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Publié par BALCHOY

CONCLUSION DU CHAPITRE II


Le vaste tour d'horizon auquel nous nous sommes livrés à travers l'univers de Dostoïevski nous a ouvert quelques perspectives :

Durant sa vie terrestre, l'homme est un être transitoire parce que libre et responsable dans un univers temporel. Le choix est une modalité essentielle de son existence et de son agir ; il ne peut en aucun cas s'y dérober. Il n'est pas possible en effet, à l'âge adulte en tout cas, de devenir activement homme autrement que par la médiation du libre arbitre et de la volonté personnelle. Même celui qui refuse d'opter, pour garder la maîtrise absolue de sa volonté, fait encore usage de cette liberté. L'exemple de Stavroguine en fait foi.

Il n'existe en fin de compte qu'un seul choix primordial : ou l'idéal Christ centré sur l'amour et le don de soi, ou bien le dieu-homme qui repose sur l'auto-affirmation personnelle et la volonté arbitraire. Prétendre à la première place, en asservissant les autres à sa propre volonté, mène la personnalité humaine à sa désintégration progressive. Une aliénation croissante va de pair avec cette détérioration : dédoublement subjectif, puis quasi objectif, folie et dégoût de tous et de tout. Tout ce processus mène à une solitude morale et une haine de soi qui peut aller jusqu'au suicide;  cette autodestruction, née au départ d'un acte libre soumet peu à peu l'individu à l'emprise de Satan ! En enfer, la froide nécessité se conjugue avec l'aspiration au néant pour étouffer toute velléité d'amour dans le coeur du damné. Celui qui veut la liberté illimitée aboutit en fait au despotisme illimité (1)

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(1) Les démons, page 425.
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En revanche celui qui a compris que le seul idéal valable pour la personne humaine s'identifie au Christ, que la grandeur de l'homme est donc de pouvoir, comme Dieu, donner et, mieux encore, se donner dans l'amour vrai, celui-là accède dès cette terre à la joie du paradis et voit sa personnalité confirmée et affermie pour toujours.  Plus il progresse dans cette voie, plus il expérimente un bonheur et une liberté nouvelle, faite d'attachement à la vie, de maîtrise de soi et d'acceptation plénière de sa condition humaine. Se possédant, il peut oeuvrer efficacement pour la  grande union fraternelle à laquelle aspire depuis toujours l'humanité.

(à suivre)



Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com

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