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Publié par BALCHOY

Pourtant un regard plus approfondi sur l’Idiot, les Démons et l’Adolescent invite le lecteur à rapprocher leur tragique conclusion de la maxime évangélique « Si le grain ne meurt », si chère à l’écrivain qu’il lui a servi d’exergue à son dernier roman : « Les frères Karamazov » (1879-1880) Jamais dans son œuvre le mal n’atteint une puissance et une apparence de vérité semblable à celle dont Yvan Karamazov nous offre le spectacle dans les chapitres « Pro et contra » et « La légende du grand inquisiteur »

 

 

 

 

        Le 24 août 1879 le romancier confie son souci majeur à K.P. Pobiédonostsev, procureur du Saint Synode, in quiet devant la force des arguments d’Yvan : « Pour ma réponse à tout ce côté négatif, j’ai projeté cette seconde partie (un religieux russe)… Je tremble, sera-elle suffisante ? Il n’enest pas si sûr, tant ses personnages échappent à son emprise. (83)

 

 

Mais si puissants que soient les arguments en faveur de l’athéisme et de la révolte, les notes personnelles de Dostoïevski ne laissent planer aucun doute sur la victoire finale du bien en son cœur.

 

 

        « Yvan est profond… Les salauds se moquaient de ma foi en Dieu, primaire et rétrograde. Ces crétins n’ont même pas pu rêver d’une négation de Dieu aussi puissante que celle qu’on trouve dans « l’inquisiteur » et dans le chapitre précédent et à laquelle le roman (N.D.L.R. il s’agit des « Frères Karamazov ») tout entier sert de réponse. Ce n’est quand même pas comme un imbécile (fanatique) que je crois en Dieu. Et ils prétendent me faire la leçon et rire de mon peu de culture ! Mais leur nature stupide n’a même pas rêvé la puissance de négation que j’ai connue. Ce n’est pas à eux de me faire la leçon ! Il n’y a pas et il n’y a pas eu en Europe des arguments athées d’une telle force. Par conséquent, ce n’est pas comme un gosse que je crois au Christ et le confesse. Mon « hosanna » est passé par le creuser du doute, comme le sait le diable dans ce même roman. (84)

Yvan Bakchoy

balchoy@belgacom.net

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