Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Catégories

Archives

Publié par BALCHOY

Assis dans son fauteuil en acajou patiné, ce dernier se leva lentement pour leur tendre une main molle et peu accueillante.

     -"Mes amis, vous commencez à savoir ce que nous attendons de vous. A en croire mes collaborateurs, vous ne semblez pas encore tellement convaincus du bien fondé de l'action que nous attendons de vous. Je vous rappelle que nous avions toutes raisons pour vous considérer comme des ennemis et de vous traiter comme tels. Au lieu de cela,  nous nous avons permis de vous rencontrer sans aucune restriction, de vivre ici comme si vous étiez à l'hôtel. Mais cette situation, vous vous en doutez bien,  ne peut s'éterniser.
Vous n'êtes pas ici en vacances. A partir de demain, vous allez entrer dans une phase nouvelle du projet, l'avant dernière avant son exécution. Je vous conseille de collaborer activement désormais avec les frères que j'ai chargés de vous mettre au courant, sinon ..."

Le geste qu'il esquissa alors dans la direction de Marthe et de Ghislain était à mi-chemin entre un congédiement et une menace à peine voilée.

Ghislain se hâta de sortir en espérant poursuivre avec Marthe la promenade de tout à l'heure, mais le responsable des relations extérieures lui emboîta le pas et leur fit signe à tous deux de le suivre. Marthe lança un regard plus que désolé à son compagnon.

Ils parvinrent bientôt à une salle d'audition et durent subir une longue leçon audiovisuelle sur le fameux gourou qui "déshonorait" la cause pacifiste.

Assis derrière eux, leur "instructeur" écouta sans un mot l'émission jusque sa fin, puis, éteignant la TV se tourna vers eux.

     -"Mes amis, le temps presse et je vais maintenant vous dire ce que nous attendons de vous. La tâche que vous avez à accomplir, si vous respectez à la lettre les instructions que je vais vous donner, sera facile à exécuter et ne présentera pour vous que des risques minimes.
Je ne vous cacherai pas que si vous vous permettez la moindre fantaisie dans son exécution, il pourrait vous en cuire, votre liberté, voire même votre vie serait plus qu'en danger. Alors écoutez-moi bien, n'hésitez pas à me poser toutes les questions qui vous viennent en tête, tant qu'il est encore temps."

Ghislain avait envie de lui crier son refus de se lancer dans ce qu'il ressentait déjà comme une "sale besogne" mais il n'osa point. Son mal de tête avait plutôt empiré depuis tout à l'heure et il brûlait de retrouver son lit pour dormir, dormir...

Marthe qu'il observa à la dérobée, semblait un peu plus en forme que lui-même, même si ses bâillements fréquents et spectaculaires témoignaient de son désintéressement vis à vis de cette fameuse mission.
Ce soir, il lui fallait faire le point avec elle. Peut-être leur était-il encore possible de fuir cet enfer avant l'irréparable.

Le frère retira de sa toge une grosse enveloppe jaune qu'il décacheta avec soin. Il en tira une dizaine de feuillets jaunes écrits à la main, les tria avec soin en prenant garde qu'ils ne puisse rien découvrir de leur contenu, puis, se tournant vers eux, il prit la parole :

     -"Comme nous vous l'avons dit tout à l'heure, le temps presse et nous avons besoin de votre collaboration. Vous avez compris que votre mission a pour but de nous débarrasser de l'ennemi juré de nos communautés.Vous savez  qu'il réside dans le midi. Dans quelques temps aura lieu chez lui une grande manifestation où il veut regrouper ses disciples et manifestants. Vous vous ferez passez pour tels. Officiellement, vous nous avez quittés en mauvais terme, disons même que nous vous avons mis à la porte. Vous leur direz que vous avez envie de faire partie de leur communauté. Une fois que vous serez chez eux, il vous suffira de suivre à la lettre les instructions que je vais vous donner et tout marchera comme sur des roulettes."

Marthe leva timidement un doigt hésitant :

     -"Comment pouvez-vous nous garantir qu'il ne nous arrivera rien de fâcheux et puis je tiens à vous dire que je suis non-violente convaincue, ne comptez pas sur moi - elle se tourna résolument vers Ghislain - ou sur mon compagnon pour infliger un mauvais coup contre des gens que nous ne connaissons même pas."

     -"Aucun danger, Mademoiselle, vous n'aurez besoin ni de poison, ni d'armes à feu ou blanches. La seule démarche que vous aurez à faire n'engagera en rien votre responsabilité. D'ailleurs moins vous en saurez, mieux vous vous porterez. L'important est que, grâce à vous, nous soyons débarrassés de ce pseudo-prophète. Il sera à ce point ridiculisé qu'il lui faudra fuit à l'autre bout du monde pour échapper au scandale."

     -"Ne comptez pas sur nous, frère, pour faire votre sale besogne, même si notre intervention est tout à fait passive et inconsciente."


( à suivre )

Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article