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Publié par BALCHOY

Les réflexions du romancier à propos de l'essence de la liberté datent surtout de la deuxième partie de sa vie même si sa correspondance de jeunesse et les premières oeuvres montrent que c'était déjà alors une de ses préoccupations majeures.

Rappelons cette lettre à son frère, du 16 août 1839, où il se disait prêt à tout sacrifier " sans savoir" cependant "ce que lui apporterait cette liberté". (1)

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(1) Sans doute s'agit-il ici avant tout de la libération des servitudes attachées à la vie militaire ; mais cette liberté à laquelle tout son avenir inconnu est lié est bien plus que le retour à la vie civile.
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Les "Souvenirs de la maison des morts" abordent certes le problème de la liberté sans cependant l'approfondir à l'exception d'une annexe non retenue dans le texte définitif. (2)  En revanche, à partir des "Notes d'hiver sur des impressions d'été" (1864) sa pensée s'articule mieux et se resserre sur le thème de la liberté. Rapportant ses souvenirs de voyage en Europe, l'auteur réfléchit sur le bourgeois parisien et sa devise essentielle :"Liberté, Egalité, Fraternité"

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(2) cf. cette étuide, page
(3) "Notes d'hiver sur des impressions d'été" (éd. russe) chapitre VI : Portrait bourgeois, page 340-346.
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Dans le Sous-sol (1864), le thème de la liberté passe au tout premier plan, puisque ce récit est destiné entre autres à critiquer tous ceux qui veulent en dépouiller l'humanité au nom de la science ou de l'intérêt rationnel. (4)

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(4) Le Sous-sol, page 370-405
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La confession du "locataire souterrain" nous renseigne aussi sur l'anthropologie dostoïevskienne et la place qu'y occupe la libre volonté. Dans "Crime et Châtiment" qui suit de peu se retrouvent les mêmes soucis vus de façon plus concrète et moins systématique. Le fil conducteur s'identifie à l'itinéraire spirituel  du jeune assassin, Raskolnikov. Plus tard, "les démons" et leurs "carnets" (1871-1873) nous font faire un pas de plus en nous détaillant quelques unes des maladies et déformations les plus graves qui portent atteinte à la volonté. Qu'on se rappelle l'étude de la volonté de puissance chez Kirilov (5) et l'autodestruction de la liberté chez Stavroguine (6).

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(5) Cf cette étude page...
(6) Cf. cette étude page ...
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D'autre part, dans "les Carnets", le romancier commente certaines incidences de sa conception de la liberté chrétienne. La solution donnée par Saint Paul à la délicate situation des chrétiens esclaves l'oblige par exemple à approfondir ses propres convictions en la matière.
"L'Adolescent" (1875)  et ses "Carnets", qui viennent d'être publiés, nous en disent plus.
Mais c'est surtout dans "Les Frères Karamazov" (1879) que Fédor Mikhaïlovitch nous offre enfin une synthèse plus élaborée. De la liberté s'il n'élude pas sa dimension psychologique ou philosophique, il retient surtout sa spécificité chrétienne.

Tous ses écrits, à la seule exception des "Notes d'hiver sur des impressions d'été" sont alors des oeuvres romanesques, mais pour corroborer le message de ces oeuvres de fiction, nous écouterons aussi le Dostoïevski critique et journaliste. Le "Journal d'un écrivain" nous livre en effet ses réflexions sur les évènements politiques, artistiques et littéraires de son temps.

En une période où la vocation historique de la Russie semble s'identifier à la libération de peuples slaves du joug Ottoman, il parle fréquemment de la lutte qui divise à ce propos les milieux intellectuels russes : libéraux occidentalistes d'une part, partisans des idées "européennes" et relativement peu soucieux du sort de leurs frères des Balkans, parti slavophile ou panslave d'autre part, vis à vis duquel il éprouvait une sympathie croissante. Tout n'offre pas sans doute le même intérêt dans ces articles où le nationalisme l'emporte souvent sur la solidarité fraternelle.


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