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Publié par BALCHOY

C'est vrai que ce matin, il voyait d'un tout autre oeil les frères et soeurs qui, flottant dans leur longue robe vaguaient paisiblement à leurs activités. Pour un peu, il retrouvait l'atmosphère simple et harmonieuse de l'abbaye de Maredsous de son enfance, lorsqu'il allait visiter son oncle Dom Felix Reul.

Tout à coup, une sorte de procession jaillit du bâtiment où il se trouvait. En tête, le grand Maître, suivi de ses principaux assistants. Il tenait en mains à hauteur de son visage une sorte de gros livre relié, genre missel romain et lançait sporadiquement des incantations auxquelles les autres frères répondaient en entonnant un air d'inspiration orientale.

Ghislain se surprit à reprendre cette mélodie à laquelle pourtant il ne comprenait rien. Décidément, il avait fameusement changé depuis les dernières vingt-quatre heures.

C'est à ce moment-là qu'un nouvel arrivant, après avoir frappé discrètement sur  sa porte, se présenta.

Il était grand, très grand,  et souriant. Son visage intelligent laissait pourtant transparaître une nuance de ruse qui le gâtait. S'il portait la tunique réglementaire, on distinguait sans peine par dessous  un costume civil dont le pantalon dépassait nettement.

     -"Cher ami, excusez-nous de la façon, sans doute un peu cavalière dont vous avez été traité ces dernières vingt-quatre heures, mais avouez que vous avez un peu recherché ce qui vous est arrivé. Nous avons tellement d'ennemis que nous sommes obligés de nous défendre de ceux qui, au sein même de notre famille,  n'hésitent pas à tout tenter pour nous déstabiliser.
Si à présent, comme nous l'espérons, vous avez abandonné vos noirs desseins sur nous, je pense que vous retrouverez rapidement votre liberté et, si c'est aussi son désir, votre amie Marthe pourra vous suivre.
Cependant, pour témoigner de votre bonne volonté, nous avons un grand service à vous demander ainsi d'ailleurs qu'à elle.
Vous le verrez, il s'agit d'une démarche très simple qui vous permettra de réparer vos errements d'hier.
Vous pouvez, si vous le désirez, faire une petite promenade dans le parc avec soeur Ecarlate avant de recevoir ensemble sur cet écran des consignes précises concernant  votre mission."

Ghislain prit alors la parole  en s'étonnant lui-même de ses propos pourtant sincères :

     -"Merci, Mons...., pardon frère, je ferai mon possible pour être digne de la confiance que vous me témoignez. Vous pouvez compter sur moi."

     -"A la bonne heure, reprit, tout sourire, son interlocuteur, vous voici à présent pleinement raisonnable, ainsi d'ailleurs que votre compagne. Je suis sûr qu'avec elle votre Mission sera une réussite complète."

Et, tendant la main à Ghislain, il le quitta rapidement.
Quelques minutes plus tard, un main beaucoup plus timide frappa à la porte.

     -"Entrez, s'écria le biologiste namurois, dont le coeur battait la chamade."

Timidement, Marthe fit son apparition. Il fut tout de suite surpris par sa tenue civile : une petite robe à carreaux toute simple.

La jeune femme, sensiblement amaigrie, lui parut plus belle que jamais. Il se précipita vers elle et tous deux d'étreignirent longuement en silence.
Puis, bras dessus, bras dessous, ils se dirigèrent vers le parc dont ils entreprirent de faire le tour en admirant les magnifiques parterres ainsi que les pelouses dignes d'un parc anglais.

D'un commun accord discret, ils n'abordèrent aucun des problèmes qui expliquaient pourtant leur présence en ces lieux et les menaces qui pesaient sur eux.

Certes Ghislain se sentait tout autant fatigué que tout à l'heure mais la présence de son amie changeait du tout au tout ses perspectives d'avenir.

Avec son amie, il se sentait plus confiant, moins démuni pour ce rapprochement qu'il comptait opérer avec la communauté qui l'hébergeait jusqu'ici contre sa volonté.

Ce fut Marthe qui, au terme de leur balade, aborda de front leur situation :

     -"As-tu enfin compris, chéri, qu'il ne sert à rien de vouloir combattre nos hôtes. Il vont nous donner, j'en suis persuadée, l'occasion de racheter nos erreurs passées. Tu sais, un frère responsable me l'a encore confirmé hier soir, sitôt que nous aurons accompli la petite démarche qu'ils nlous demandent , nous seront libres soit de rester ici comme des frères, soit de retourner tous les deux dans lqa vie civile.

     -"D'accord, copine, je suis tout à fait d'accord de tenter de comprendre un peu mieux leur idéal en mettant de côté mes parti-prix passés et d'oeuvrer avec toi dans ce fameux projet dont ils ne cessent de nous parler sans jusqu'ici nous en donner la moindre idée."

Ils en restèrent là  et regagnèrent, la main dans la main la chambre de Ghislain. S'asseyant tous deux sur le lit, ils se blottirent l'un contre l'autre comme s'ils voulaient ainsi naïvement se protéger.

Bientôt, le frère, responsable des relations extérieures vint les rejoindre et leur demanda de suivre très attentivement un reportage video qui allait les "mettre au parfum".

Tous deux s'installèrent devant le petit écran, qui d'une façon tout à fait claire cette fois,  leur présenta  les différents mouvements qui en France défendaient l'idéologie pacifiste.
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