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Publié par BALCHOY



D'accord avec Emile, nous voulions gagner Noiron encore distant d'une trentaine de kilomètres mais pourrait-on y parvenir ? Rochechouart devait être la première localité à atteindre, mais on nous disait que cette localité, petite sous-préfecture, était encombrée de troupes. Il en était de même disait-on, partout. En désespoir de cause, nous gagnons Rochechouard, où l'on ne voulait même pas nous laisser stationner. A ce moment Léon eut une panne de moteur, et nous dit sans plus vérifier : "C'est une panne d'esssence."Que faire dans un petit village où l'on ne voulait pas de nous et pour cause. Une nouvelle fois, je me mis en quète du bureau de la place pour tâcher d'obtenir de l'essence.

Je ne réussis qu'à me fatiguer. A côté de nous se trouvait un fourgon militaire composé d'un jeune officier et d'un sous-officier qui nous témoignait quelque intérêt, connaissant très bien la Belgique et, à mon avis,  y ayant été élevé, mais il ne put nous donner d'essence. En désespoir de cause, Léon essaya de nouveau son moteur, qui, à notre  grande stupéfaction, se remit en route. Après les calculs ultérieurs de Léon, il y avait encore à ce moment environ douze litres d'essence dans  nos voitures, ce qui n'empêche que le docteur Mab. crut dur comme fer que Léon avait joué la comédie, ce qui était absolument faux.

Sortant de Rochechouard, et tenant toujours la tête, nous nous trouvâmes bientôt devant un embranchement, l'un conduisant à Saint Laurent ou Saint Julien, l'autre vers la localité nommée Oradour (1)

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(1) ORADOUR SUR VAYRES ou VEYRES
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 Nous étions toujours sous l'impression que notre auto était à peu près à court d'essence, et que d'autre part, la route nous paraissait bien tranquille, et comme Oradour était un peu plus proche de Saint Julien, nous nous engageâmes sur la route d'Oradour, où nous arrivâmes vers les quatre heures, alors que se déchaînait un orage épouvantable.

Ce petit village, chef-lieu de canton, était bourré d'Alsaciens et de troupes, et cette fois la petite voiture était à bout d'essence, au milieu de l'orage, je me dirigeai vers la mairie, avec Emile,  et avec le docteur. Nous y fûmes reçus par le maire le plus mal éduqué de la France, c'est à dire de la façon la plus grossière qu'il soit possible d'imaginer. Il nous reprocha d'avoir quitté l'endroit où nous étions, contrevenant ainsi aux ordres du soit-disant gouvernement, qui, disait-il, dirigeait alors la France et qui devait être obéi.

Ce maire, dont l'attitude resta la même par la suite, était en outre député ; c'était M. X, radical socialiste, communisant, homme sans culture et imménsément riche, détesté à Oradour mêrme, mais cajolant les paysans, qui formaient sa clientèle. Il fut l'un des trois opposants au gouvernement de Pétain. Il nous défendit de séjourner à Ouradour. J'eus beau lui faire observer qu'une des voitures était en panne, il ne cessa point ses invectives à notre adresse, et l'entretien se termina sur la défense réitérée de séjourner à Ouradour.


(à suivre)


Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com

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