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Publié par BALCHOY

-"Qu'est-ce que la souffrance ? Je ne la crains pas, fût-elle infinie, alors que jadis, je la craignais... Avec la force que je sens en moi, je me crois en état de surmonter toutes les souffrances, pourvu que je puisse me dire à chaque instant : je vis ! Dans les tourments, crispé par la torture, je suis ! Attaché au pilori, j'existe encore, je vois le soleil, et si je ne le vois pas, je sais qu'il luit et savoir cela, c'est déjà toute la vie." (1)
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(1) Les frères Karamazov,  page 620 ; cette  hymne passionné à la vie a une saveur autobiographique indiscutable, ainsi qu'il ressort de la lettre que l'écrivain adresse à son frère Michel, le soir de sa pseudo-exécution. " Quand je regarde le passé et que je pense combien il a été gaspillé de temps perdu pour rien, combien il en a été perdu en errements, en erreurs, en paresse, en maladresse, à vivre ;  combien je l'appréciais peu, que de fois j'ai péché contre mon coeur et mon esprit, alors que mon coeur saigne... La vie, c'est un cadeau, la vie, c'est le bonheur, chaque minute pourrait être une éternité de bonheur ... Si jeunesse savait. Maintenant, en changeant de vie, je renais sous une forme neuve. Frère ! Je te jure que je ne perdrai pas l'espoir et garderai pur mon esprit et mon coeur. Je renaîtrai meilleur. Voilà toute mon espérance." (Correspondance de Dostoïevski, lettre 58 à son frère Michel, tome I de l'édition française 22/12/1849.  Dans le récit de cette scène, que donne le prince Mychkine dans l'Idiot, on retrouve la même espérance en la vie : "Si je pouvais ne pas mourir ! Si la vie m'était rendue ! Quelle éternité s'ouvrirait devant moi ! Je transformerais chaque minute en siècle de vie." (L'Idiot page 72.  Cf cette étude, page
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Raskolnikov lui aussi fait une expérience similaire. Le voilà débarassé désormais de ces idées logiques et rationnelles qui l'avaient précipité à sa perte.

-""Au raisonnement s'était substitué la vie ; son esprit devait être régénéré de même." (2)

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(2) Crime et châtiment, page 612
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Entraîné dans le grand courant de la vie, Rodion jete un regard neuf  sur le monde autrefois haï par lui. En  décrivant les sensations d'admiration de Dmitri et de Raskolnikov, Dostoïevski s'est rappelé son enthousiasme de jeunesse pour Schiller ; aussi associe-t-il à cette admiration de la vie, la joie cosmique elle-même :

-"Nous ressusciterons à la Joie sans laquelle l'homme ne peut vivre ni Dieu exister, car c'est lui qui la donne, car tel est son privilège. (3)

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(3) Les frères Karamazov, page 620
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La joie, perception intérieure de l'harmonie cosmique et de son intégration en elle, conduit tout droit à Celui qui en est la source éternelle et infinie ; elle exprime bien la plénitude de l'être se saisissant dans l'harmonie supérieure.
Aussi ne doit-on pas s'étonner de voir Rodion Raskolnikov, sitôt après s'être renouvelé intérieurement, porter spontanément son attention à l'évangile qui traînait depuis si longtemps à son chevet. L'amour qu'il éprouve pour Sonia l'encourage d'ailleurs à communier à sa foi :

-"Sa foi, pourrait-elle ne pas être la mienne à présent ? Ou tout au moins ses sentiments, ses tendances en nous ne seront-ils pas communs ?" (4)

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(4) Crime et châtiment, page 613
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Tout n'est certes pas accompli avant de connaître en plénitude cette vie nouvelle. Le jeune homme aura encore à supporter de longs efforts héroïques. Mais l'essentiel est accompli ; le voici engagé sur la voie du Christ . Il n'a plus qu'à le suivre et l'idéal du Christ, devenant réalité en lui, fera grandir cette force invaincible et cet amour qui répond si parfaitement aux aspirations de son coeur.

Une leçon identique se dégage du récit de Raskolnikov et de Dmitri Karamazov. La renaissance spirituelle de l'homme n'est possible que grâce à la présence dans le coeur de l'homme du Dieu vivant qui vient y introduire une forme d'existence supra-terrestre.

Cette vie, venue d'en haut, conduit nécessairement à Celui qui nous l'a révélée, le Christ. C'est grâce à Lui, idéal commun de tous, que l'homme peut échapper à l'isolement destructeur en accédant au véritable Amour qui le fait communier à ses frères et le libère de toutes les nécessités qui le rendaient malheureux. L'amour permet à l'homme de réaliser son aspiration profonde à la liberté totale, source d'une joie capable de survivre aux heurts et malheurs de cette vie.


Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
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