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Publié par YVAN BALCHOY

MR SOULEYMAN - ... ambulance
MR SOULEYMAN - ... ambulance

MR SOULEYMAN - ... ambulance

Victime de la BRAV-M, Souleyman de nouveau interpellé et sali à la télé

Pendant tout le week-end, cet étudiant tchadien, victime d’insultes racistes et de coups de cette unité policière, a été accusé d’avoir commis des dégradations en marge d’une manifestation. Il a été relâché sans poursuite ce dimanche et le compte-rendu de sa garde à vue balaie la version des syndicats de police.

David Perrotin (MEDIAPART)

16 avril 2023 à 20h54

Salir une victime de violences policières tout un week-end. Certains syndicats de police et quelques médias n’ont pas attendu le temps de l’enquête pour accuser Souleyman A., 23 ans, d’avoir participé à un incendie de poubelles vendredi, après la décision du Conseil constitutionnel, en marge d’une manifestation place de la Concorde, à Paris.

« Selon nos informations, Souleyman A. et deux autres étudiants de 19 ans ont été interpellés en flagrant délit par des policiers en civil, peu avant 22 heures, près de la place de la Concorde à Paris. Équipés de gel hydroalcoolique, d’un briquet et pour certains de cagoules, ils ont informé les policiers en civil – qu’ils ont pris pour d’autres fauteurs de troubles – qu’ils voulaient mettre le feu à des poubelles dans une ruelle », écrivait Le Figaro samedi.

Le quotidien ne s’embarrassait pas du conditionnel dans les lignes suivantes : « Les trois étudiants ont tenté d’allumer un premier feu de poubelle à la sortie de la station de métro Concorde, avant de se rétracter et de se diriger vers la rue du Chevalier de Saint-Georges, à l’abri des regards. »
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Le syndicaliste policier Jean-Christophe Couvy réagit à l’interpellation de Souleyman sur BFM TV. © Capture d’écran

Selon le quotidien, les deux manifestants auraient alors allumé un feu plus loin pendant que Souleyman « faisait le guet ». D’après nos informations pourtant, confirmées par le parquet de Paris, l’étudiant a été relâché sans aucune poursuite : « En ce qui le concerne, la procédure a été classée sans suite au motif que l’infraction n’était pas suffisamment caractérisée. »
Les mensonges des syndicats...

S’agissant des deux autres mis en cause, l’un est déféré en vue d’une comparution immédiate pour « dégradation par incendie » et l’autre sera présenté au délégué du procureur pour une alternative aux poursuites pour « participation à un groupement en vue de commettre des dégradations ».
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Souleyman, justement, n’est pas n’importe qui. Comme l’avait révélé Le Monde, Loopsider et Mediapart, ce jeune étudiant tchadien avait été interpellé lundi 20 mars, près de la place de la Bastille, rue de Béarn, dans le IIIe arrondissement de Paris. Dans un enregistrement que nous révélions, on pouvait entendre les policiers de la BRAV-M, sous le coup d’une enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) depuis, tenir des propos racistes, lui infliger deux gifles et menacer de le retrouver chez lui pour le frapper.

Cette fois, les syndicats de police se sont précipités pour discréditer Souleyman et ainsi réhabiliter les agents de la BRAV-M, malgré l’enregistrement accablant. « Pour @BFMTV @libe @Loopsidernews… qui ont présenté cet individu comme une victime sans lien avec les activistes violents. À ceux ayant privé de droit de réponse nos collègues de la BRAV-M. Ce provocateur et ses copains anar’ sont en GAV pour destruction par le feu la nuit dernière », a ainsi tweeté la syndicaliste Linda Kebbab, balayant ainsi toute présomption d’innocence.

« Souleyman, l’étudiant tchadien propulsé en Une du NYTimes, auteur de l’enregistrement incriminant des policiers de la BRAV-M, a été interpellé hier soir après avoir indiqué à des inconnus (en réalité, des policiers en civil) qu’il voulait mettre le feu à des poubelles », ajoutait un journaliste de CNews. « #Souleyman, le #manifestant qui avait accusé la #BRAVM d’“agression sexuelle” et de “propos racistes” lors d’une interpellation a été arrêté à #Paris dans le 8e, un briquet à la main, avec 2 individus qui voulaient incendier des #poubelles », pouvait-on ensuite lire sur Twitter.

Sur BFMTV, Jean-Christophe Couvy, du syndicat Unité SGP Police-FO, enfonçait le clou en affirmant que le groupe dont Souleyman faisait partie avait « mis le feu aux poubelles », avant d’être interpellé en flagrant délit pour une affaire supposée déjà « ficelée ».

Il foulait même un peu plus la présomption d’innocence en accusant l’étudiant de récidive : « Une fois le 20 mars, ça peut être du hasard, puisque a priori monsieur Souleyman A. était juste un quidam qui était passé. C’est ce qu’avait dit d’ailleurs Loopsider, que c’était la personne innocente même. Là, le 14 avril, ça fait la deuxième fois, donc ça devient une habitude. C’est plus un hasard. »
... et le compte-rendu de sa garde à vue

D’après le compte-rendu de l’audition de sa garde à vue que s’est procuré Mediapart, Souleyman n’a jamais été accusé d’avoir incendié des poubelles et n’est jamais présenté comme porteur de briquet, de gel ou de cagoule. Les officiers de police judiciaire ont même présenté une vidéo à Souleyman lors de cette garde à vue, montrant qu’il n'avait pas incendié des poubelles.

    Les syndicats de police ont ensuite procédé à une véritable instrumentalisation de la procédure à des fins politiques.

Arié Alimi, avocat de Souleyman A.

« Représentons à monsieur Souleyman une vidéo où l’on voit deux personnes, dont l’une qui met le feu à une poubelle. Connaissez-vous les deux personnes présentes sur cette vidéo ? », interroge le policier. « Non, je ne les connais pas du tout », répond alors Souleyman, qui accepte ensuite de livrer les codes de déverrouillage de son téléphone portable. « Exploitons le téléphone et ne découvrons aucun élément qui puisse intéresser notre enquête », précisent ensuite les enquêteurs.

Sollicité par Mediapart à l’issue de sa garde à vue, vers 19 h 30, l’étudiant dément avoir participé à ces incendies et avoir « fait le guet ». « J’allais manifester et lorsque je suis sorti du métro, des hommes sont venus me voir pour me dire de les suivre et de brûler des trucs. J’ai immédiatement refusé », témoigne-t-il. « Ils sont revenus quelques minutes après et ils se sont présentés comme des policiers. Ils m’ont interpellé en m’accusant d’avoir commis des dégradations », accuse Souleyman, « épuisé après presque 48 heures de garde à vue ».

Également sollicité par Mediapart, son avocat, Me Arié Alimi, estime « probable » que les policiers aient incité Souleyman à commettre une infraction et « aient même participé ».

« Lors de la garde à vue, la vidéo montrant l’incendie des poubelles a été prise de très près, à quelques mètres, et laisse penser qu’il s’agissait plus d’une simple infiltration policière », explique le conseil. « Nous avons demandé que la vidéosurveillance de la ville soit exploitée et nous ferons tout pour savoir exactement quel a été le rôle des policiers qui ont interpellé mon client. »

Me Alimi dénonce aussi le traitement de certains médias et la communications des syndicats de police : « Il était à peine interpellé que Le Figaro avait dans le détail les éléments de la procédure. Les syndicats de police ont ensuite procédé à une véritable instrumentalisation de la procédure à des fins politiques, comme ils ont trop l’habitude de le faire. »

Trois heures après la publication de cet article dimanche, à 23h48, un bandeau de BFMTV annonçait encore à tort, mais selon « des sources concordantes » : « L'homme qui avait dénoncé les violences et les insultes de la Brav-M a été interpellé vendredi. L'homme interpellé tentait de mettre le feu à une poubelle vendredi en marge d'une manifestation parisienne. »

David Perrotin


https://www.mediapart.fr/journal/france/160423/victime-de-la-brav-m-souleyman-de-nouveau-interpelle-et-sali-la-tele

NOTE D'YVAN BALCHOY ECRITE AVANT QUE L'ETUDIANT DEUX FOIS ARRETE AIT ETE RELACHE DIMANCHE; IL SERAIT JUSTE QUE LA PRESSE-LARBIN DE DROITE, genre FIGARO, CNEWS BFMTL  ETC... ETC... PRESENTE SES EXCUSES A MR SOULEYMAN.

A propos d'un étudiant arrête deux  par la police.

Je pense  plutôt que l’étudiant Tchadien injurié il y a quelques jours par des policiers racistes, nous l'avons tous entendu,  victime peut-être  d'une vengeance de policiers. Je ne crois pas a cette sortie de métro ou notre étudiant révèle  stupidement a 2 policiers en civil avec  brassard son  intention de mettre le feu a des poubelles.  La ficelle me parait un peu grosse.
En tout cas, s'il est prouve que les policiers ont menti qu'ils retournent a la vie civile.

Si le jeune a menti, qu'il soit puni pour ce qu'il a fait, beaucoup moins grave que des injures racistes indignes d'un policier.
Comme beaucoup, j'ai été étonne par la trop longue retenue d'une vingtaine de jeunes par des policiers énervés et je crois que monsieur Soleyman faisait partie de cette nasse douteuse et l'expliquait. (YB)

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