Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Catégories

Archives

Publié par BALCHOY


Ghislain n'en croyait pas ses yeux.
Tôt le  matin, un frère était brièvement passé pour lui transmettre l'invitation à déjeuner, ainsi que son amie, avec le grand Maître.
Il y a deux jours, il se voyait le pestiféré de la communauté et voilà qu'il allait déjeuner avec son plus haut responsable qu'il croyait, il y a peu, son pire ennemi et qui, plus est, accompagné de son amie qu'il avait cru perdue à jamais.

Décidément ses drôles de moines étaient moins mauvais et dangereux qu'il l'avait cru.

En passant par une antichambre meublée en bureau de réunion, ils entrèrent dans une salle à manger luxueuse ; une table ovale toute endimanchée les attendait.

Un chambellan, digne d'un "trois étoiles" s'inclina devant le Grand Maître, qui se présenta à eux comme le "Soleil Levant", ainsi que devant ses trois invités auquels s'était joint le frère responsable des relations extérieures.

Si la table était digne d'un palace, le repas servi ne dépassa cependant pas en qualité celui d'une honnête cantine d'entreprise.

Tout au long du dîner, le frère "Soleil Levant" les interrogea sur leur vie passée, les études qu'ils avaient suivies et leurs projets d'avenir.

Ils évoquèrent sans réticence les grandes étapes de leur passé - leur mémoire était intacte -  mais lorsqu'ils tentèrent de préciser comment ils envisageaient leur avenir, Marthe et Ghislain devinrent confus et contradictoires.

Certes ils gardaient souvenance de leurs projets passés mais ce qui leur semblait hier tout à fait réalisable était devenu dans leur esprit tourmenté et inquiet une aventure risquée à la limite de l'utopie.

Ayant perdu toute confiance en eux-mêmes, ils se tournèrent vers leurs interlocuteurs pour leur demander conseil et surtout approbation.

Si frère "Soleil Levant" demeura de marbre devant ces appels à peine camouflés, le frère Roseau leur proposa avec empressement son aide n'hésitant pas à mêler aux velléités de Marthe et Ghislain tout le positif que leur apporterait la réalisation du grand projet dont ils seraient bientôt les dépositaires.

Au moment du dessert, une impressionnante bombe glacée, le Grand Maître leva sollenellement son verre en l'honneur de ses deux hôtes qui allaient réaliser une avancée décisive dans l'avènement d'une humanité régénérée par l'esprit de la "Fleur de Lotus"

Ghislain et Marthe lui répondirent par un grand sourire comme s'ils acquiesçaient par avance à ce qu'on allait leur demander.

Presqu'aussitôt, le frère "Soleil Levant" s'éclipsa en compagnie du chargé des relations extérieures, les laissant avec le frère Roseau qui leur annonça que, vu leur coopération, il avait été décidé de leur octroyer deux chambres contigües dans le cadre de la préparation active de leur mission.

Il les conduisit alors à deux cellules voisines, situées à deux pas de l'appartement du Grand Maître.

Elles étaient bien mieux meublées que toutes celles qu'ils avaient pu voir jusqu'ici : un lit pour deux personnes, un sofa confortable, une table surmontée d'une TV ultra-moderne, une commode ainsi que deux chaises et un colin douche-toilette  séparé du reste de la pièce.

Le frère Roseau leur désigna le téléphone accroché au mur :

     -" Et si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à faire le "zéro". Nous ferons le maximum pour vous satisfaire.
Bonne chance, chers amis, je viendrai vous chercher demain matin pour vous donner des détails plus précis à propos de votre Mission.

Et il s'en alla, tandis que Ghislain et Marthe commençaient par faire chacun le tour de "propriétaire" de leur nouveau domaine.

Mais, bien vite, ils se retrouvèrent dans la chambre de Ghislain, s'enlacèrent affectueusement sur le sofa en se donnant moultes baisers qui, peu à peu, chassèrent tous leurs soucis tandis qu'en eux grandissait le désir d'une union plus intense encore.

Ils se levèrent, se serrant étroitement l'un contre l'autre et esquissèrent ainsi quelques pas de danse tandis que Ghislain fredonnait une berceuse de son enfance.

Même s'ils avaient voulu se cacher mutuellement la passion qui les dévorait, leur corps à tous deux se transmettaient sans honte leur émoi et sans se presser aucunement - ils avaient la nuit devant eux -  ils se dirigèrent vers le lit où ils se laissèrent tomber dans un immense éclat de rire.

Ghislain voulut enlever à Marthe son pull, mais, souriaant elle désirait avec ardeur.

Elle se hissa sur Ghislain et, un long moment,  ils se regardèrent en silence, découvrant chacun dans le regard de l'autre leur tendresse encore plus forte que la passion qui les soudait.

Puis, brusquement,  Ghislain se mit à lui réciter un de ses rares poèmes qu'il avait réussi à écrire.

Il y comparait sa bien-aimée à un cours d'eau tantôt fougeux et indomptable, tantôt mer étale et paisible où il avait envie de s'enfouir...

En écoutant son ami, Marthe le serra avec une force incroyable contre lle, puis quand il eut terminé, elle lui murmura à l'oreille un de ses textes préférés : "Jardin Secret", un merveilleux hymne à l'Amour.

Ghislain la remercia en lui embrassant tout doucement la longue chevelure qu'il dénoua, puis les yeux, le front, le nez et enfin la bouche qui s'ouvrit pour l'acceuillir.

Après un interminable baiser, sa main se glissa doucement à travers les vêtements de sa compagne pour en caresser les trésors encore cachés.

Cette fois, elle le laissa faire, sa main à elle, lui caressant tout doucement les joues.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article