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Publié par BALCHOY

Au-dessus d’eux, ce devait être l’aube et le soleil devait poindre à l’horizon ; mais le sous-bois où ils se débattaient appartenait vingt quatre heures sur vingt quatre au royaume de la nuit.

 

Le froid, aiguillonné par la bise restait vif et les pénétrait peu à peu ; de plus en plus fréquemment, ils devaient s’arrêter, se frotter les mains gelées sur le visage endolori. Ils n’avaient plus qu’une envie : trouver un coin protégé du froid et du vent, s’y coucher et dormir …

Et ce fut le miracle… sous la forme d’une cabane de chasseur dont la porte céda vite sous les coups de pied de Ghislain ; à l’intérieur, un mobilier des plus sommaires, deux chaises de paille, une grossière table de ferme mal équarrie, un poêle à bois en fonte et surtout – c’est sans doute ce qu’ils aperçurent d’abord avec ravissement – une couchette couverte d’une simple paillasse.

Quelques buches traînaient dans un coin. Grâce aux allumettes soigneusement conservées, ils allumèrent le feu. Un coffre en bois leur livra quelques provisions, une bouteille d’eau,  un paquet entamé de biscottes, quelques un de ces biscuits épais, dits parfois « de chien ». Ils se jetèrent sur ces restes plutôt minables comme si c’était un banquet délicieux.

Le feu rapidement rendit presque douillet leur abri de fortune. A la faim de chaleur et de pain succédèrent celle de tendresse. Ils se tournèrent l’un vers l’autre.

Ils s’étreignirent doucement ; Ghislain déposa ses lèvres sur le front de sa compagne, puis les appuya longuement sur ses yeux comme s’il voulait en boire la lumière.

Leur bouche enfin se rejoignirent et plus rien n’exista entre eux que ce grand feu qui les consumait.

Entre chaque nouveaux baisers toujours plus fougueux, plus audacieux, ils se déshabillèrent mutuellement, elle, avec savoir faire et doigté, lui avec tant de maladresse – il faillit casser les agrafes de son soutien-gorge – qu’ils en éclatèrent de rire.

            Les seins menus de Solange, lui donnaient un air de jeune adolescente ; profondément ému, le garçon se mit à les mordiller goulument tandis que souriante, elle réussissait à le débarrasser de sa chemise.

 

            -« Dis, mon cœur, lui chuchota-t-il, tu m’avais caché que tu portais de si délicieuses fruits sous ton corsage. »

Et Ghislain de s’extasier devant cette poitrine si jeunette dont l’aspect « fuit vert » l’excitait secrètement.

 

Aussi étrange que cela puisse paraître, un immense respect mutuel allait de pair avec leur excitation. Ainsi vivaient-ils ce lent déshabillage comme une sorte de rite sacral.

 

Bientôt ils se contemplèrent en sous-vêtements. Tout tremblant le garçon ne cessait de déposer de petits baisers sonores sur tout le corps de la jeune fille. Celle-ci, plus maîtresse d’elle-même, l’entraîna toute souriante vers le lit.

Leur regard était à ce point rivé l’un vers l’autre qu’ils s’étendirent sur cette ignoble paillasse comme s’il s’était agi du lit à baldaquin de la chambre d’amour d’un hôtel de haut standing.

Couchés, ils se serrèrent comme s’ils voulaient se perdre ou plutôt se fondre l’un dans l’autre.

Ainsi, ils demeurèrent immobiles durant plusieurs minutes ; ce contact, peau à peau,  du front jusqu’à la pointe des pieds faisait éclater en eux comme une symphonie de sensations exquises qui les comblèrent un bon moment.

 

Mais la nature repris peu à peu le dessus, les doigts de Ghislain partirent en explorateur au-delà de l’ourlet de la petite culotte vers de nouvelles terres, pour lui infiniment plus attirantes que tous les voyages dont il avait rêvé. Cet univers féminin,  imprégné de déliés si doux, de mousse si tendre, de chaleur si envoutante lui donnèrent l’impression de commencer une nouvelle vie en un univers transfiguré où le temps se mariait à l’éternité.

Quand se main découvrit la fleur entrouverte et toute humectée de rosée de cette nouvelle terre, la jeune fille gémit et le mordit à l’épaule.

 (à suivre)

           

Yvan Balchoy

balchoy@belgacom.net

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