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Publié par BALCHOY



Imaginez-vous. Vous vivez en un quartier sympa de Bruxelles  dans un bel appartement où vous coulez des jours tranquilles et heureux. En dessous de chez vous, depuis plus de dix ans, il y a un magasin de produits de beauté mais la cohabitation avec lui se passe  bien.

Il y a quelques années, changement de magasin. Une enseigne célèbre par un fauve rugissant remplace la boutique beauté  par un magasin d'alimentation et ainsi les cauchemars pleuvent sur S. mon amie.
Tout d'abord les travaux de réalisation  du fond de commerce se font avec énormément de bruit, de tremblement : construction d'un monte-charge, marteau piqueur etc... etc...
 La firme n'a pas la politesse de contacter les locataires dérangés pour les mettre au courant de la nature et de la durée des travaux projetés.

De plus sur le toit plat qui surmonte le magasin toute une machinerie volumineuse et laide vient gâcher la vue des locataires et tout spécialement celle de mon amie qui habite au raz de ce toit. (Voir les photos ci-dessus)

Depuis ces travaux d'aménagement, quelques années ont passé et S.a vu jour après jour, son logement, sa santé et tout simplement sa vie empirer. Non seulement durant la journée, en particulier de grand matin à partir de 6 heures, le bruit du monte-charge, même après des travaux  d'isolation, les claquements des chariots et autres clarks,  le bruit aussi des nombreux frigos, une turbine qui de façon erratique se met en branle à toute heure du jour et de la nuit sans parler souvent de grand matin les camions qui livrent la marchandise. En même temps en divers endroits des fissures disgracieuses et inquiétantes se dessinent sur les murs.


Au départ, l'ensemble des locataires a entamé une procédure judiciaire contre la firme en question qui a effectué  ou prétend avoir effectué un certain nombre d'aménagements qui n'ont pas suffi, et de loin, à dissiper les nuisances subies par la propriétaire de l'appartement situé juste au-dessus du magasin.

 Un jour un employé du magasin l'a même traité d'enquiquineuse avec colère et mépris ; manifestement,  sa résistance  ne plaît pas à la firme ni à son personnel.
Comme c'est souvent le cas,  les litiges entre des entreprises importantes voire multinationales et un simple particulier sont conformes au fameux adage "pot de terre contre pot de fer."
A certaines réunions de copropriété ou de conciliation des menaces auraient  même été  suggérées à demi-mots du genre : "Nous pourrions faire durer la procédure des dizaines d'années jusqu'à ce que vous soyez obligés d'arrêter faute de fonds."
 Bien entendu rien d'officiel  ni d'écrit dans ces menaces voilées.

Il n'est donc pas étonnant que peu à peu les locataires moins soumis au nuisances que l'appartement contigu au magasin se soient désisté. Aujourd'hui mon amie se trouve seule en ce conflit avec toujours les mêmes nuisances à peine estompées devant une entreprise plus hostile que jamais.

Un expert a été nommé pour résoudre ce litige mais, pour avoir lu ses premières conclusions, j'avoue que je ne suis guère optimiste concernant le suite de l'affaire. 

Une nouvelle accusation, née on ne sait d'où, mais reprise en tout cas par le magasin accuse aujourd'hui mon amie d'entendre de jour et de nuit des bruits qui n'existeraient que dans sa tête, à savoir ce qu'on appelle en médecin des "acouphènes",  bruits imaginaires se créant dans le cerveau à partir de déficience dans l'oreille interne.






Tout récemment, S. a fait appel à une émission d'une chaîne de télévision belge traitant  de plaintes entre particuliers ou sociétés.
J'ai vu cette émission qui décrit très bien, j'ai envie de dire trop bien, son  drame tant le portrait qui est offert de mon amie, se levant péniblement le matin, devant une quantité énorme de médicaments me semble un peu "misérabiliste".
Les lieux sont bien décrits au dessus et dans le magasin mais bien entendu sans aucun bruit sans aucune autre preuve du bruit que les affirmations de la victime.
Lorsque l'émission, comme c'est la règle, donne la parole à la firme, l'hypothèse  mise d'abord en évidence  par la représentante de la firme est celle des acouphènes, assertion sans preuve ; il est même question d'une hypertension qui n'existe pas.
La firme détaille aussi quelques travaux qui ont été fait ou auraient été fait. A vérifier !  Mais en cette matière, seul le résultat compte à savoir une isolation respectant la tranquillité du propriétaire. Il n'en n'est rien.

Pour avoir logé une nuit chez elle, une nuit qualifiée par la propriétaire, de modérée, j'ai pu vérifié que cette isolation laisse beaucoup à désirer.
Ces famaux "acouphènes" cités par Delhaise à la TV, je les ai entendus et c'est la preuve évidente que ce qui sont imaginaires et erronées ce sont les assertions de la firme.
C'est ainsi qu'un  samedi matin, vers 6h, logeant en sa chambre d'ami, j'ai eu tout à tout l'impression d'un violent orage ou de me trouver dans la salle de machine d'un bateau alors pourtant que le ciel était tout sec  et la rue paisible.
Cette histoire,  qui se renouvelle presque quotidiennement, montre à loisir le peu de respect que ce genre d'établissement accorde à des personnes perturbées par leur exploitation commerciale.
Rien de surprenant à cela. Nous vivons dans le capitalisme c'est à dire la recherche forcenée du profit qui est la vraie religion, le vrai dieu du monde des affaires. 
Le propriétaire du fond de commerce qui agresse S. semble croire que pour gagner plus d'argent il a tous les droits y compris celui de pourrir la vie de gens qu'il est venu agresser dans leur vie quotidienne.

Il est évident qu'un être humain, une femme ici dans son appartement, est quantité négligeable pour ces multinationales qui se donnent tous les droits et qui grâce à  leur l'argent, trop souvent obtiennent satisfaction auprès d'une justice qui hélas, qu'elle le veuille ou non, quelle le sache ou non fait  souvent aussi partie du système.

Certes, je ne peux qu'encourager mon amie à continuer ce dur combat qui lui a déjà coûté plus de dix mille euros ce qui est beaucoup pour elle, une paille pour son adversaire. Même si le pot de terre gagne très rarement contre le pot de fer, j'espère que cette fois ce sera une  remake de l'histoire de David triomphant de Goliath. Ce serait chouette !

Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com
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