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Publié par BALCHOY

La saisie de soi résulte, pense-t-il, des conflits qui naissent de l’opposition, au sein du « moi », du rêve ou des aspirations du cœur et de la réalité sous toutes ses formes. Ces forces antagonistes éveillent au sein de la conscience des voluptés équivoques pour ne pas dire masochistes. L’homme souterrain parle notamment  de la volupté qu’engendrent le mal de dents au plan physique, l’humiliation abjecte au plan moral. Il y a là, comme Motchoulski l’a bien perçu, (1) un effort de transposition de l’éthique à l’esthétisme qui exaspère l’acuité de la conscience. Mais c’est un leurre. Sa lutte acharnée pour pénétrer le fond ultime de la réalité et le pourquoi dernier des choses débouche chez lui comme chez les autres hommes sur la muraille impassible des lois naturelle. 

 

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(1) C. Motchoulski : Dostoïevski, l’homme et l’œuvre, p. 207

 

 

 

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Devant elles, monsieur tout-le-monde, simple et spontané » s’efface et renonce en toute sincérité car le mur n’est nullement pour eux ce qu’il représente pour des hommes intelligents, c'est-à-dire ceux qui pensent et donc n’agissent pas.

 

 

 

Pour le premier ce mur est apaisement en leur offrant une solution morale ou mystique définitive.

 

 

 

Rien ne semble plus absurde à notre « héros » que de s’incliner devant cette muraille tout simplement parce qu’elle est indestructible. Mieux vaut se révolter, même si en fait le résultat est identique. Le seul choix qui soit vraiment à sa portée c’est de se briser les poings contre ce mur ; tel elle le but qu’il poursuit inlassablement en son trou, tout en étant persuadé de son inutilité totale. Quand il se regarde en face loyalement, il lui faut bien avouer qu’il n’a réussi à n’être ni un héros, comme il le voudrait à ses bons moments, ni même un insecte ou une crapule définitivement installée dans le mal  au sortir de ses débauches. Bien plus lui aussi est sans caractère ; il n’a pour consolation que sa conviction que seul l’imbécile réussit dans la vie. Pas question pour lui de renoncer pour cette raison à son choix fondamental. La conscience a beau être la cause de bien des souffrances et un des plus grands maux que l’homme rencontre sur terre, le sage l’aime et ne l’échangera contre aucune satisfaction sensible.

 

 

 

 

 

 

Après cette analyse du drame de la conscience humaine et la découverte grâce à elle de la critique de l’action, l’homme souterrain s’attaque à un autre « pseudo-idéal » qui empêche selon lui l’homme d’être lui-même, la raison.

 

 

 

Beaucoup prétendent attacher à la raison la recette du bonheur de l’homme, son véritable et unique intérêt, son seul bien. Ils s’imaginent qu’il suffit de lui montrer le caractère raisonnable d’une cause pour que résolument l’homme s’aligne sur elle et se soumette à son emprise

Yvan Balchoy

balchoy@belgacom.net

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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