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Publié par BALCHOY

 

 

 

 

Or ce monde lui apparaît  vicié irrémédiablement par la présence en lui de l’absurde, symbolisé surtout par la souffrance.

 

         -« Je voulais seulement te placer à mon point de vue. Je voulais parler des souffrances de l’humanité en général, mais il vaut mieux se borner à la souffrance des enfants… Tu aimes les enfants, Aliocha ?  Je sais que tu les aimes et tu comprends pourquoi je ne veux parler que d’eux. Ils souffrent beaucoup, eux aussi ; sans doute, c’est pour expier la faute de leur père qui ont magé le fruit : mais c’est le raisonnement d’un autre monde, incompréhensible au cœur humain ici-bas. Un innocent ne saurait souffrir pour un autre, surtout un petit être. » (1)

 

(1) Les frères Karamazov, page 257-258.

 

On dit parfois que la souffrance est le prix de la connaissance du bien et du mal et donc de la grandeur de l’homme. Yvan n’a que faire d’une connaissance si onéreuse. « Toute la science du monde ne vaut pas les larmes d’un enfant. » (2) La religion dit bien qu’ils portent le poids du péché de leur père en vertu d’une mystérieuse solidarité, mais c’est là un raisonnement abstrait, valable peut-être sdans un autre monde, mais inacceptable pour l’esprit humain, car pour Yvan chaque $être doit trouver sa justification au niveau où il se situe (3)

 

(2)     Les Frères Karamazov, page 265

(3)     Les Frères Karamazov, page 256-258

 

La souffrance innocente est un fait irréparable. La fameuse harmonie future, annoncée par toutes les religions justifie peut-être la souffrance des adultes mais elle est inopérante au regard de celle des enfants. Celle-ci est inscrite pour l’éternité comme un scandale intolérable que rien ne compensera jamais ni personne. (4)

 

(4)     Biélinsky avait tenu des propos assez semblables pour critiquer l’hégélianisme, qui l’a pourtant un moment séduit. Etant donné les relations étroites qu’il eut avec Dostoïevski au début de sa carrière littéraire, il me paraît intéressant de noter ici le texte du critique : « Le destin du sujet, de l’individu, de la personne est plus important que celui du monde entier… Egor Fédérovitch (N.D.L.R. son correspondant) j’ai l’honneur de vous annoncer avec tout le respect qui revient à votre suffisance philosophique, que moi-même, si j’avais réussi à me hisser au degré suprême de l’échelle de l’évolution, même là, je vous aurais demandé des comptes pour toutes les victimes du hasard et de la superstition, de l’inquisition, de Philippe II etc.

 

Sinon, je me jette de ce degré&, la tête la première. Je ne veux pas de ce bonheur, même gratuitement si je n’ai aucune sécurité pour chacun de mes frères de sang qui sont chair de ma chair et sang de mon sang. On dit que la disharmonie est la condition de l’harmonie ; c’est peut-être très favorable et agréable pour le mélomane, mais certainement pas pour ceux qui à leur compte doivent exprimer l’idée de la disharmonie. » (Lettre de Biélinski à Botkine du 1/3/1841. Il suffit de remplacer cette critique de l’idée par celle de Dieu pour trouver l’essence de la révolte d’Yvan. Cf. A. KOYRE, loc. cit. Page 160

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Yvan Balchoy

balchoyyvan13@hotmail.com

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