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Publié par BALCHOY

Parlant de la lutte acharnée qui se déroula jadis entre la Rome antique et l’Eglise primitive, Dostoïevski nous dit dans le Journal d’un écrivain  qu’elle fut le lieu de rencontre des deux « idées » ou « idéaux » les plus antagonistes qui puissent exister sur la terre : le dieu-homme y rencontra l’Homme-Dieu, l’Apollon du Belvédère, (8) le Christ. (9).

 

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(8) Ce terme désigne ici les valeurs profanes ou terrestres. En russe l’opposition est « homme-dieu’ et « Dieu-Homme’ (Christ). Le français exige qu’on inverse ici les termes sans quoi la phrase deviendrait équivoque.

 

(9) Journal d’un Ecrivain, 1880 ‘août) p. 557

 

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Impossible au plan pratique tout au moins de se dérober à ce choix crucial, car il n’existe pas de solution vraiment intermédiaire. Chacun doit se prononcer librement entre un idéal qui transcende ce monde et en respecte les valeurs spirituelles révélées par l’Homme-Dieu et un idéal qui y serait totalement immergé. On est pour ou contre le Christ.

 

Vouloir se « donner » aux autres, considérés comme des frères et chercher à vivre humblement sous le signe de la Vérité, partout où elle se manifeste, mène infailliblement dans le sillage de l’Homme-Dieu. (10)

 

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(10)     « La prédestination russe dans son idéal, écrit Fédor Mikhaïlovitch en juin 1876, revient à réaliser la parole du Christ : « Celui qui veut être placé au dessus de tous dans le Royaume de Dieu, qu’il se fasse le serviteur de tous. » Journal d’un Ecrivain p. 339

 

 

« Les hommes les meilleurs refusent d’adorer le monde matériel, cherchent à travailler à l’œuvre de Dieu, aiment la vérité… et quand il le faut, se lèvent pour la suivre, abandonnant maison et famille. Que de tels hommes existent dans le peuple russe, c’est le signe que ne s’y est pas perdue l’image du « meilleur homme. » (11)

 

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(11)     Journal d’un Ecrivain, 1876 (éd. Russe) tome II p. 409-411 (octobre)

 

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C’est évidemment au Christ, incarnant à ses yeux l’idéal de la perfection humaine que l’écrivain fait ici allusion.

 

En revanche la volonté qui prétend gouverner d’une façon égocentrique la vie de l’homme, créer arbitrairement son échelle de valeurs ou s’en forge un à partir d’une option souvent implicite est vouée à l’autodestruction.

 

Il en résulte, en lieu et place de l’épanouissement recherché, une lente désintégration de la personnalité, psychologique d’abord, ontologique ensuite ? Cette évolution régressive aboutit à

l’annihilation de la volonté absolutisée ; celle-ci se retourne contre son propre sujet et le disloque progressivement. Beaucoup de ces candidats surhomme finissent par se détruire physiquement dans le suicide ou psychiquement dans la folie. Le processus de destruction du « moi » va de pair avec la soumission croissante à l’emprise du mal, souvent personnalisé par celui qui en est le maître, Satan, prince du « néant ». Aussi leur destin conduit à parler de l’enfer, aboutissement innévitable de leur choix.

 

 

a) L’idéal de l’auto affirmation

(à suivre)

Yvan Balchoy

balchoy@belgacom.net

 

 

 

 

           

 

 

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