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Publié par BALCHOY



A onze kilomètres de cette ville, nous étions arrêtés par une file de voitures et bientôt, cette file se prolongea indéfiniment derrière nous.

On avançait péniblement par bond de quarante ou cinquante  mètres lorsque des avions vinrent sillonner le ciel, puis des bombes éclatèrent à une distance de quelques kilomètres. Que bombardait-on ? Etait-ce la route fort sinueuse ou un autre objectif ? Toujours est-il que les voitures se vidèrent et que chacun s'enfuit se cacher dans les campagnes, ou s'abriter dans les buissons.

Loulou et les enfants  pénétrèrent notamment dans un buisson ; on ne sait comment ils y entrèrent, ni comment ils en sortirent, c'était l'affolement. (1)

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(1) Je vous avoue que je ne me souviens nullement de cette épisode que je vécus  pourtant alors dans ce buisson.
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Aussi nous décidâmes de quitter la grand route et de reprendre un chemin transversal, à gauche, ou à droite, fût-il chemin de campagne. Il y en avait un à gauche cent mètres plus loin, et dès que ce fut possible, nous nous engageâmes dans notre chemin qui nous mena à un kilomètre environ dans un village aussi misérable que celui dont j'ai déjà parlé plus haut, exception faite d'un beau château.

Ce village s'appelle Lucy. Après m'être assuré d'une cuisine comme logement, je me mis en quête de trouver le bourgmestre, la maire, mais on me dit qu'il habitait à deux kilomètres. Au château, la grille était cadenassée et j'eus beau parlementer avec le jardinier, je n'en pus rien tirer. C'était la maison du mauvais riche.

Quand je revins à la maison, où j'avais reçu la cuisine, celle-ci avait été prise par les occupants d'une des voitures qui nous avaient suivis. La pauvre femme qui nous avait reçus ne savait plus à quel saint se vouer et n'avait plus rien à nous offrir que le tiers de son écurie, les deux autres tiers étant occupés par deux ou trois chevaux. Ne sachant plus que faire, je voulus me livrer à une nouvelle démarche, et rencontrai alors un maire, radical-socialiste, comme beaucoup de ses pareils, et qui nous dit nettement qu'il attendait des réfugiés et qu'il ne pouvait pas nous recevoir. Cette antienne de réfugiés qu'on attendait nous fut répétée ailleurs.




(à suivre)


Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com












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