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Publié par BALCHOY

Puis, se tournant vers le commis de cuisine qui les regardait, appuyé contre son chariot :

     -"Tu devrais leur rapporter du café chaud à onze heures. Ils vont avoir une faim de loup."

Ils s'en allèrent tous, non sans avoir soigneusement refermé la porte à clef.

Effectivement, au bout d'une petite heure, Ghislain et Marthe s'éveillèrent paisiblement, comme si de rien n'était et se précipitèrent sur le déjeuner fumant qui les attendait.

Tout en beurrant généreusement ses croissants, Ghislain voulut expliquer à sa copine un rêve, presqu'un cauchemar, qui l'avait poursuivi pendant la nuit .

Un infirmier qui ressemblait comme deux gouttes d'eau au Grand Maître était entré furtivement en sa chambre et avait retiré de sa longue toge une énorme seringue en lui annonçant, le sourire aux lèvres, qu'avec ça, il serait plus docile qu'un mouton.
Ghislain avait tenté alors de résister, mais s'était senti totalement inerte ; il avait beau supplier son bourreau, celui-ci en ricanant s'approchait et lui soulevant le bras, y enfonçait sans précaution une aiguille épaisse comme un stylet qui aussitôt fit jaillir une filet de sang qui éclaboussa sa toge.

     -"Alors, continua Ghislain,  je ne sais plus si je rêvais ou étais réveillé, il m'a semblé un instant que plusieurs personnes entouraient mon lit, le frère cuisinier, celui qui s'occupe habituellement de nous et une fille que je voyais pour la première fois. Mon bras me faisait un mal terrible et au bout de quelques secondes, tout s'en voilé en mes yeux et j'ai sombré dans un sommeil, cette fois sans faille.
Et, toi, chérie,  comment as-tu dormi ? Mieux que moi, j'espère ?"

     -"C'est étrange, mais j'ai fait moi aussi un rêve agité, mais en un sens, si l'on veut, j'ai eu plus de chance que toi, car le héros tout à fait involontaire de mon songe, c'est toi !
Enfin, bien que je te parle de rêve, il me semble que j'étais réveillé.          Qui sait ? Le fait est que tu me parlais, je ne sais plus de quoi, de nourriture peut-être, puis, brusquement tu as crié "au secours", tu avais l'air très mal. J'ai voulu te soutenir et puis, il me semble, que je suis tombée lourdement par terre avec ou sans toi, je ne sais plus car tout s'est arrêté brusquement au moment de la chute."

     -"Dis, Marthe, qu'est-ce que tu as à la tête ? Laisse-moi palper ta chevelure. Là exactement !  Ne sens-tu rien, on dirait du sang ? Mais oui !, Tu es blessée !"

     -"Je n'ai donc pas complètement rêvé alors ! C'est vrai que ça me pique un peu. Attends, je vais aller me regarder dans la glace."

Quelques instants plus tard, rassurés en un sens -la plaie était vraiment superficielle - soucieux par ailleurs - leur "rêve" prenait de plus en plus un air de réalité qui les inquiétait, ils s'assirent tous deux sur le lit, en tentant tant bien que mal de donner un semblant de sens à ce qui leur arrivait.

Marthe fut la première à sortir de cette sorte de torpeur.

     -"Debout, faisons le lit, avant qu'ils ne viennent nous chercher."

Elle se mit immédiatement à l'ouvrage, aidé par un Ghislain tellement maladroit qu'elle en éclata de rire.

Il lui sembla qu'il y avait près d'un siècle qu'il ne l'avait plus entendu rire - Dieu que cela lui faisait du bien ! -  Il l'embrassa tendrement, mais elle, d'un air légèrement agacé, l'écarta doucement, se dirigeant vers la porte qu'à sa grande surprise elle ouvrit, cette fois,  sans effort.

     -"Excuse-moi, j'ai besoin d'un peu de calme, j'ai la tête comme une citrouille, je passe un moment dans ma chambre ; si tu veux, nous pourrions fzire une promenade dzans le parc d'ici une bonne heure a moin, bien entendu, qu'ils nous convoquent abant."

Seul, Ghislain reprit sans conviction l'ouvrage de Gandhi. Il eut à peine le temps de l'ouvrir que la sonnerie du téléphone mural le secoua :

     -"Allo ! ici le frère des relations extérieures. Dans un quart d'heure, je passerai vous chercher pour poursuivre la préparation de votre mission. Pouvez-vous avoir l'amabilité de prévenir votre amie ?"

Ghislain n'eut pas le temps de répondre que déjà l'autre raccrochait. Il se rendit chez Marthe qu'il trouva en tgrain de "faire le ménage" un petit chiffon à la main.

     -"Marthe, je sais que notre petite promenade est en l'air. On va venir nous chercher pour une réunion, paraît-il, importante."

     -"Tu crois, chéri, qu'ils vont enfin nous juger dignes d'être mis au courant. J'ai tant envie de me rendre utile et de mériter ma réhabilitation."

     -"Crois-tu qu'ils nous rendront notre liberté, une fois que nous aurons réussi ?"

Manifestement tous deux étaient, semble-t-il, tout à fait "à point" pour servir de cobaye aux services spéciaux de l'organisation à un point tel qu'ils accueillirent chaleureusement leur frère instructeur venu avec le frère habituel.

Ils se rendirent dans la même salle audiovisuelle que la veille.

Dès qu'ils furent installés, l'animateur les convia à visionner un film qui avait pour but de leur présenter celui que,disait-il, depuis des années, sous le couvert de "spiritualisme oriental" ne cessait de discréditer les communautés vraiment soucieuses du Bien de l'Humanité.


Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com



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