Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Catégories

Archives

Publié par BALCHOY

« Scènes de la vie conjugale » une pièce de Ingmar Bergman et je le crois il y a du même auteur  un film du même nom. J’ai eu l’occasion d’assister à la représentation de la pièce à Bruxelles.

Le sujet appartient à la sphère conjugale du cinéaste que j’ai un peu moins que son univers fantastique comme  « les fraises sauvages », « la source » et le septième sceau, entre autres, où la mort est présente sous de multiples formes du début à la fin du film.

 

La pièce à laquelle j’ai assisté se déroule en deux actes bien différents l’un de l’autre.

Dans le premier les deux protagonistes du couple se présentent. Lui semble un homme sûr de lui et de sa séduction, il se déclare bon époux et expert dans l’art d’aimer. Il semble pourtant tellement excessif qu’à l’écouter on a envie de sourire en se demandant si ce n’est pas son but.

En revanche sa femme attache beaucoup d’importance à son lien vis-à-vis de son mari, elle est loin d’être aussi sûre de ses qualités de séduction et entend bien faire comprendre l’importance que revêtent pour elle la fonction et le rôle d’une bonne épouse qu’elle entend représenter face à son mari.

Pourtant au cours de ce premier acte le mari annonce à son épouse qu’il est tombé amoureuse d’une certaine Paula et qu’il est bien décidé à partir dès le lendemain matin. avec elle pour un séjour de plusieurs mois à l’étranger.

Au premier abord sceptique, elle voit un peu tout son univers toutes ses sécurités psychologiques et morales s’écrouler, tente bien en vain de retenir son mari. Ainsi le premier acte apparaît comme une certaine condamnation d’une apparente réussite de couple, basée sur la pression et l’éthique sociale bien plus que l’expérience vécue par l’homme et la femme de ce couple.

 

Quand commence le deuxième acte, la séparation est  chose ancienne, le mari revient voir son épouse, il n’est manifestement pas heureux avec Paula, espère partir aux USA pour une mission culturelle. Lui qui semblait si sûr de lui au premier acte semble devenu hésitant, manque de confiance en lui tandis qu’elle, devenue très sceptique sur le potentiel de leur avenir a envie de reprendre sa liberté et tend à le persuader de signer une demande commune de divorce. Entre à chaque rencontre la faiblesse du mari et l’assurance de son ex-épouse apparaît de plus en plus évidente, elle insiste de plus en plus pour obtenir cette signature qu’il remet sans cesse à plus tard. A un moment donné leur dialogue devient une sorte de lutte psychologique intense à la limite du physique et risque de tourner au tragique. Se rendant compte de la gravité de son acte violent vis-à-vis de sa femme, il accepte de signer le divorce.

L’histoire pourrait en rester là mais dans la dernière scène les deux maintenant clairement ex-époux, remariés l’un et l’autre, se retrouvent néanmoins cette fois comme des amants et cette fois ils semblent avoir trouvé entre eux un juste équilibre mutuel de couple réussi.

 

Ainsi il me semble que Bergman met en question l’institution du mariage et la solidité d’un lien qui repose énormément sur la pression sociale, de devoir éthique bien plus que sur le désir partagés des deux protagonistes. On dirait à la fin de la pièce que la réussite érotique de l’ex-couple nait du fait qu’il ne réalise plus dans le moule tout imposé par la société du mariage et que loin d’être un must social il est devenu au-delà de leur divorce une création de leur désir aiguillonné peut-être par l’interdit social que représente leur union.

Bien entendu je vous livre ici mon interprétation de la pièce qui est bien entendu subjective et je ne doute pas que d’autres spectateurs interprètent sans doute autrement l’histoire singulière de ce couple. Ce qui me semble difficilement contestable c’est la contestation que fait le cinéaste suédois de l’institution sociale du mariage face aux pulsions et à la créativité d’un amour où deux êtres se réalisent ensemble l’un par l’autre, l’une avec l’autre par-delà les conventions sociales souvent imprégnées d’hypocrisie.

 

 

Yvan Balchoy

balchoy@belgacom.net

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article