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Publié par BALCHOY

Ce matin sur France Inter Laurence Parisot, présidente du Médef remplaçait Ségolène Royale qui s'était désistée. Il a été question des super-salaires ou primes de licenciement. La présidente a justifié ces rémunérations exceptionnelles devenues parfois pharaoniques à partir de la performance justifiant ainsi celle de la P.D.G. du Printemps (2 500 000 €); de plus elle a repris le prétexte d'expatriation des meilleurs si on renonçait à ces rémunérations que pour ma part je juge démesurées.

Je n'insisterai pas ici sur le "chantage" à l'émigration de nos têtes pensantes.

Bien entendu l'excellence mérite d'être rétribuée mais de façon raisonnable. Je suis convaincu que parmi les grands chercheurs beaucoup aiment autant leur pays que les autres citoyens si pas plus et qu'ils se refuseront à cette forme d'incivisme qui est de s'expatrier pour gagner un salaire indécent ou échapper à un impôt de solidarité. Je pense que Pasteur aujourd'hui comme hier serait resté en France et que l'émigration de certains savants n'a pas toujours pour raison un problème financier. Ainsi ce grand chercheur spécialiste du Sida a été empêché de travailler en France à cause de son âge qui lui imposait de partir en retraite. Il est facile de remédier à ce genre de stupidité. 

Venons-en aux écarts de plus en plus importants pour ce qui concerne les rémunérations. En France et dans les pays voisins l'écart dans une firme de plusieurs milliers de travailleurs entre le salaire du P.D.G. et un modeste ouvrier était voisin de 15, aujourd'hui il est parfois plus que décuplé. Deux remarques à propos de cette évolution : les plus bas salaires en tout cas dans des grandes villes ne permettent plus toujours de mener une vie normale; ainsi à Paris des travailleurs sont contraints de vivre dans la rue s'ils veulent s'alimenter. En revanche certaines rémunérations ou primes de licenciement, y compris POUR ECHEC professionnels avoisinent un milliard d'anciens francs belges soit 25 millions d'euros ce qui manifestement dépasse de loin un budget familial très généreux à vie et même beaucoup plus. Je vous rappelle le cas d'une employée au Québec licenciée avec le salaire de 15 jours de travail soit moins de 250 €. Bien entendu les partisans du nouveau système de rémunération évitent soigneusement de rapprocher les valeurs maxi et mini des salaires et surtout de mettre en valeur comment les premiers conditionnent ou plutôt condamnent les seconds. Pour Laurence Parisot, le super-salaire se justifie en soi par la valeur (jugée par ses pairs) de sa performance, mais l'incapacité de certains travaux manuels même exceptionnels à faire vivre décemment leur auteur est certes regrettable pour elle mais sans aucun lien avec les fortunes accordées aux dirigeants. Je pense que c'est tout à fait erroné. Quand on sait quel part de la richesse nationale détient les 5% les plus riches et les 20% les plus pauvres, on comprend aisément qu'avec des salaires plus raisonnables pour nos dirigeants les revenus des plus démunis seraient plus confortables, on était il y a trente ans dans un rapport de 1 à 10, si on avait aujourd'hui 25 ou 20 au lieu du 100 souvent constaté, notre société serait plus équilibrée et surtout plus juste avec possibilité de récompenser les performances et les vraies responsabilités. Comme le disait le théologien Thomas d'Aquin, les biens de la terre appartiennent d'abord à la collectivité avant les individus et la propriété individuelle n'est légitime que si chaque homme dispose du nécessaire vital. Ce n'est sûrement pas vrai aujourd'hui au niveau national comme au niveau international.

Si comme le disait le philosophe italien, un homme crève de faim après avoir utilisé tous les moyens légaux pour manger, le pain dont il a un besoin vital qu'il trouve sur l'étal du boulanger est à lui et non au boulanger. Selon moi on peut extrapoler cette règle aux logements dans les cas où vivre dehors est une menace vitale immédiate. Ainsi le droit de squatter une maison vide est justifié l'hiver et nul ne peut s'y opposer sauf à fournir un toit assurant une vie humaine décente. Ces exigences furent formulées bien avant Marx et l'Eglise se garde bien de les formuler avec autant de sévérité que certaines obligations d'ordre rituel (messe dominicale), sacramentaires (refus du divorce) ou morales. Ce que Marx a démontré en plus c'est le lien de cause à effet entre la richesse démesurée et donc nécessairement injuste et mal acquise et la pauvreté-misère qui offense la dignité humaine. Une société sans l'exploitation de l'homme par l'homme ne connaîtra  ni fortune démesurée ni de misère, le capitalisme si loué par Madame Parisot en préconisant une réussite non seulement individuelle mais individualiste crée un monde où la division entre riches et pauvres est bétonnée  et où seule une partie de plus en plus petite de la population jouira d'un grand bien-être tandis que la majorité des femmes et des hommes survivront seulement tout en permettant, aliénés dans leur travail,  à la classe dirigeante une vie de gaspillage et de pillage de notre terre. C'est ici que la justice sociale rejoint une saine écologie impossible dans la lutte sauvage au profit du capitalisme. Dommage Madame Parisot que vous ayez volontairement ou non occulté le débat d'une justice sociale qui est celui de l'avenir de l'humanité et même de la survie de notre belle planète bleue.



Yvan Balchoy

balchoyyvan13@hotmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

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