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Publié par BALCHOY

Quand la main de son ami atteignit enfin sa fleur secrète, Marthe se souleva brusquement et déboutonnant la chemise de son amant se mit à caresser tout à tour sa poitrine.

A partir de ce moment, ils ne se dirent plus une seule parole et pourtant leurs mains à tous deux exprimaient à merveille la tendresse partagée qu'ils se donnaient...

Ce fut elle qui, avec délicatesse, les poussa à se débarasser mutuellement de tous leurs vêtements pour en arriver à ce corps à corps où tous deux recherchaient une sorte de fusion totale.

Devenus bientôt "un" à travers une étreinte où, contrairement aux idées reçues, aucun ne domina l'autre ni se soumit à lui, ils parvinrent ensemble pour la première fois à une jouissance orgasmique.
Longtemps ensuite, ils demeurèrent, toujours soudés,  immobiles, savourant l'exquis d'une fusion qui se perpétuait en eux sous la forme de la plus douce des tendresses.

Puis, sans s'en rendre compte, ils s'assoupirent dans les bras l'un de l'autre.

Le petit matin les surprit, émerveillés de se retrouver ensemble dans une nudité qui leur sembla si naturelle et leur rappela toutes les joies vécues quelques heures plus tùôt. Ils s'embrassèrent avec une infinie reconnaissance, prirent ensemble une douche ponctuée de fou-rires et de caresses plus innocentes que provocantes en se promettant quoi qu'il arrive de vivre le restant de leur vie dans le prolongement de ce qui était né entre eux cette nuit merveilleuse.
Marthe eut tout juste le temps de regagner sa chambre avant que frère Roseau ne leur apporta à chacun un déjeuner aussi copieux que la veille. Après leur avoir souhaité un bon appétit, il s'éclipsa non sans les avoir conviés à une réunion importante à dix heures dans une salle contigüe aux appartements du Grand Maître.

Il avait à peine disparu que Ghislain, portant son plateau, frappait doucement à la porte de son amie pour s'installer à côté d'elle.

En dégustant de succulants croissants, tous deux se contemplaient avec un petit sourire où la tendresse cotoyait une complicité qui rendait les mots presqu'inutiles.

Etrange ! Ils ne ressentaient pour ainsi dire plus les signes cliniques de fatigue et de manque de confiance en eux, dont ils souffraient tant la veille, comme si leur nuit d'amour avait été comme un antidote efficace contre les drogues dont on les avait bourrées durant les jours précédents.

Mais ce sentiment de bien-être, pour efficace qu'il fût, ne leur avait pas rendu pour autant cet esprit critique et indépendant qui les caractérisaient tous deux avant leur passage à LA FLEUR DE LOTUS.

Après le repas, Marthe retourna en sa chambre, tandis que Ghislain lisait avec attention un ouvrage sur Gandhi qu'il avait trouvé sur le chevet de son lit.

Curieux !  Le Gandhi dont il était question dans les pages signées d'un écrivain inconnu, s'il avait bien la même date de naissance et était aussi assassiné par un fanatique en 1948, professait un pacifisme bien plus proche de l'idéologie de  LA FLEUR DE LOTIS que des conceptions qu'il avait lues autrefois dans les écrits personnels du Mahatma.

Autrefois, cette discordance lui aurait fait rejeter en bloc l'ouvrage qu'il tenait en mains. Aujourd'hui, ayant perdu, toute confiance en lui,  il se dit seulement que, peut-être, il avait mal interprété les pensées du pacifiste hindou.

Dix heures moins cinq, on allait venir les chercher pour leur donner enfin des précisions sur cette Mission dont on les abreuvait depuis plusieurs jours mais toujours dans le vague et le flou de généralités qui épaissisait leur avenir au lieu de l'éclairer.

De fait, deux coups discrets à la porte de Marthe d'abord, puis à la sienne et le frère Roseau vint les chercher pour les conduire à leur scéance de formation.

Elle avait lieu dans une salle de réunion dotées des derniers perfectionnements en matière d'audio-visuel : magnétoscope avec caméra, appareils de projection avec écran, minitels et téléphones sophistiqués. Une vaste table ovale, entourée de sièges design occupait le centre d ela pièce. Frère Roseau leur désigné deux fauteuils voisins et s'assit en face d'eux.

     -"Un instant de patience, s'il vous plait, notre frère chargé des relations extérieures va bientôt nous rejoindre pour nous présenter les grandes lignes de ce qui vous attend.
Je vous passerai ensuite une documentation précise sur le sujet grâce à un film tourné par l'un d'entre nous. Je vous demande pour l'instant de ne pas m'interrompre par des interrogations qui deviendront inutiles par la suite.
A la fin de la réunion, bien entendu, vous pourrez nous poser toutes les questions que vous voudrez."

Marthe et Ghislain se regardèrent d'un air perplexe. Enfin Ils allaient avoir un idée un peu précise de cette tâche qu'il leur fallait bien accomplir pour retrouver cette liberté dont ils savaient tous deux qu'elle s'identifiait à leur amour.

Tout de blanc vêtu, c'était la première fois qu'ils le voyaient sans ses habits civils, le frère chargé des relations extérieures arriva à son tour. D'un geste discret de la tête, il salua Marthe et Ghislain et s'assit résolument sur un siège légèrement plus élevé que les autres, réservé sans aucun doute à celui qui faisait fonction d'animateur de groupe.

     -"Mes chers amis, vous le savez, nous avons besoin de votre aide. Vous êtes venus chez nous pour nous nuire et nous aurions pu vous mettre définitivement hors d'état de nuire. Mais en notre communauté, chacun a droit à une deuxième chance et notre Vénéré Maître m'a chargé de vous transmettre votre mission : à vous de nous prouver que nous n'avons pas eu tort."
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