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Publié par BALCHOY

Vers 1877, à l’époque où notre auteur élabore son projet des Karamazov, un manuscrit anonyme lui tombe entre les mains et l’enthousiasme. « J’ai rarement lu quelque chose de plus logique… Je me suis si bien assimilé ces pensées qu’elles me semblent personnelles (80)

Il s’agissait de la « philosophie de l’œuvre commune », ouvrage de Nicolas Fédorov (81) Dostoïevski fait part à V. Soloviev de sa découverte ; tous deux s’enthousiasment sur le « devoir de la résurrection des ancêtres », idée centrale de Fédorov.

L’influence de ce curieux penseur apocalyptique apparaît déjà dans « Le songe d’un homme ridicule », écrit par Dostoïevski peu de temps après la lecture du manuscrit de la « philosophie de l’œuvre commune », mais elle est surtout manifeste dans la composition des « Frères Karamazov ». Passionné toujours davantage par l’orthodoxie russe, il accompagne Soloviec à Optina Poustine où il va visiter le staretz Ambroise, scène qu’il a contée dans « les frères Karamazov » Il en résulte une sacralisation croissante de son œuvre romanesque qui ne se fit ni en un jour ni de façon uniforme. Comparé à l’Idiot, les Démons (1871), puis l’Adolescent (1875) peuvent sembler un pas en arrière, mais le doux et passionné Chatov ainsi que le paisible et joyeux Makar, nous présentent une image hautement positive de la Foi chrétienne.

En revanche les personnages « négatifs », le plus souvent athées, s’enferment toujours davantage dans l’horrible et la perversion morale. L’antithèse bien mal prend une proportion gigantesque. Souvent même l’absurde semble triompher : les démons se terminent par une hécatombe générale que vient clore le suicide froid et raisonné de Stravoguine, sorte de damné vivant. L’adolescent s’achève aussi sur une perspective catastrophique, bien qu’un ténu espoir subsiste du triomphe final du bien. (82)

 

 

Yvan Balchoy

balchoy@belgacom.net

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