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Publié par BALCHOY



Claeys, son fils et Gilsoul ne furent hébergés que quelques jours chez le notaire, et durent se réinstaller chez l'agent des Ponts et Chaussées; quant à nous, pendant les vingt huit jours que dura ce séjour forcé, nous continuâmes à loger dans la même chambre, et j'eus la bonne fortune de pouvoir coucher sur un ressort, dans l'un des deux lits.

Ce séjour fut pénible, car nous savions combien cela devait ennuyer le Doyen qui ne disposait plus dans son presbytère, que d'une chambre à coucher, la grande salle à manger ayant été prêtée pour les repas.

Nous mangions tous en trois tournées, les Mab. d'abord vers onze heures, onze heures et quart, les Claeys ensuite, et enfin nous vers une heure. Même répétition pour le déjeuner et le souper, bien entendu nous avions à pourvoir à notre subsistance.

Nous étions à quarante trois kilomètres de Limoges, où nous pouvions parvenir à l'aide d'un tram électrique indigne d'un pays civilisé. Nous étions arrivés un samedi soir, et dès le commencement de la semaine suivante, les Claeys et les Mab. allèrent à Limoges. J'y allai moi-même deux jours après avec le docteur Mab. et j'y retournai par la suite huit ou neuf fois pendant notre séjour.

C'est dans la nuit de mardi que nous parvint la nouvelle de l'armistice. J'en avais beaucoup discuté avec le Doyen d'Ouradour, et ne lui cachai pas mon étonnement de voir la tournure des affaires. Je lui disais en effet que les pourparlers de l'armistice allaient susciter des questions insalubres au point de vue honneur français. La question de la flotte et de l'aviation, toutes choses que l'on aurait pu éviter si le gouvernement avait purement et simplement quitté la France.

Je fus surpris à la lecture des clauses de l'armistice, car elles étaient dures, à d'autres points de vue, semblaient donner des garanties pour la flotte et pour l'aviation. Nous nous éveillâmes le lendemain avec la sensation que tout au moins le cauchemar des bombardements avait disparu, mais pour laisser place à quels spectacles. Pendant des jours et des jours, nous vîmes se continuer cette retraite française, si différente de la retraite allemande de 1918.


(à suivre)


Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com

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