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Publié par BALCHOY

Un peu affolé, il rentra un instant dans la remise pour en ressortir presqu'aussitôt l'air soulagé. Bougonnant en lui-même, il fit quelques pas vers la véranda, l'éclaira à l'aide d'une lampe de poche puis, ne voyant rien, en haussant les épaules il se dirigea vers la buandrie et rentra dans la maison.

 

 

 

 

            La lumière de la cuisine, située à l'arrière, s'éclaira bientôt.

 

 

 

 

            Chic, pensa Ghislain, il va sûrement se payer un petit geuleton.

 

 

 

 

            C'est le moment à jamais ; délaissant sa cachette il marcha à pas rapides vers la remise.

 

 

 

 

            Celle-ci s'ouvrait par un petit porche qui donnait sur une grosse porte en bois, fermée par un de ces gros verrous qu'on utilise souvent pour les abris de jardin. Pas xde cadenas pour le protéger. Tant mieux !

 

 

 

 

            Le coeur battant, il fit glisser le verrou, ouvrit pruxdemment la porte et entra à l'intérioeur. Dans l'obscurité complète, il ne distingua ni n'entendit rien ; pourtant il avait l'impression de ne pas être seul.

 

 

 

 

            Il sortit son porte-clés lumineux et le promena lentement tout au long de la pièce. La remise était quasi vide mis à part un divan délabré dont il s'approchza avec autant d'espoir que d'anxiété.

 

 

 

 

            Quelqu'un était couché sur le divan, ligoté, baillonné. Il n'eut pas l'ombre d'une hésitation.

 

 

 

 

            Son coeur l'avait reconnu bien avant ses yeux; le message du pont de Na&mur était vrai ; il venait de retrouver Solange. La jeune fille , les yeux entrouverts, semblait endormie.

 

 

 

 

            Qund il la toucha, effleura plutôt son visage, elle gémit et ouvrit les yeux sans dire un mot.

 

 

 

 

            Pour se faire reconnaître, il dirigea vers son visage le mince faisceau lumineuxde son porte-clé puis mit un doigt sur ses lèvres avant de les joindre furtivement à celle de la jeune fille.

 

 

 

 

            Celle-ci voulut lui répondre mais les mots qui sortaientde sa bouche étaient incohérents. Elle devait être sous l'effet d'un narcotiquie ou d'une drogue quelconque ainsi qu'en témoignait son regard perdu. Voilà qui n'allait pas faciliter leur fuite.

 

 

 

 

            Il ne servait à rien de regretter cet état de fait, il fallait faire avec !

 

 

 

 

            Déjà il coupait à l'aide de son canif les liens qui immobilisaient la malheureuse tout en s'efforçant xe lui redonner courage par son sourire. Solange était vêtue cette folis d'un  jean délavé ainsi que d'un mince chemisier. Se débarassant de sa veste, le jeune hiomme se débarassa de sa veste et la mit sur ses épaules. Ainsi emitouflée, elle avait l'air si loufoque qu'elle même ne put s'empêcher d'échaucher une sortede sourire.

 

 

 

 

            Il l'aida à se mettre debout, elle tenait à peine sur ses jambes.

 

 

 

 

            "Courage, mademoiselle, nous allons nous enfuir, appuyez-vous sur moi."

 

 

 

 

            Elle lui mit les mains autour de ses épauleset en la tenant ainsi étroitement enlacée, il l'entraîna xdehors.

 

 

 

 

            Ghislain pensa de suite à la porte qui donnait sur l'impasse qu'il avait visitée deux fois. Mais elle ne donnait pas sur cette cour : il leur fallait rentrer dans le bar et chercher une issue. Elle devait, pensait-il, se situer à proximité de la cuisine. Comment passer par là sans attirer l'attention du gardien de Solange ?

 

 

 

 

            Leur progression était difficile à cause de l'obscurité et de la passivité de la jeune fille qu'il devait littéralement trainer comme un fardeau. Leur démarche n'était pas aussi silencieuse qu'il le souhaitait. Pourvu que cet imbécile à la cuisine ne pense qu'à s'empiffrer !

 

 

 

 

            Enfin ils arrivèrent tant bien que mal à rejoindre le couloir où, pensait Ghislain, devait se trouver la sortie vers l'impasse. En passant devant la cuisine, une musique tonitruante le rassura quelque peu.

 

 

 

 

            Où* se trouvait cette fameuse porte ? Toujours accompagné de Solange qui, peu à peu, émergeait de son état second, le garçon cherchait à la pâle lueur de sa lampe cette sortie, leur seul salut. Brusquement le hâlo lumineux éclaira une sefrrure sphistiquée, ça y est, ils avaient trouvé !

 

 

 

 

            Ghislain fit signe à Solange de s'appuyer contre le mur tandis qu'il s'efforçait, armé de son seul canif, de forcer la surrure.

 

 

 

 

Toutg occuppé à cette tâche ardue, il entendit brusquement le jeune Solange pousser un cri étouffé derrière lui. Le tedmps de se retourner il reçut sur la tête un coup violent et sombra dans l'inconscience.

 

 

 

 

 

 

 

 

            "Vas-tu te réveiller, espèce de salopard."

 

 

 

 

            Ces paroles, Ghislain les entendait encore commesielles venaient de loin, d'un autre monde ; il se sentait las, extrêmement las et n'avait qu'une envie :dormir, oublier cegte souffrance atroce qui lui sciait la tête.

 

 

 

 

            Il était couché à même le sol sur une dalle de béton dure et glaciale.

 

 

 

 

            Brusquement une impression de friod atroce lui martela le visage ; on venait de lui jeter à la figurele contenu d'un seau d'eau. Voulant se protéger avec les mains, le garçon les découvrit immobilisées par des leins qui entraient profondément dans sa chair. Ses pieds eux-aussi étaient ligotés.

 

 

 

 

            Ouvrant timidement les yeux, il les referma aussi vite tant la lumière braquée sur lui l'éblouissait. Il eut toutefois l'impression de se retrouver dans la remise où* il avait trouvé Solange.

 

 

 

 

            Deux mains le saisirent ruidement aux épaules et le secouèrent sans ménagement.

 

 

 

 

            "T'en veux encore, mon gars, si tu ne te réveilles pas de suite, je t'avertis que ça va barder !"

 

 

 

 

            Ghislain voulut répondre mais, comme Solange tout à l'heure, des sons incompréhensibles s'échappèrent de ses lèvres.

 

 

 

 

            "Dis, tu te fous de moi, salaud, tiens attrappe."

 

 

 

 

            Un coup violent l'atteignit sur le nez et aussitôt un liquide tiède et gluant coula sur ses joues endolories. Il ouvrit les yeux et distingua à quelques centimètres le visage en furie du "métèque" de Westende.

 

 

 

 

            "Dis-nous ce que tu nous cherches à la fin et pour qui tu travailles. Si tu nous causes franchement, tu auras une pzetite chance de te tirer, mais si tu veux finasser avec nous, cette journée sera ta dernièrze. Compris !"

 

 

 

 

 

 

 

 

            Ghislain lui n'avait qu'une idée ou plutôt un prénom en tête: Solange. Qu'était-elle devenue ?

 

 

 

 

            Au prix de grosses douleurs, il tourna la tête dans toutes bles directions. Son coeur bondit quand il reconnut le silhouette couchée sur le même divan vivante sûrement puisque baillonnée, les mains brutalement retenuies en arrière à l'aisde d'un vieux cable électrique.

 

 

 

 

            Aussitôt, il reprit courage et vigueur, il était en vie, Solange aussi ! Tous les espoirs étaient permis . Surmontant ses douleurs, le garçon se tourna résolument vers son tortionnaire :

 

 

 

 

 

 

 

 

            "Que voulez-vous, à la fin ?" Je suis simplement ici pour délivrer mon amie. Vos sales affaires ne m'intéressent en rien. Libérez-nouzs et je vous promets que plus jamais vousq n'entendrez parler de nous."

 

 

 

 

            -"Tu plaisantes, gamin,  ou plutôt tu me prends pour un con. Tes promesses, c'est du vent... Qui te conduira au premier commissariat venu.Non, nous avons xde meilleurs moyens de nous assurer définitivement de ton silence. C'est dommage d'êtee obligé d'en arriver là. Mais c'est ta faute, on t'avait averti !"

 

 

 

 

 

 

 

 

            "Tant pis pour moi, si vous le voulez, mais elle, je vous en prie, laissez-la partir. Je suis sûr qu'elle ne vous causera plus aucun ennui."

 

 

 

 

 

 

 

 

            Le bzandit se tourna d'un air furieux vers le divan.

 

 

 

 

 

 

 

 

            "Dans toutes les organisations sérieuses, il y a des sanctions sévères contre les traîtres. Tant pis pour elle ! Maintenant, excusez-moi, mes petits tourtereaux, profitez du temps qu'il vous reste à vivre ; dans une heure ou deux au maximum un de mes copins viendra chercher xeux colis très encombrants pour une livraison très spéciale"

 

 

 

 

 

 

 

 

            Et le bonhomme de s'en aller en ricanant et en refermant soigneusement la porte dont le verrou grinça lugubrement.

 

 

 

 

 

 

 

 

            Deux heures maximum ! Ces quelques mots résonnaient brutalement en sa tête comme une menace autant que coimme un espoir:

 

 

 

 

Une menace parce qu'il ne voyait pas comment en sipeu de temps il arriverait à retourner la situation.

 

 

 

 

un espor car il lui restait plus de sept mille secondes pour s'enfuir avec Solange.

 

 

 

 

            Avant tout, se détacher ! Son canif ? L'avait-il encore ? Il se souvint que la poche du veston loué était trouée. Peut-être était-il resté dans la doublure ? Au prix de gros efforts, il se mit sur le côté et tenta de glisser ses deux mains enchainées dans le poche. En mêmetemps il s'adressa à la jeune fille :

 

 

 

 

            "Courage,  tout espoir de nous enfuit n'est pas perdu. J'ai bon espoir de nous voir prendre la clé des champs avant le retour des bandits."

 

 

 

 

Solange murmua des sons incompréhensibles sous son baillon, mais cette fois elle était manifestement consciente et tentait de lui répondre malgré le chiffon qui étouffait ses paroles.

 

 

 

 

            Mais l'heure n'était pas aux sentiments ; pour la dixième fois peut-être le garçon enfonçait à grande peine ses doigts au plus profond de la poche en tordant douloureusement ses doigts. Il ne réussit pas à les enfoncer de plus de cinq centimètres. Pourtant, il en était sûr son canif était là caché dans la doublure et il représentait leur seul espoir de salut.

 

 

 

 

            Impossibled'y arriver ainsi ; pour dégager la poche il lui fallait se coucher sur le ventre. Il s'y employa à grands coup de coudes et de genoux ; chacun de ses mouvements lui faisaient atrocement mal ; pourtant lui qui généralement ne supportait pas le moindre bobo sans se pl&aindre persévéra cette folis de longues minutes . Il avait une peine infinie à respirer le nez écrasé contre le béton si rèche,si glacé.

 

 

 

 

            Enfin deux de ses doigts réussirent à traverser le trou de la doublure et sentirent  la dureté du canif. Il lui fallut encore plus de dix minutes d'efforts haletants pour extraire l'objet, appuyer sur le bouton poussoir qui fit jaillir la lamme. Alors, en un instant, il arracha les liens de ses bras et de ses jambes et se précipita au secours de Solange.(41)

Yvan Balchoy

balchoy@belgacom.net

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