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Publié par BALCHOY




Voulant échapper, je me rendis au Consulat Belge à  Saint Malo et me fis délivrer un passeport pour me rendre auprès du gouvernement à Poitiers.

Avec mes trois voitures, dont les deux miennes et celle du docteur Mab. - pour cette dernière, Monsieur Mab. était désigné comme chauffeur -, le deux juin, nous quittions La Guimorais avec le regret du maire, Monsieur A. Sen., qui vraiment nous voyait quitter à regret, et ne désespérait pas de nous voir revenir.

C'est à la Guimorais que nous apprîmes la capitulation et ce fut un moment terrible ; d'après la version que le Ministre Reynaud donnait de l'évènement, non seulement nous étions regardés de travers par les français, mais nous souffrions dans notre coeur de belge.

J'avais demandé et acheté à la Guimorais, une demi-barrique de cidre ; la vie y était d'ailleurs très bon marché. Nous tenions à ne point laisser l'immeuble inoccupé, mais à l'hôtel voisin, il y avait un grand invalide belge avec ses deux soeurs, qui, fatigués de vivre à l'hôtel, ce qui leur coûtait d'ailleurs très cher, étaient allés vers Nantes pour se procurer un logement. Il en avait trouvé un et devait signer bail le jour de la capitulation, mais, ce jour-là, parce qu'il était belge, tout fut cassé et ils furent obligés de revenir à l'hôtel.

Nous nous arrangeâmes pour qu'ils prennent notre succession à l'hôtel de Bellevue. Ces gens étaient de Cortenberg. Nous n'en n'avons plus eu de nouvelles depuis.

Quittant la Guimorais, avec le docteur Mab., qui ne nous avait donné ni heure ni moment pour partir, à cause de l'histoire des voitures,  nous parcourûmes environs trois cent vingt kilomètres en passant par Angers où nous ne voulûmes pas stationner parce que Marcelle, quelques jours auparavant, y avait subi un bombardement.

Sachant qu'il n'y avait plus rien pour nous à Mignaloux, je ne voulus pas m'aventurer jusque là, et nous arrêtâmes à Millebaux, à vingt-huit kilomètres de Poitiers. M'étant rendu chez le Maire, vétérinaire et ancien député, je fus très gentiment reçu. Il fit entrer toute la caravane, et nous fit servir des boissons et des biscuits, en même temps qu'il chargeait son secrétaire de mairie de nous trouver un logement.  C'était fait, une heure ou deux plus tard. J'étais logé chez un conseiller municipal avec Paul, mais à cinq cent mètres du reste de la bande éparpillée dans trois maisons différentes.


(à suivre)


balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com

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