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Publié par BALCHOY







Sachant en effet la distance qui nous séparait de la frontière, je m'imaginais qu'il ne pouvais y avoir de péril immédiat d'occupation avant huit ou quinze jours. L'après-midi, il y eut des alertes, et l'on se réfugia dans les abris.

Vers quatre ou cinq heures, me semble-t-il, sur les instances de Paul, de Léon (1) et de Madame Aug., je me décidai à gagner Sommières avec Anne, Loulou et les enfants (2)  et les servantes, pour aller passer la nuit chez Madame Gouv. où nous sommes reçus de grand coeur.

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(1) Mon oncle Léon, père de ma cousine Brigitte. Anne était son épouse.
(2)  les enfants en question à ce moment là : Jacqueline, Beaudoin, Brigitte et moi, Jean-Pierre
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Jacqueline et Jean-Pierre à l'époque de l'époque de l'exode.



Paul et Léon, faisant partie de la défense civile, revinrent en ville pour la nuit. A Sommières, étaient déjà arrivées des troupes française d'artillerie, et vers le matin, il y eut un combat d'avions entre un appareil français et deux appareils allemands qui furent descendus.

Partis avec quelques bagages réunis hâtivement, Paul et Léon vinrent nous voir dans la matinée, puis ils redescendirent à Dinant, pour prendre certaines dispositions. Ils vinrent dans l'après-midi me reprendre pour redescendre à Dinant. A ce moment, je ne pensais nullement m'en aller et je m'imaginais sûrement que j'avais encore devant moi le temps nécessaire pour prendre les mesures qui pouvaient s'indiquer.

Jugez de ma stupéfaction à mon arrivée au quartier Sant-Médart d'y trouver la population dans le plus grand émoi. Toute la rive droite avait évacué cette rive et était passé sur la rive gauche. J'y rencontrai notamment Monsieur Sasser. et Monsieur G. Mon. Tout le monde était dans l'affolement et déjà des convois de fugitifs s'en allaient dans la direction de Namur ou de Philippeville.

Je me présentai cependant à l'officier français qui stationnait au coin de l'Hôtel des Postes en lui disant que je désirais passer sur la rive droite.



Dinant avant la guerre : au premier plan la maison de mon grand père



Le pont était désert. Il me fit observer que c'était à mes risques et périls, que les Allemands se trouvaient déjà à Marche et que dans un quart d'heure le pont pouvait sauter. En même temps, je voyais des soldats descendre du corps de garde avec les caisses d'explosifs.

Passé le pont, j'étais exposé à être coupé du reste de la famille. C'était l'entrée dans une ville déserte, et tout  cela se passait dans une ambiance de fuite et d'affolement. Ayant avec nous les deux autos sur la rive gauche, nous décidâmes de regagner Sommières où nous étions seuls dans la maison de Madame Gouv., celle-ci nous ayant quitté le matin pour aller rejoindre sa famille.


(à suivre)

Léon Legrand
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog

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