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Publié par BALCHOY

 

 

 

                                                          

                         H I S T O I R E   I M A G I N A I R E

    

O U   L ' E S P O I R

          

              P A R   D E S S U S   T O U T

 

 

 

                                                                 

                                Je voudrais te raconter une histoire qui brûle au fond de moi comme un grand feu que je voudrais , de joie, mais qui, parfois, me fait peur, tant ses flammes embrasent mon coeur.

 

 

 

 

 

 

                               Dans une galaxie très lointaine, d'un aspect glacé et rébarbatif, pour qui la regardait d'un air superficiel, vivaient deux soeurs jumelles, Solange et Cholenka.                             

  Bien-sûr, je ne pensais pas au départ qu'elles étaient deux.

 

 

 

                               Dire qu'elles se ressemblaient comme deux gouttes d'eau était bien en dessous de la réalité; même taille de guêpe, même beauté élancée, même profondeur du regard, même bouche ; bref, nul ne pouvait, en abordant une des deux soeurs,  savoir à laquelle il avait affaire.

 

 

 

                               Pourtant Solange et Cholenka étaient intérieurement aussi différentes que le jour et la nuit, l'eau et le feu, la terre et la mer, la montagne et la plaine, le tic et le tac d'une horloge.

 

 

 

                               Venu en explorateur de cette mystérieuse Galaxie, je mis beaucoup de temps à intégrer en moi cette dualité. C'est vrai, Solange et Cholenka n'offraient à mes yeux qu'un seul sourire ensorceleur, un rire cristallin, des doigts de fée qui transformaient magiquement en poésie tout ce qu'ils touchaient. Je ne connaissais qu'une fille passionnante aux réactions parfois un peu imprévisibles.

 

 

 

 

 

 

                               Ce n'est que petit à petit qu'un soupon effleura mon esprit... Et si ces deux filles étaient une seule et même personne ? Bien sûr, cette supposition me parut d'abord stupide ; mais peu  peu elle se fit plus pressante et je me résignai, en fin de compte à  l'accepter comme " réalité".

 

 

 

                               Oui,Solange et Cholenka se ressemblaient étrangement, mais que de différences dans leur caractère !  Certes elles jouissaient toutes deux d'un tempérament d'artiste et s'exprimaient  à merveille à  travers poèmes et pastels.

 

 

 

                               Mais, - et c'est là que j'aurais du être plus attentif -, si les poèmes de Solange valaient en richesse d'inspiration ceux de Cholenka, leur contexte était très différent.

 

 

 

                               Solange tenait par dessus tout à sa liberté, vécue comme une richesse à prérserver à tout prix, alors que Cholenka était pleine d'audace. Elle vivait sa liberté comme une récration permanente au milieux d'une multitude d'amis et ne paraissait pas souffrir de cette peur et angoisse qui souvent paralysait Cholenka.

                               Les deux soeurs avaient pourtant en commun une grande passion pour la tendresse et la distribuaient généreusement autour d'elles, mais, tandis que Solange veillait   à limiter dès le départ les expressions de cette tendresse, de peur d'altérer sa liberté royale, Cholenka s'y livrait pour sa part sans réserve
                Tantôt je rencontrais Cholenka, et j'avais peine  à la suivre tant elle me secouait jusqu' à ce monde joyeux que, jusque là, j'avais cru n'être qu'un heureux rêve, puis, brusquement, le lendemain, je la découvrais comme Solange et elle me faisait promettre d'être plus sage en s'efforçant de me ramener au "droit chemin" dont Cholenka m'avait justement révélé la désespérante monotonie.

 

 

 

 

 

 

                               Un jour, je m'en rappellerai toujours, Cholenka disparut mystrieusement. Etait-elle partie loin, loin comme le bruit courait dans la Galaxie ? Peut-être, mais, à  vrai dire, une angoisse sourde tenaillait mon coeur :

 

 

 

               " Et si Cholenka était morte ? "

 

 

 

                Non, impossible ! "

 

 

 

                               Pourtant ce silence incompréhensible, qui me paraissait une sorte de trahison, n'évoquait en rien pour moi la mort, séparation définitive de l'être aimé.

 

 

 

                               Et si Solange avait "tué" Cholenka, pour que "tout redevienne normal comme avant."

 

 

 

                               Non, ce serait trop horrible. Et puis, il en était sûr, Solange était incapable de vivre sans Cholenka pas plus que cette dernière ne pouvait se passer de sa soeur.

 

 

 

                               Mais si Cholenka vivait encore quelque part, loin peut-être, l'espoir subsistait de la revoir avec son sourire éblouissant, son regard au fond duquel on se sentait meilleur, la douceur de ses mains créatrices de poésie.

 

 

 

 

 

 

                               Oui, m'écriai-je alors, Cholenka vit toujours, dissimulée par Solange, la sage Solange soucieuse de sa liberté.

 

 

 

                               Mais alors, si je veux retrouver Cholenka et sa tendresse audacieuse et charnelle, il me faudra bien accepter, mieux  aimer, Solange, trésor elle aussi de tendresse pour qui est capable de l'écouter avec patience.

 

 

 

                               J'en suis sûr, elle qui ne sait vivre sans sa soeur jumelle, me ramènera  Cholenka.

                               Balotté entre ces sentiments contradictoires, je me disais souvent:

 

 

 

 

 

 

                               "Quand te reverrais-je, douce Cholenka, demain ? Peut-être jamais, quelle horreur !

 

 

 

                               En tout cas, je veux te dire que tu es la plus merveilleuse page de l'histoire de ma vie, une page aussi inoubliable que singulière."

 

 

 

 

 

 

                               Le temps a passé.

 

 

 

                 Je sais  présent que Cholenka fait corps avec Solange et si je souhaite secrètement qu'elle  bouscule sa "soeur", la sage Solange, je sais aussi que toutes  deux ne font qu'une et que je ne puis les chérir qu'en les réunissant dans mon coeur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 mardi 21 h. 17

 Lille, café de la gare.    

 

Yvan Balchoy

balchoy@belgacom.net                                                               

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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