 

 

Ses souvenirs sont centrés sur le récit d’une soirée où, ayant tenté de renouer avec d’anciennes connaissances, il n’a réussi qu’à les humilier, à se faire offenser, puis rejeter par eux.

 

 

 Ensuite à l’impossibilité de vivre amicalement succède une autre tare : l’impossibilité d’aimer.

Après une nuit passée avec Lisa, jeune prostituée, l’homme souterrain la bouleverse par ses nobles propos en lui opposant l’horreur de son existence à la douceur de la vie en famille.

On le sent partagé entre le désir plus ou moins sincère de venir en aide à cette pauvre fille et le goût sadique de l’abaisser. Il l’attire chez lui, en lui promettant de l’aide, mais au lieu de l’entrevue salvifique promise il la déshonore.

. Il a bel et bien perdu cette maîtrise de soi à laquelle il semblait si attaché. Les infamies narrées au long et au large du second chapitre de la nouvelle condamnent les idées défendues dans sa première partie.

 

 

 

Apparemment l’homme souterrain échoue sur toute la ligne. Il en est pleinement conscient : il a raté sa vie en rageant en son sous-sol. Pourtant il réitère son refus de s’aligner sur le troupeau des « gens normaux ».

 

 

 

            -« En ce qui me concerne personnellement, je n’ai rien fait dans la vie que de pousser jusqu’au bout ce que vous autres, vous n’osiez terminer qu’à moitié, tout en appelant sagesse votre lâcheté et en vous consolant ainsi par des mensonges, si bien que je suis peut-être plus vivant que vous. » (5)

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(5) Le sous-sol page 798-799

 

 

 

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Le sous-sol ne comporte-t-il d’autre leçon que l’apologie d’un certain « absurde » ? Dostoïevski timidement laisse entrevoir qu’une solution valable existe liée à un autre idéal. Peut-être est-ce la censure qui par fausse pudeur l’a empêché de se montrer plus explicite. E,  ce cas, il faut regretter avec lui (6) que la perspective générale qu’il aurait voulu donner à sa nouvelle soit faussée dans la rédaction actuelle.

 

 

 

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(6) Sans doute le texte non censuré faisait-il allusion à la nécessité de la foi au Christ ? Cf. cette étude page …, note    . Le carnet de Macha postérieur de quelques mois seulement au Sous-sol   revient sur tout le tragique des relations interhumaines, en particulier de l’amour et souligne l’impossibilité de réaliser le grand commandement de l’amour sans l’inspiration vitale de l’exemple du Christ.

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(à suivre)

Yvan Balchoy

balchoy@belgacom.net

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