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Publié par BALCHOY

Avant qu'il n'ait eu le temps d'articuler la moindre parole, il se sentit empoigner sans ménagement, un bâillon s'écrasa sur ses lèvres et on le coucha sur son lit. Il sentit qu'on dégageait la manche droite de son pyjama, puis qu'on enfonçait une aiguille en son bras ; ce comme si une flamme lui brûlait une veine, il tenta en vain de replier ce bras maintenu immobile par deux poignées de fer. En dépit de l'obscurité, il eut l'impression qu'un feu d'artifice d'étoiles multicolores jaillissaient autour de lui puis tout s'éteignit.

"Tiens, comme c'est étrange !", il avait l'impression d'être entraîné dans un roulis incessant où la fenêtre dansait avec la porte de la petite pièce inconnue où il se retrouvait.
Se sentant incapable de sortir du lit, il tenta de reconnaître les lieux. Sa nouvelle chambre si petite soit-elle était une vraie pièce en dur mis à part une paroi vitrée qui donnait sur une autre chambre apparemment semblable.

Il avait de la peine à aligner deux idées un peu cohérentes et se contenta de détailler tant bien que mal sa nouvelle chambrette. La porte était fermée et l'unique fenêtre donnait sur le parc. Sur une petite table, une mini-télévision, au dessus de son lit un petit haut-parleur circulaire pour le moment muet comme la TV.

Ce simple examen sommaire de sa situation l'exténua et il retomba sur son lit à moitié inconscient. Il avait envie de dormir, mais ses vertiges incessants joint à une forte envie de vomir l'en empêchaient. Que se passait-il donc ? La veille il était en pleine forme; Était-ce une indigestion ?

Tandis qu'il tentait sans succès de remonter la pente, la porte s'ouvrit brusquement devant un frère - il portait la toge rituelle, mais son visage était masqué par une bande de tissu noir percé de deux petits trous pour les yeux. Sa voix dure et sans doute un peu camouflée ne lui rappela personne.

-"Alors, Monsieur Mignolet, comment vous sentez-vous ce matin ? Nous avons essayé de vous mettre en garde, mais vous avez persisté à vous mettre au travers de notre route et cela, nous ne pouvions l'accepter. Les enjeux sont trop importants et ce n'est pas un petit biologiste de rien du tout qui va nous empêcher d'oeuvrer pour une transformation en profondeur de la société humaine.
Je présume que vous vous sentez un peu vaseux ce matin, mais je vais vous rassurer de suite ; vous êtes encore très bien pour l'instant, mais grâce à un programme mi-psychologique, mi-médical que vous allez subir d'ici quelques jours, vous serez incapables de reconnaître votre mère ou vos enfants. En revanche, grâce à ce traitement, vous serez d'ici quelques jours totalement dévoués à notre cause ainsi que votre copine qui - je suis sùûr que vous en serez ravi -  sera votre collaboratrice pour le grand dessein que nous allons vous confier.

Ghislain s'étonna de rester si passif devant ce discours si agressif. Il ouvrit la bouche, mais dès qu'il voulut parler, il s'aperçut que de sa bouche sortaient des sons inchoérents et qu'il n'arrivait pas à retrouver ses mots.
En rage, il voulut se lever pour menacer son visiteur mais son corps, comme paralysé, ne lui obéit pas. Il était vraiment à la merci de ces salopards.
L'homme masqué le regarda, un méchant sourire aux lèvres, puis reprit la parole.

    -"Tu vois, Ghislain - ainsi il n'était plus question du frère Jacinthe - nous sommes les plus forts. Maintenant, c'est vrai, tu n'es pas très présentable, mais après quelques jours du traitement de choc que nous te préparons, tu sembleras au plus averti des psychologues un homme au summum de ses capacités physiques et psychiques alors que tu ne seras plus en fait qu'une marionnette programmée par nos soins. Avec ta copine Cholenka, vous ferez une fameuse paire sur qui nous comptons beaucoup !
Je vais à présent te faire écouter une émission de TV qui te fera le plus grand bien. Bonne chance, à tout à l'heure !"

Il alluma l'appareil relié sans doute à un magnétoscope et il quitta la pièce sans un mot. Ghislain remarqua qu'il fermait la porte à clef.

A sa grande surprise, le programme diffusé sur l'écran faisait penser à une suite de tableaux abstraits, genre cubiques très colorés. Le commentaire sonore ne comportait que de courtes maximes martelées et répétées du genre :

-"Le mal social absolu, c'est la volonté moderne de laisser choisir chaque individu, au nom de sa conscience,  ce qu'est le bien et ce qu'est le mal."

-"La violence au service du Bien est aussi légitime que la non violence qui est parfois l'arme des lâches."

Au début, tout fatigué qu'il était, Ghislain réagissait négativement à ce qu'il entendait, mais peu à peu, las et epuisé, il demeura passif devant ce matraquage audiovisuel.
A un point tel qu'il réagit à peine à l'entrée dans sa chambre de trois individus masqués qui, sans un mot, lui tendirent quelques comprimés à avaler. Il reserra les dents pour rejeter ce cadeau sûrement empoisonné, mais comment résister durablement à la force de deux malabars qui forçaient ses machoires. Puis, on lui releva la manche droite pour lui inoculer un liquide coloré.

L'effet conjugué de ces drogues fut immédiat ; il eut l'impression que ce qui se passait tout à l'heure sur l'écran, avait passé aussitôt en son cerveau. Une explosion insoutenable de couleurs violentes dans un boucan d'enfer lui donna l'impression d'une sorte de naufrage de son esprit. Au bout de deux à trois minutes, il s'effondra à nouveau inconscient.


Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com

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