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Publié par BALCHOY

Qu'y  trouve-t-on ? D'abord de très nombreux rapprochements entre le Prince et la personne du Christ.

     -"Trois amours dans le roman :
1° amour passionné et direct (Rogojine)
2° Amour par vanité (Gania)
3° Amour chrétien (Le Prince)"  (1)

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(1) Carnet de l'Idiot, page 857.
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Plus loin, l'allusion se fait plus claire encore. Par trois fois, se fait ce rapprochement immédiat : "Le Prince - Le Christ" (2)

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(2) Cf les carnets de l'Idiot, page 886, 889 et 905; dans l'un de ces passages, Dostoïevski calligraphie à la suite du nom divin ceux de plusieurs saints : "L'humble Hégoumène Zossima, Basile le Grand, Grégoire le Théologien, Jean Chrysostome, Saint Jean l'Evangéliste"
Dans une note du volume de l'édition : "La Pleïade" contenant l'Idiot, page 1352. Il ne s'agit sûrement pas d'identification. Dans ses carnets, l'écrivain condensait souvent en un minimum de mots sa pensée et ses intuitions.Nous ne pouvons donc affirmer avec certitude ce qu'il entendait exactement en ces passages. Ce pourrait être un simple discours du Prince sur le Christ. Les trois citations se situent dans le contexte immédiat des tromperies de Lébedev. Le prince y apparaît, nous le verrons, comme un homme qui refuse de juger et est prêt toujours à pardonner. Peut-être le mot "Christ" souligne-t-il simplement cette attitude si évangélique ?
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Dans la suite, l'évocation de l'Homme-Dieu se fait transparente : Lebedev, qui amorce, semble-t-il,  le curieux assemblage : Le Prince - Le Christ (3) applique à Mychkine cette maxime évangélique.

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(3) Carnets de l'Idiot, page 889
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     -"Ce qu'il a caché aux savants et aux sages, il l'a révélé aux enfants." (4)

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(4) Carnets de l'Idiot, page 893
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Enfin quelques textes rapprochent l'activité du Prince de la mission du Christ. Il est plein d'un amour pur, fidèle au doux rêve : "redresser et ressusciter l'homme." (5)

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(5) Carnets de l'Idiot, page 905
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Et pour conclure cet aperçu des carnets, ce texte capital "à la fin, "le Prince, son état paisible et solennel. Il a pardonné aux hommes." (6)

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(6)  Carnets de l'Idiot, page 923
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La rédaction définitive confirme la signification spirituelle donnée au personnage de Mychkine dans les carnets.

Au début du drame, le Prince revient de Suisse où il a subi un traitement pour mettre fin aux crises épileptiques dont il souffre. Orphelin, il ne connaît rien de l'existence et possède un maigre baluchon pour tout bien. Psychologiquement, c'est un enfant et il le restera toute sa vie. Sa première visite à Saint Pétersbourg est pour un vague parent, le général Epantchine, dont il espère quelques conseils au sujet de ses affaires personnelles.
A peine tiré de son isolement et introduit dans la bonne société, Mychkine se révèle inadapté au monde social ; il est tout à fait perdu dans son monde "idéal".

Ce qui frappe au premier abord chez lui, c'est sa bonté et sa pureté de coeur qui le rapproche singulièrement des enfants. (7)

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(7) Ce trait est toujours important chez Dostoïevski, car l'innocence des petits est pour lui révélatrice des valeurs spirituelles. "Aimer particulièrement les enfants, car eux-aussi sont sans péché, comme les anges ; ils existent pour toucher nos coeurs, les purifier, ils sont pour nous comme un signe" Les frères Karamazov, page 343.

     -"Ce qui est vrai, c'est que je n'aime pas la société des adultes, des hommes, des grandes personnes. Je suis toujours attiré par les enfants... J'éprouvais une sensation de bonheur extraordinaire, lorsque je les rencontrais. (8)

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(8) L'Idiot, page 91: en lisant ces lignes je ne puis m'empêcher de penser au "Petit Prince" de Saint Exupéry.
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