Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Catégories

Archives

Publié par BALCHOY

Tout compte fait, le bilan de la confession s’avère bien négatif. N’y a-t-il vraiment de salut que dans le choix délibéré de cette souffrance négatrice et destructrice. On peut en douter, tant semble négative la définition que donne de ses semblables notre individu souterrain.

L’homme, selon lui,  n’est qu’un « bipède ingrat » et le privilège unique qui le distingue des animaux est la capacité de maudire.

De plus le sous-sol débouche sur cette inertie contemplative qui consiste à remuer indéfiniment son aigreur. Même conscient de ces déficiences, notre « héros » estime son « trou », si misérable soit-il,  supérieur aux solutions fausses de « monsieur tout-le-monde », que ce dernier soit savant, philosophe ou socialiste. Il persiste à refuser un état dit « normal » qui exige de lui la renonciation à sa libre volonté et donc, pense-t-il, à sa dignité de personne. En son cœur, aucune velléité de revenir en arrière (1)

------------------------------------------------------

Cette réflexion s’applique tout autant au Dostoïevski déçu de 1864 qu’à son personnage imaginaire.

-------------------------------------------------------

 

 

 

Non qu’il soit satisfait de son poulailler ! Entre la plate réalité de l’utopique Palais de cristal, trop beau et surtout trop cher pour être vrai, il doit bien y avoir un autre idéal valable :

 

 

 

« Lorsque je vois l’homme normal, tel qu’il est, je renonce à être normal…. Je sais aussi clairement que deux et deux font quatre que ce n’est pas le sous-sol qui vaut mieux, mais tout autre chose à quoi j’aspire mais que je ne puis découvrir. » (2)

 

 

 

------------------------------------------------------

(2) Le sous-sol, page 716

--------------------------------------------------------

 

 

 

Peut-être, si on lui proposait un autre idéal, vraiment respectueux de l’homme, se laisserait-il séduire mais où le découvrir ?  La confession nous laisse sur ce point d’interrogation, porteur pourtant d’une ombre d’espérance.

La conscience est une maladie, la libre volonté cause bien des tourments ; mieux vaut toutefois assumer l’une et l’autre plutôt que de se courber devant l’action aveugle de la raison raisonnante.

 

 

 

Dans la seconde partie du récit, intitulée « A propos de neige fondue », l’homme souterrain nous livre quelques souvenirs de jeunesse. Les évènements qu’il évoque ne sont au fond que la transcription sur le plan pratique des conceptions sous-jacentes à la confession. C ’est manifeste dès les toutes premières lignes.

 

 

 

« Ma vie était alors ce qu’elle est aujourd’hui, sombre, désordonnée, solitaire. Je n’avais pas de relation et évitais de parler à qui que ce fût, ne songeant qu’à me terrer en mon coin. (3)

 

 

 

--------------------------------------

(3) Le sous-sol, page 720

-----------------------------------------

 

 

 

 

( à suivre)

 

Yvan Balchoy

 

balchoy@belgacom.net

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article