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Publié par BALCHOY

a)      L’idéal de l’auto affirmation

 Deux personnages illustrent comment on s’engage dans la voie satanique de l’autoaffirmation.  

 

 

            Le héros du récit : Le sous-sol  représente à l’état pur, pourrait-on dire, le choix de l’arbitraire au niveau de l’affirmation de soi. La révolte de Raskolnikov dont il sera question plus tard présente une similitude incontestable avec celle de l’homme souterrain mais elle n’exprime qu’une partie de la révolte de ce dernier. Le jeune criminel finit par comprendre l’impasse où l’a conduit sa volonté de puissance et retrouve ainsi accès à la voie de la Vérité, tracée pour nous par le Christ .

 

 

I)                   L’HOMME SOUTERRAIN

 

 

 

Dostoïevski présente lui-même en avant première le héros du Sous-sol. Son personnage appartient évidemment, note-t-il, au domaine de la fiction mais « il doit bien y avoir dans notre société des êtres semblables à l’auteur de ce journal. (1)

 

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(1)    L’homme souterrain est un représentant de la génération qui s’éteint à la fin de cette première moitié du XIX ème siècle. Dans le premier fragment de la nouvelle, il cherche une justification de sa propre existence, puis il raconte quelques souvenirs de sa vie passé.

 

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Ce singulier personnage se présente au lecteur sous le jour le plus défavorable qui soit :

 

           "Je suis un homme malade … Je suis un homme méchant, je suis un homme déplaisant… J’ai mal au foie. Tant mieux, si le mal empire. » (2)

 

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(1) Le sous-sol, p. 685

 

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Il force la note et le reconnaît ouvertement : « J’ai menti tout à l’heure lorsque j’ai dit être un fonctionnaire méchant. C’est par dépit que j’ai menti. (2) Je crois peut-être à ce que j’écris mais je sens au même moment, je soupçonne, je ne sais pourquoi que je mens comme un arracheur de dents. (3) Notre homme donne l’impression de vouloir narguer et même révolter ce lecteur qu’il persiste à affirmer purement imaginaire et que pourtant il présuppose présent à chaque instant. « On dit d’habitude, note-t-il, qu’il ne peut exister d’autobiographie exacte car l’homme ment toujours dès qu’il parle de lui-même. Selon Heine, Rousseau lui-même nous a certainement trompés dans ses confessions et même délibérément. Mais moi, prétend-t-il, je n’écris que pour moi-même et je déclare une fois pour toutes que si j’ai l’air de m’adresser au lecteur, ce n’est qu’un procédé dont je me sers pour plus de facilité ; ce n’est qu’une forme vide. Quant au lecteur, je n’en n’aurai jamais. » (4) 

 

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(2)    Le sous-sol p. 686 

 

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(3)    Le sous-sol, p. 716 

 

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(4)    Le sous-sol,  p. 718  

 

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            Bref, l’autoportrait que nous trace le mystérieux locataire souterrain n’est pas fait pour attirer notre sympathie, même si à de rares moments d’abandon il laisse deviner que tout sentiment d’humanité n’est pas mort en lui. 

 

            « J’ai de l’écume à la bouche mais apportez-moi une poupée, offrez-moi une tasse de thé bien sucrée et il est probable que je me calmerai ; je me sentirai même tout attendri. » (1)

 

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(1)Le sous-sol, p. 686   

 

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D’où lui vient cette note « souterraine » à laquelle il semble tant attaché ? Il nous le dit lui-même. Entré autrefois dans l’administration « pour pouvoir manger (mais uniquement pour cela), un héritage soudain lui a permis de donner sa démission ; depuis lors, il vit retiré dans son colin définitivement pour y ruminer à son aise sa rancœur et son dégoût. » (2)  

 

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(2) Le sous-sol, p. 687

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à suivre

Yvan Balchoy

balchoy@belgacom.net

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           

 

 

 

 

 

 

 

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