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Publié par BALCHOY

 

 

Les rayons de soleil dansaient joyeusement entre la commode et la grande penderie de la chambre à coucher. La journée promettait d’être belle : encore au lit, Ria et Ghislain goûtaient les joies de la grasse matinée.

Dans son demi-sommeil, le papa de Gisèle et de François revivait son entrevue d’hier avec Marthe et imaginait déjà sa prochaine rencontre avec elle.

Brusquement un coup de sonnette le ramena à la réalité. Il jeta un coup d’œil rapide à sa montre : huit heures trente. Qui pouvait bien venir les visiter de si grand matin ; en maugréant, il se leva, enfila sa robe de chambre grenat et se hâta vers la porte d’entrée qu’il ouvrit brutalement en se péchant à droite, puis à gauche pour tenter de débusquer ses « fichus gamins » qui, croyait-il,  s’amusaient à, réveiller les gens ce samedi matin. Mais il ne vit personne et apparemment il était le seul dans la rue à avoir subi pareille mésaventure.

Il referma donc sa porte et s’apprêta à retourner se coucher lorsqu’il remarqua la feuille de papier chiffonnée dans la boîte aux lettres. Il s’en empara pour le flanquer à la poubelle.

Par acquis de conscience, il jeta un œil sur cette « sale publicité ». Ce n’en n’était pas une ou alors elle était du plus mauvais goût.

Il avait dans les mains une page d’un cahier d’écolier sur lequel on avait simplement écrit en grosses lettres rouges majuscules : « MARTHE ? »

Que lui voulait-on donc ? Heureusement qu’il s’était levé le premier ce matin-là. Ria se serait peut-être posé des questions ! Il n’en demeurait pas moins que ce message sibyllin était lourd de menaces pour l’avenir. Il allait devoir se battre !

 

Il déchiqueta la feuille et la jeta dans l’égout qui jouxtait la maison.

Du coup, il ne retourna pas au lit, mais s’en alla à la cuisine préparer le déjeuner ; en réchauffant le lait, il lui vint à l’idée d’apporter à Ria son café au lit. Cela faisait bien des années que ça ne leur était plus arrivé.

En lui apportant son bol et ses toasts à la confiture. Ghislain se sentit aussi heureux que ne le serait son épouse en découvrant son attention.

Il comprit alors qu’en recherchant Marthe, il obéissait aux impulsions de la vie plus qu’il ne cédait à une déception.

Il aimait Marthe et chérissait ses deux enfants ; pourtant, compte-tenu des impératifs et des tabous sociaux, il en était bien conscient, l’élan passionné qui le poussait vers la jeune artiste menaçait son petit bonheur de père tranquille.

Dans une vie, on peut certes aimer plusieurs fois, mais est-il possible de vivre deux authentiques amours dans le même temps ? Oui, pensait-il en aimant autrement ce qui ne signifie ni moins ni plus mais différemment.

Son amour pour Ria, aussi fort soit-il, était incapable de détruire cet autre amour fait de passion et d’admiration que lui inspirait la personnalité de Marthe. Il ne voulait pas choisir, mais savait déjà dans le fond de son cœur qu’il se déciderait un jour ou plutôt que la vie l’obligerait à choisir entre la fidélité au passé et sa volonté de mener sa vie d’homme jusqu’à ses dernières limites.

(à suivre)
Yvan Balchoy
balchoy@belgacom.net


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