Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Catégories

Archives

Publié par BALCHOY

Il se tourna vers sa compagne et la secoua sans brusquerie.

     -"Dis-donc, Marthe, t'as pas fini de roupiller ainsi ! Il est plus que temps  de te lever, le soleil nous chatouille déjà et sens-moi ce bon café et ces croissants qui ne demandent qu'à se laisser manger."

Plusieurs secondes s'écoulèrent avant que son amie n'entrouvre timidement un oeil en s'étirant langoureusement.

     -"Dis, Ghislain, vas-y mollo, je me sens vaseuse, comme si hier, nous avions fait la fête. Laisse-moi encore cinq minutes et puis nous déjeunerons ensemble.

Et elle referma les yeux aussitôt ; cinq minutes plus tard, elle était à nouveau profondément endormie.
Ghislain contempla avec émotion le visage tout calme de Marthe-Cholenka puis sa tendre poitrine qui, sous le baptiste, respirait doucement. Emu, il se pencha et déposa ses lèvres sur son coeur, puis, reprenant lelivre sur Gandhi, il le parcourut en diagonale à la recherche d'un passage qui l'avait intrigué l'autre jour.

A peine avait-il lu quelques lignes que le texte se fit flou... Il n'avait pas le temps de lire une phrase qu'il en perdait le fil au point d'être obligé de la relire pour réamorcer son esprit. Il avait l'impression d'être ivre bien qu'à jeun. Bientôt une migraine s'ajouta aux autres désagréments si forte que par moment il enserrait ses tempes de ses poings.

Mis à part, ces défaillances physiques, s'ajoutait une sentiment d'angoisse, un besoin exacerbé de protection.

Découragé, il rejeta le livre sur le lit et se leva pour jeter un coup d'oeil sur le parc. Mais, à peine debout, il vacilla et dut s'accrocher à une chaise pour ne pas tomber.

     -"Qu'est-ce ce qui t'arrive, Ghislain, veux-tu que je t'aide chéri !"

Se tournant avec peine vers sa compagne, cette fois bien réveillée, il tenta de lui expliquer ses malaises, mais de sa bouche ne sortirent que des gargouillis incompréhensibles. Furieux, il s'entêta mais plus il criait, plus inchoérent devenait son discours.

Marthe se précipita vers lui et le soutenant par les épaules, elle le reconduisit difficilement à son lit;

     -"Calme-toi, Ghislain, je vais appeler, ils ont sûrement un excellent médecin. Tu verras, dans quelques heures, tu seras en pleine forme."

Esquissant un sourire un peu forcé, il acquiesça d'un signe de tête et se laissa tomber sur les couvertures.

Marthe se précipita alors vers la porte qu'elle tenta en vain d'ouvrir. Furieuse, elle se mit à tambouriner en criant :

     -"Au secours ! Venez-vite, please, mon ami est souffrant. Dépêchez-vous, je vous en prie : "A l'aide".

Au bout d'une à deux minutes, elle dut bien se rendre à l'évidence. Personne ne l'entendait ou ne voulait l'entendre. Découragée, elle s'assit un instant et brusquement tout se mit à tournoyer violemment autour d'elle. Se tournant vers Ghislain, elle découvrit avec effroi qu'il avait perdu connaissance.

Consciente que le même sort l'attendait sans doute à brève échéance - Déjà son élocution devenait pâteuse - elle tenta le tout pour le tout et se leva pour rejoindre la porte, elle n'avait pas fait deux pas qu'elle s'étala de tout son long sur la moquette, heurtant au passage une chaise qui la blessa légèrement au cuir chevelu.

Une demi-heure, plus tard, un coup vigoureux ébranla la porte  qui s'ouvrit aussitôt, laissant passer le frère cuisinier poussant un chariot déjà bien rempli des restes de plusieurs petits-déjeuners. Découvrant Marthe gisant au sol, le visage ensanglanté, il s'agenouilla et lui saisit une main.

Rassuré partiellement par le tiédeur rencontrée, abandonnant sa vaisselle, il courut en hâte chercher du secours.

Très vite, il revint accompagné d'un frère en blouse blanche, le stéthoscope à la main, accompagné d'une soeur-infirmière.

Ils sont tous deux dans le cirage? Tu ne crois pas que soeur Eglantine, hier soir, a exagéré la dose ?

     -"Ne t'inquiète pas, reprit le "médecin", tu as raison, mais il n'y a pas péril en la demeure. L'important, c'est que tout évolue pour eux, comme nous l'espérions. Aide-moi à la recoucher sur le lit, je vais lui soigner cette plaie plus superficielle qu'il ne paraît au premier abord - les plaies à la tête effrayent toujours en saignant énormément - passe-moi une compresse et un peu de merchurochrome.

Quand il en eut fini avec Marthe, il se tourna vers Ghislain, lui observa le fond de l'oeil avec une petite lampe frontale, puis lui prit le pouls.

Tout va bien pour lui aussi. Je vais leur faire à tous deux une piqûre qui les remettra sur pieds d'ici une petite heure.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article