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Publié par BALCHOY

Pour y voir plus clair, il importe, nous l'avons dit de recourir aux écrits non romancés de Dostoïevski. Mais à ce stade se pose un autre problème. Troublés par un certain conservatisme, dans ce type d'écrits,  certains critiques ont rejeté en bloc  cette source littéraire, sans rechercher au-delà de différences ou contradictions parfois évidentes, un point de vue unificateur de l'ensemble de son œuvre. Cette attitude nous semble d'autant plus arbitraire qu'il existe aussi des points communs nombreux aussi entre les deux types d'écrits. Nous pensons que les divergences sont relativement périphériques et que plus on approche « l'idée centrale » de ses œuvres, plus en en remarque l'unité profonde. C'est en se basant sur cette unité complexe que nous pensons qu'il est possible de découvrir comment l'écrivain russe a exprimé en toute son œuvre sa conception de la liberté chrétienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NOTES INCLUSES

 

 

 

 

(1) Cf cette étude p.

 

 

(2) Cf cette étude p

 

 

(3) Revue périodique éditée par Dostoievski, où il écrivait e journalise : cf cette étude p.

 

 

(4) F cette étude p.

 

 

(5) « Les Démons » p. 264

 

 

(6) Carnet des « Frères Karamazov » p. 819

 

 

(7) Cf cette étude p.

 

 

(8) Cf Nicolas Berdiaëv : « L'esprit de Dostoïevski » p. 11-12

 

 

(9) Cf cette étude p. et cet extrait des carnets des « Démons » : « Ou bien comme ceci - c'est Chatov qui dit tout sur la Russie, l'Antéchrist et l'action héroïque (c'est mieux, c'est splendide. » p. 912

 

 

10) Parfois la rédaction des carnets ne laisse aucune équivoque. Ainsi dans ce passage des brouillons des « Démons » : « L'idée du prince (au cours de sa conversation avec Chatov) au sujet de l'immense valeur de l'orthodoxie et de sa nouvelle phase. L'influence du concile œcuménique de Pie au Vatican (Tout, Mon opinion sur l'orthodoxie, comme la plus complète et authentique expression de la Russie avec extrême force)

 

 

Même si Dostoïevski dans la rédaction définitive, comme il le fait assez souvent a inversé les rôles en attribuant à Chatov ces paroles, on peut être sûr de trouver ici les convictions personnelles de l'auteur

 

 

11) Ainsi « René Girard dans « Dostoïevski, du double à l'unité » p. 49 : « Le Dostoïevski génial est un Dostoïevski romancier ? Ce n'est donc pas à ses réflexions théoriques mais à ses textes authentiquement et pleinement romanesques qu'il faut demander le sens de la liberté »

 

 

 

 


PREMIERE SECTION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De quelques personnages de Dostoïevski

 

 

 

 

Et d'abord de lui-même

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


CHAPITRE I

 

 

 

 

L'évolution spirituelle de Dostoïevski

 

 

 

 

 

 

 

 

         Ce chapitre n'a pas la prétention d'élaborer une biographie mais a pour seule ambition d'esquisser les grandes étapes de l'évolution spirituelle de Dostoïevski. (12)

 

 

 

 

« Je ne sais pas comment cela se passe chez les autres et je sens que je ne puis être comme tout le monde. Tout le monde pense à une chose puis immédiatement à une autre chose. Moi, je ne puis penser à autre chose. Toute ma vie, j'ai été tourmenté par Dieu » (13)

 

 

 

 

« l'étrange sincérité » qui, au dire même de l'écrivain se dégage de cette confession de l'ingénieur Kirilov dans « Les Démons » a la marque d'une expérience vécue. Dostoïevski a connu le tourment de son personnage. Sa correspondance le confirme. Parlant d'un de ses grands projets littéraires : « La vie d'un grand pécheur », il note en 1870, quelques mois à peine avant la publication des « Démons » : « Le problème principal qui sera posé dans toutes les parties de l'ouvrage sera celui qui m'a tourmenté consciemment et inconsciemment pendant ma vie ; l'existence de Dieu » (14)

 

 

Pourquoi cette souffrance insatiable ? Il ne semble pas qu'elle soit due à l'impossibilité pour l'écrivain de découvrir une preuve de Dieu irréfutable qui fermerait la bouche à tous les incroyants.

 

 

Dostoïevski s'intéresse avant tout à Dieu en tant qu'il est la clé des énigmes d'ici-bas et tout particulièrement de la condition humaine au prise avec le scandale de la mort et de la souffrance.

 

 

         En cela, le romancier russe rejoint les préoccupations et l'esprit de son siècle où, comme lui-même le fait remarquer : « les socialistes et les athées… ne s'occupent pas tant de la réfutation scientifique et philosophique de l'existence de Dieu, mais nient plutôt de toutes leurs forces la création et la signification religieuse du monde (15)

 

 

Inutile de souligner en notre époque de sécularisation et de désacralisation l'actualité de ce propos..

 

 

La plupart des hommes, il est vrai, croyants ou non, se contentent de solutions toutes faites et relèguent ces problèmes « insolubles et malsains » au tréfonds de leur subconscient, car ces « questions éternelles »sont sources de bien des tourments. Mieux vaut sen désintéresser et mener une vie sans souci, même s elle manque de grandeur. (16)

 

 

Heureusement une petite élite, tenace et courageuse a toujours compris que cette souffrance, née de l'affrontement lucide de grands mystères de l'existence n'était pas un prix trop élevé à paye pour assumer son destin ; elle refuse d'en rester au seul plan sensible et utilitaire qui détourne trop souvent de l'essentiel. Il lui faut aller plus loin ; s'enfoncer dans le mystère de l'être et de la personne jusqu'à se poser la question ultime dont dépendent toutes les autres, celle de Dieu.

Yvan Balchoy

balchoy@belgacom.net

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