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Publié par BALCHOY

     -"Je vous rappelle, répliqua aussitôt le frère des relations extérieures en coupant la parole à Marthe, que vous n'avez guère le choix. Si vous avez envie de moisir dix, voire vingt ans dans le fond d'une cellule ici, vous n'avez qu'à refuser nos propositions. Je vous garantis une vie pénible, très pénible même et, bien entendu, vous n'aurez plus l'occasion de vous rencontrer."

Ghislain sentit qu'il lui fallait intervenir pour désamorcer la colère de leur "animateur".

     -" Du calme, frère, nous n'avons jamais dit que nous n'écouterions pas vos propositions. Permettez-nous seulement de garder notre libre jugement pour apprécier l'exact rôle que vous nous avez réservé. Nous ne sommes pas des robots ; persuadez-nous du bien fondé de votre cause - et pour ma part, j'ai été ébranlé par le sérieux de vos arguments - alors, s'il vous plait, venez-en au fait et nous vous dirons ce que nous en pensons."

     -"D'accord, amis, cessons de tergiverser sur des broutilles pour en venir à l'essentiel : mettre fin aux agissements de qui vous savez.
En fait, vous n'aurez que très peu de choses à faire :  commencer par vous faire accepter, simuler de façon réaliste votre adhésion aux idées de nos adversaires, puis - je vous expliquerai comment -  provoquer un scandale qui les ridiculisera définitivement et cela, je vous le répète, sans verser le sang.
Pour vous mettre en parfaite condition physique, je vais vous prescrire un traitement à base de moyens médicaux et psychologiques qui parfairera votre condition physique.

Ghislain ressentit une envie folle d'envoyer au diable ce moine infernal, mais, conscient de son infériorité présente, il réussit pleinement à se contenir tout en jetant un regard éloquent à son amie.

     -"Vous allez rester ici un petit quart d'heure, le temps qu'un frère compétant vienne vous apporter un excellent fortifiant qui vous permettra à tous deux d'affronter les difficultés que vous pourriez rencontrer dans l'accomplissement de votre tâche."

Il les quitta aussitôt en refermant ouvertement à clé la porte d'entrée de l'auditoire.

     "Tu te rends compte, Ghislain, qu'ils veulent nous droguer. Il nous faut absolument nous enfuir d'ici avant qu'il ne soit trop tard. Regarde s'il n'y a pas moyen de passer par la fenêtre."

Le garçon se précipita vers une des trois larges baies vitrées qui donnaient sur le jardin, mais il eut beau s'arc-bouter pour les ouvrir, elles restèrent hermétiquement bloquées; de plus un grillage extérieur rendait toute fuite impossible.

     -"Il va falloir jouer serrer, chérie. Tout d'abord faire notre possible pour ne pas absorber ces cochonneries ; s'ils nous forcent à le faire, essayer de le recracher dès que possible et même, si nécessaire le vomir à la première occasion."

     -"Tu as raison, mais, tu le sais, c'est plus facile à dire qu'à faire. Je continue à penser que nous devons tout tenter pour fuir d'ici et si c'est impossible, essayer de faire parvenir au monde extérieur un message pour qu'on vienne nous délivrer..."

Elle n'eut pas le temps de terminer qu'un nouveau venu, habillé comme un infirmier, entra dans la pièce encadré par deux autres frères, style "malabar" qui manifestement étaient là pour le protéger.

     "Salut, mes amis, je vous apporte un sirop dont vous me direz des merveilles. N'ayez aucune crainte, sa composition est totalement naturelle. Il vous suffira d'en prendre deux bonnes cuillères à soupe pour vous sentir tout autre. Vous pourrez faire une grande croix sur tous vos stress, vos peurs et vos énervements. Vous allez pouvoir dormir comme vous ne l'avez plus fait depuis des lustres. En conséquence, je vous conseille de regagner assez rapidement vos chambres et de ne pas tarder à vous coucher."

     -"Dites, s'écria Ghislain, qui ne réussissait plus à masquer son mécontentement, vous nous prenez pour des imbéciles. Cette infâme mixture a pour unique et seul but de faire de nous des loques humaines dont vous pourrez faire ce que vous voulez. Vous n'êtes pas des idéalistes, mais une bande de malfaiteurs fanatiques et je vous le promets, si je réussis à sortir d'ici, des lendemains pas tristes."

Marthe blème s'interposa en posant son bras droit sur les épaules de son ami.

     -"Tais-toi, Ghislain, tu parles sans réfléchir. Tu sais bien que tout le monde ici veut notre bien et que nous devons leur faire confiance."

Stupéfait, le biologiste  namurois se tourna vers elle avec tristesse, mais un léger pincement des doigts de son amie lui fît brusquement comprendre que ses mots n'avaient pour but que d'endormir ses geôliers tout en lui conseillant la prudence pour l'instant.


( à suivre)

Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com

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