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Publié par BALCHOY

Il n’hésita plus et lui posa la question qui lui brûlait les lèvres depuis leur rencontre et que jamais il n’avait osé lui formuler :

 

            -« Dis-moi, Solange, que faisais-tu auprès de ces bandits ? J’avoue que je me pose des questions, j’ai une confiance aveugle en toi, je suis sûr de ton intégrité mais les faits sont là : ta présence dans la bande de Westend ou du « Fond de bouteille » est-elle pure coïncidence, choix malheureux ou contrainte ? »

 

            « Pardonne-moi, copain, si tu veux rester mon ami, je t’en supplie, oublie ces gens là, tu te doutes bien que je n’étais pas par plaisir avec cette bande. Fais-moi confiance, je puis seulement t’assurer que je n’ai rien fait dont je puis intérieurement rougir, même si parfois j’ai été fort imprudente. Un jour, peut-être pourrai-je tout de te dire ; en attendant, je te le répète fais-moi confiance.

 

            -« Ok… Oublions ça, veux-tu ; dis-moi maintenant : quand nous reverrons-nous ? C’est pour moi la seule chose qui compte ! »

 

            -« Je ne te donnerai aucune date aujourd’hui, car j’ai à présent un certain nombre de démarches très importantes à faire ; je te rappellerai chez tes parents ; tu me dirais où  nous pourrons nous retrouver. J’y serai. »

 

            -« Extra, chérie, mais ne tarde pas trop car tu t’en doutes bien une journée sans toi c’est comme un jour sans soleil, un jour foutu… »

 

            -« Tais-toi, grand benêt, tu ne peux pas parler comme ça, tu sais, je ne suis et je veux être une femme parmi les femmes avec mes qualités mais aussi mes défauts. Je t’en supplie, ne m’idéalise pas, sinon, j’en suis sûre, notre belle histoire d’amour de durera pas. »

 

            Au terme d’un grand virage, le bus s’engagea enfin dans la grande banlieue de Liège. Les dernières paroles de Solange lui laissaient une impression d’insatisfaction et un malaise un peu flou qui ternissait quelque peu le bonheur sans nuage de tout à l’heure.

            Ainsi au terme d’une folle nuit où il avait cru un instant qu’entre eux deux régnait une communion sans divergence avant même d’être de retour à, Liège il la retrouvait sous maints aspects insaisissable et indéfinissable et il avait bien de la peine à accepter cette relative opacité de la personnalité de son amie.

 

            A la place Saint Lambert , ils entrèrent dans la première brasserie venue ; attablés l’un tout contre l’autre, ils se préparèrent à une séparation nécessaire sans doute pour l’instant mais si pénible pour tous deux.

            Solange interrogea à son tour Ghislain sur ses intentions.

 

            -« Penses-tu avertir la police et en ce cas, chéri, que leur diras-tu ? »

 

            -« Tu vois, amie, je n’ai aucune envie d’être mêlé davantage à ces affaires qui me dégoûtent sans plus. La police n’est pas loin de me suspecter. J’ai envie de leur envoyer un mot anonyme pour les guider vers le « Fond de bouteille » en rapprochant cette taverne de trafiquants de Westend. Le reste, je m’en fiche, ce sera l’affaire des flics. »

 

 

Yvan Balchoy

balchoy@belgacom.net

 

 

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