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Publié par BALCHOY

Suffit pour aujourd’hui. J’ai beaucoup apprécié ta réponse et j’aimerais, un autre jour, te reparler de tout cela.

Décris-moi à présent ton travail et les satisfactions que tu y trouves.

En tentant d’expliquer à sa nouvelle ( ?) amie l’importance de ses recherches concernant le remplacement dans les pays du Tiers-Monde des insecticides dangereux pour la santé des populations par l’utilisation d’insectes ou de produits naturels s’attaquant aux ennemis des cultures. Ghislain, en s’entendant, eut l’impression de  retrouver vingt ans plus tôt  le jeune diplômé en biologie, si passionné par ses recherches et si convaincu de l’utilité de ses expériences.

La lourdeur administrative de l’Institut, les restrictions budgétaires pour raison d’économie, avaient peu à peu desséché l’enthousiasme militant des premières années. Certes il continuait à mener ses expériences du mieux qu’il pouvait, mais le feu sacré avait disparu.

Au début, il regardait avec un peu de mépris ses collègues plus âgées ; il se rendait compte à présent que la pesanteur, qui peu à peu les avait minés de l’intérieur, s’attaquait à lui aussi.

Il y avait plus de vingt minutes que le biologiste namurois contait ses illusions et désillusions ; son amie l’écoutait, sans mot dire ; mais la tendresse qu’il lisait dans son regard était tellement chaleureuse qu’il avait envie de se dire intégralement, de mettre à nu tous ses secrets avouables ou non, sentant que dans le cœur de cette femme il trouverait la force salvatrice qui le sortirait de l’ornière.

Huit heures moins le quart déjà ! Les serveurs du restaurant commençaient à ranger les tables autour d’eux, comme pour les inciter à terminer.

Brusquement, profitant d’un instant de silence de Ghislain, Marthe se leva, endossa son manteau et lui tendit les mains :

 

            -« Pardonne-moi, ami, il faut que je te quitte, ce soir. Je voudrais reprendre en détail tout ce que tu m’as dit et te reparler de mes projets. Je te promets que nous nous reverrons sans doute à Liège. N’appelle plus ma copine, nous sommes en froid pour l’instant. Je te rappellerai très bientôt.

Ils s’avancèrent l’un vers l’autre et Ghislain voulut embrasser cette fois Marthe qui, souriante, ne se déroba point ; tous deux tendirent leur joue mais grâce à une heureuse double maladresse, ce furent leurs lèvres qui s’effleurèrent et tous deux sentirent à ce moment-là qu’une nouvelle page de leur vie venait de s’ouvrir. 



( à suivre)
Yvan Balchoy
balchoy@belgacom.net

 

 

           

 

 

 

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