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Publié par BALCHOY

Dans le monde capitaliste où nous sommes immergés de plus en plus, l'art, la culture, la télévision sont de plus en plus des marchandises destinées prioritairement à engendrer du profit.

 Chaque jour, chaque soir je découvre avec déception l'insipide, l'abêtissement de jeux ou de variétés si bêtes à pleurer souvent qu'on essaye de les sauver en faisant rire ou grimacer un public virtuel. Beaucoup sont d'origine anglo-saxonne, c'est un fait.

Les création francophones comme Maigret, les Cordier, Louis Roman etc....etc. ... Se font de plus en plus rares, remplacées par des policiers USA ou de la télé-réalité parfois, c'est vrai de qualité, mais le plus souvent copies ou décalques malheureuses d'émissions adaptées à l'esprit et à des cultures étrangères mais en porte-à-faux chez nous.

Je voudrais ce soir réfléchir avec vous aux séries policières modernes dont une qui fait un tabac s'appelle "Les experts". Ce n'est qu'un exemple mais il est très représentatif de ce types de feuilletons policiers qu'on nous ressasse jusqu'à trois épisodes par soirée. Tout d'abord pour des raisons économiques peut-être les épisodes ne font plus que trois quart d'heures ce qui permet d'en fourrer deux ou fois sur une soirée. Bien entendu ce raccourcissement privilégie l'action au lieu de la psychologie ce qui correspond peut-être mieux à la mentalité des USA, moins à la notre, je crois, même si peu à peu une majorité de nos téléspectateurs s'américanise peu à peu sous la pression peut-être de médias financiers. 

Comment définir ces feuilletons qui, je l'avoue, ne retiennent mon attention et mon intérêt qu'une dizaine de minutes au plus. Des méchants attribueront c ette "absence" à mon âge mais à ma décharge je dirai que jamais ça ne se produit lors d'un Maigret !

 D'abord même si les intrigues se situent dans des cadres très différents, je trouve que les similitudes entre épisodes sont tellement plus importantes que les différences.

 Quelque soit le modus operandi du criminel la recherche de ce dernier ne se fait guère via la psychologie mais à travers des analyses de labo, des relevés d'ADN, de sperme (souvent) de sang (quasiment toujours) qui remplacent avec bien moins de suspense je trouve la méthodologie patiente et globale d'undétective traditionnel européen. Chaque épisode des expert est remplie de cornues, de rayons lasers, de fils perdus ramassés à la pincette d'où miraculeusement l'identité de l'assassin jaillit peu à peu. Si on ajoute à cette dimension laborantine, un vocabulaire souvent vulgaire et doublé à une vitesse ne correspondant guère au français même méridional. Quand je lis le résumé d'un épisode dans la revue télé je suis souvent intéressé imaginant une Agatha Christie, un Simenon, un Conan Doyle en face de ce crime mais au bout de cinq à dix minutes du début du film, tout n'est plus que spectrographie, biochimie, ramasse-poussières qui ne me passionnent guère même si ces visions se rapprochent plus de la police scientifique d'aujourd'hui, le plus vrai n'est pas toujours le plus intéressant comme le plus moral ne fait pas nécessairement les meilleurs romans.

Et je ne parle pas de ces effets spéciaux qui me gachent l'émission des zooms violents sans raison particulière, des "représentations" filmées des supputations des enquêteurs qui cimpliquent l'intrigue et surtout coupe l'herbe à notre imagination et une musique bruyante souvent gênante parfois intenable.

Pourtant les instituts de sondage qui, c'est vrai, ne soit pas infaillibles et peuvent être manipulés  font des experts de chefs d'oeuvre de forte écoute chaque semaine. Pour ma part, je vous le répète ils m'intéressent cinq minutes, Le récit du crime jusqu'à l'intervention des "experts" qui transforme en cours didactique et magistral le reste du feuilleton.

Il y a aussi des émissions de réflexions parfois très intéressantes de Jean Luc Delarue mais écouter ce monsieur de 8H45 à 11H 30 c'est un peu beaucoup, vous ne trouvez pas. Bien entendu ces émissions on le sait sont très lucratives pour l'intéressé mais coûtent moins cher bien entendu qu'une bonne fiction que nous avons encore mais, me semble-t-il, de moins en moins.

Ce qui me paraît surtout inquiétant ce n'est pas que ces émissions existent sur nos télévisions c'est qu'elles ont tendance à remplace les créations françaises sûrement plus coûteuses et qjui font vivre nos artistes. On peut se moquer de Derrick qui passe encore sur France 3 ;même s'il présente un "coup de vieux" indéniable à mon avis je le trouve nettement supérieur aux experts et je doute fort malgré leur succès actuel que nous apprécions encore dans vingt ans de feulletoin américain à la grande mode..  Pour ma part j'aime beaucouip les Maigret d'aujourd'hui mais je serais heureux de retrouver parfois dans ce rôle Jean Richard le bourru qui m'a fait passé il y a quelques dizaines d'années des soirées formidables.

Aujourd'hui depuis la récente nomination d'un directeur qui pourtant nous offrait des émissions de qualité je trouve que la télévision publique s'appauvrit et je le regrette. Heureusement que nous avons ARTE, la cinq pour sortir de la médiocrité ambiante. Vous me direz que ces chaînes sont sans grand public, c'est bien vrai mais cela plait sûrement à nos politiciens d'aujourd'hui qui ont bien retenu les "Panes et circenses" des romains (paix et jeux du cirque) pour amuser les foules et les détourner d'une réflexion personnelle et libre.

 

 

 

 Yvan Balchoy

 balchoy@belgacom.net

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