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Publié par BALCHOY

Les frères Karamazov proposent enfin la synthèse religieuse à laquelle rêvait depuis si longtemps Dostoïevski. L’esprit en Christianisme orthodoxe s’y fond aux différents fonds courants de pensée qui ont marqué sa vie, après les avoir purifiés de nombreuses équivoques. L’amour de la vie et de la joie cosmique, cher au disciple de Schiller est conciliable avec la foi chrétienne.

Le Dieu Père qui aime les hommes est aussi celui qui leur donne la Vie et la Joie ; c’est là son grand privilège. La vie est un paradis dès ici’s pour qui sait discerner le visage éternel des choses. Tout est en Dieu. Tout est sacré. Le profane s’évanouit dans le divin. La joie de vivre est signe de la bonne voie qui mène l’univers et l’homme à l’harmonie totale en Dieu. Dans le Christ, Dieu nous révèle sa liberté aimante et sa volonté de nous rendre plus libres. Seul l’esprit évangélique est à même de construire l’humanité à cette unité fraternelle si recherchée par les socialistes. La liberté de Dieu est totale mais elle s’inspire de l’amour et non de l’arbitraire comme l’avait si longtemps cru Dostoïevski avec crainte et tremblement. (85)

 

 

 

        A l’ancienne peur révérencielle que lui suggérait le Dieu de sa jeunesse, succède confiance filiale et joyeuse envers le Père du ciel. L’amour actif  est d’ailleurs le guide e plus actif et le plus efficace qui mène à la foi parfaite en balayant doutes et incertitudes. En retrouvant la ferveur de son enfance, l’écrivain se rallie de plus en plus ouvertement à l’Eglise et à son enseignement traditionnel. Certaines vérités plus ou moins estompées en son œuvre comme la foi en la Sainte Trinité s’imposent à lui par le biais de son retour à l’orthodoxie. En 1878, dans le « Journal d'un écrivain », il insiste sur l’appartenance de cette vérité à la croyance populaire. A cette époque c’est un des critères les plus sûrs de sa Foi personnelle. (86)

 

 

 

 

 

 

         « Sans instruction, le peuple russe croit au monothéisme que Dieu est  « un » et qu’il n’y a pas d’autre Dieu que Lui. Et en même temps le moujik sait et croit avec bienveillance – tout moujik sait cela – que le Christ, son vrai Dieu, est né de Dieu le Père et a pris chair de la Vierge marie » (87)

 

 

 

 

 

 

Lorsque la mort viendra trouver l’écrivain en 1881, quelques mois à peine après l’apothéose que li valut son discours pour l’inauguration du monument Pouchkine, il fra venir un prêtre, se confessera et recevra le corps du Christ. Puis, suivant une de ses vieilles habitudes, il demande à sa femme d’ouvrir au hasard sa vieille bible du bagne pour y découvrir la volonté de Dieu. Ses yeux tombèrent sur le troisième chapitre de saint Matthieu, verset 14 : « Mais Jean s’y opposait en disant :’c’est moi qui ai besoin d’être baptisé et tu viens à moi.’ Jésus lui répondit : "Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions toute justice. »

 

 

 

        L’écrivain fit alors remarquer à sa femme : « Tu entends, laisse-faire maintenant, c’est à dire que je vais mourir. » Il appelle alors ses enfants et leur demande de lire la parabole de l’enfant prodigue. Ses dernières paroles, livrées par sa fille aimée, sont un grand cri de confiance en Dieu et en son Amour. (88)

Yvan Balchoy

balchoy@belgacom.net

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