Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par YVAN BALCHOY

5/06/22/ JE ME SENS TOUJOURS FRERE PECHEUR MAIS CONFIANT  EN CETTE EGLISE NEE A JERUSALEM  QUI MERITE PLUS QUE LE LIBERALISME  SON APPELLATION DE CATHOLIQUE  CIMENTEE PAR L'ESPRIT SAINT

Quarante jours après la Résurrection, dix jours après l’Ascension, la Pentecôte. Nous allons demander au Saint Esprit de nous faire pénétrer du dedans ce mystère de la Pentecôte : comment le recevoir, comment le comprendre, comment le faire surabonder et comment en jouir.
Avec cette méditation, nous voulons que ce que Dieu veut faire, autant qu’il est en notre pouvoir de le recevoir, Il le réalise à l’intérieur de nous. Nous ne voulons qu’une seule chose : nous laisser faire par Dieu. Nous avons lâché prise, nous n’avons pas peur de Dieu, nous n’avons pas peur du Saint Esprit, nous n’avons pas peur de l’éternité divine, nous n’avons pas peur de notre propre épanouissement, de notre propre réalisation en Dieu.
Avec cette proximité de l’Immaculée, de Marie dans le Rosaire vivant, nous demandons vraiment au Bon Dieu, au Saint Esprit, de nous donner cette grâce miraculeuse qui fait qu’entre Dieu et nous il n’y ait plus vraiment de distance ni de peur.
A chaque fois que Jésus ressuscité apparaissait, Il disait : « N’ayez pas peur », « La Paix soit avec vous », « Que la Paix soit sur vous ».
Envoyé par Dieu, le souffle du Saint Esprit nous donne dans la bouche de Jésus : « La Paix soit avec vous, n’ayez pas peur ».
Pourquoi avons-nous peur ?
Nous avons peur parce que (et ce n’est peut-être pas notre faute) nous avons forcément perdu le sens de Dieu, nous avons oublié Dieu, et un doute s’est inscrit à l’intérieur de nous. Par le fait même, si nous regardons bien, nous ne vivons pas de Dieu en plénitude, et nous mettons tout le temps des obstacles à Dieu. Et quelque part, c’est pour cela que nous avons peur. Dieu devient de plus en plus inconnu, et nous avons peur de quelqu’un que nous ne connaissons pas.
C’est l’avantage du Rosaire vivant : il nous fait comprendre que Dieu n’est pas inconnu. Nous connaissons Dieu, nous le connaissons bien, et cette connaissance devient mutuelle : nous sommes nés avec Lui, nous sommes conçus avec Lui, à chaque fois qu’Il réapparaît c’est nous qui apparaissons avec Lui. Nous nous connaissons bien, nous sommes Un avec Lui.
De cette grande unité vivante, profonde, lumineuse, incarnée, expérimentée, simple, vient s’inscrire en nous le troisième mystère glorieux de la Pentecôte : mystère d’unité très forte entre ce qu’il y a à l’intérieur de Dieu et nous, entre l’intériorité de Dieu et notre intériorité, entre tout ce qui est lumière, amour, paix, joie, liberté dans l’Esprit Saint tout à la fois en Lui et en nous.
Tout cela nous le savons. Tout le problème consiste à nous replacer tout le temps dans ce centre tranquille où nous recevons ce que sommes, où nous recevons la grâce, où nous recevons Dieu, où nous recevons l’instant présent dans le repos de la confiance et de la recherche patiente, persévérante, unanime de la victoire de Dieu sur nous et de notre victoire sur nous-même.

Jésus s’est assis à la droite de Dieu le Père et les Apôtres se sont retrouvés dans Jérusalem.
Ils se sont groupés autour de Marie, comme l’explique le chapitre 1 des Actes des Apôtres ; il faut toujours se rappeler : unanimiter, les Apôtres se sont rassemblés dans une unanimité vivante avec elle et, perseveranter, ils y ont persévéré dans le Cénacle, c’est-à-dire dans le nid du pain tout flamboyant, tout chaleureux, tout brûlant d’amour de l’eucharistie que Jésus avait laissé avant de partir.
Il y avait un triple nid :
- le nid de la solidarité, de la communion, de la charité fraternelle, ce nid extraordinaire de l’émotion apostolique, angélique, humaine, de toute la création, qui s’inscrivait dans une seule émotion, aspiration, attente, désir,
- le nid de l’Immaculée, cette blessure du cœur toute ardente de la gloire de la Résurrection, et désormais palpitante du désir de se communiquer dans le souffle du Saint Esprit,
- et puis le nid de la chaleur ardente eucharistique du pain tout brûlant qui veut se donner en entier.
C’est ce que nous faisons lorsque nous nous retrouvons dans une petite chambre haute, dans une chapelle, ou dans une cathédrale, (peu importe), tout autour du foyer ardent du cœur eucharistique de Jésus, et que Marie est là, que nous célébrons la présence de l’Immaculée, que nous lui permettons d’être nous-mêmes comme les foyers ardents de sa contemplation immaculée retrouvée, et que nous vivons cela ensemble : c’est cette disposition-là qui permet de recevoir l’expérience du Saint Esprit.
Toute la vie chrétienne est l’acquisition du Saint Esprit : Seraphim de Sarov. C’est pour cela que nous pourrions dire que ce dix-huitième mystère clôture le Rosaire. Après il va y en avoir quelques surabondances, un couronnement, mais vraiment celui-là est notre mystère à nous. Unanimiter, dans l’unanimité absolue, sans faille, dans la persévérance, dans le silence délicat et profond du désir, dans la chaleur du cœur eucharistique de Jésus, nous sommes ceux qui reçoivent le trésor de la gloire de Dieu, le trésor du Père, le trésor du Fils, et le trésor de l’Unité du Père et du Fils : le Saint Esprit.
Si nous sommes deux à nous aimer, quand nous sommes éperdus, perdus complètement dans l’amour, où se trouve notre trésor sinon en notre amour mutuel ?
L’Esprit Saint est le trésor absolu de Dieu.
Et Jésus en montant à la droite du Père a dit : « Il vaut mieux pour vous que Je m’en aille, parce que si Je ne m’en vais pas, Je ne pourrai pas vous donner la force, le trésor venu d’en haut. A l’heure à laquelle Jésus avait levé son corps sous la puissance du Saint Esprit pour le ressusciter d’entre les morts, cinquante jours après, un jour de Sabbat, dans la nuit, avant l’aurore, le souffle du Saint Esprit s’est répandu dans le Cénacle, de là où Jésus était parti à l’orient du Mont Sion, de Jérusalem. Ce « soleil » extraordinaire descend sur Jérusalem, comme reprenant le même parcours. Les gens dorment, il est trois ou quatre heures du matin ; ce fameux troisième orage fait beaucoup de bruit, un grand bruit terrible, une lumière, un souffle, un vent ! Bien sûr, tout Jérusalem se réveille : toute la création avec elle ( il est bien évident que la Pentecôte ne s’est pas circonscrite à ceux qui étaient dans le Cénacle ).
Mais cette attente de ceux qui ont la foi, la grâce et la présence réelle, l’incarnation même glorieuse de Jésus dans leur cœur, transfigurés par l’espérance et par le feu commençant de la charité qui brûle tout, ceux-là sont ceux par qui la création toute entière commence à frémir sous le souffle du Saint Esprit. C’est pour cela que tout le monde a entendu quelque chose. Le Saint Esprit est toujours envoyé dans l’unité absolue de tout ; toute chose a reçu quelque chose de cette descente du Saint Esprit. Mais Il s’est manifesté de manière fulgurante, flamboyante, tonitruante, puissante, de manière tout à fait extraordinaire dans Jérusalem et encore plus dans le Cénacle : tout s’est ouvert.
Bien plus forte que cette nuée extraordinaire qu’avaient vue Jean-Baptiste, Jésus, et quelques autres peut-être au Baptême de Jésus, bien plus étonnante que la nuée du Saint Esprit au moment de la Transfiguration, cette fois-ci l’apparition du Saint Esprit se réalise avec la puissance flamboyante de la Résurrection de Jésus elle-même introduite dans le sein de Dieu le Père pour Lui manifester toute cette ardeur à produire l’amour. Quelque chose de très extraordinaire allait se communiquer.
A mon avis, cette nuée flamboyante n’est pas venue d’un seul coup. Etant donné que Marie était là, cette grande effusion du Saint Esprit dans l’univers a duré pendant ces dix jours. Dans la lumière surnaturelle de la foi intime des Apôtres, dans leur espérance toute pauvre, l’Esprit Saint a déjà été envoyé. Le mystère du Rosaire, justement, va peut-être nous faire comprendre que l’effusion du Saint-Esprit est venue comme naturellement, grâce à Marie. Et pourtant, elle est venue d’un seul coup en même temps. Les deux.
La Pentecôte est le Saint Esprit envoyé et reçu.
De même que la vie divine, intime, profonde, lumineuse de Dieu, du Verbe de Dieu ( Dieu le Fils, l’Epouse ), avait été envoyée par le Père, de même ce jour-là ce sont les ardeurs intimes de la jouissance profonde d’amour flamboyante du Saint Esprit qui sont envoyées : la troisième Personne de la Très Sainte Trinité est envoyée.
Parce que le Saint Esprit est fondamentalement une fruition passive glorieuse éternelle d’amour, Il a pris ce chemin qui était tracé entre l’établissement glorieux du Verbe incarné à l’intérieur du sein de Dieu le Père, et la place qu’Il avait prise dans le cœur de Marie tout blessé par le glaive et tout brûlé par l’amour de l’Esprit Saint. Saint Jean dit que cinquante deux jours avant, elle avait déjà reçu l’Esprit Saint.
Dans les mystères précédents, le Saint Esprit agissait pour ainsi dire comme dans une motion, une espèce de doigt du Saint Esprit supervenait sans cesse. La foi de Marie la transportait en Dieu, et du coup le Saint Esprit pouvait opérer la succession des mystères de l’Incarnation. Tandis que là vraiment, le Saint Esprit est envoyé.
Saint Jean nous révèle que quand Jésus est mort et que son cœur fut ouvert par la lance, trois témoignèrent : l’eau, le sang, et le Saint Esprit. La seule qui reçut alors cette mission invisible du Saint Esprit en notre monde, au pied de la Croix était Marie. La Pentecôte avait commencé avant la Résurrection : il ne faut jamais oublier cela ; elle a continué à la Résurrection. La blessure du Christ s’était inscrite vraiment physiquement en elle au moment de la mort (nous le savons, nous commençons à nous habituer à cela, nous sommes stigmatisés dans l’Immaculée Conception de la mort du Christ : cette blessure du cœur a traversé le cœur de Jésus de part en part ; nous aussi, en nous préparant petit à petit, nous savons très bien que nous sommes aussi blessés de part en part par la blessure du cœur de Jésus, et que c’est le cœur de Jésus qui veut battre dans notre poitrine en cette blessure toute abyssale d’amour) : Marie a vécu cette blessure du cœur et en cette blessure même la mission invisible du Saint Esprit fait vivre glorieusement cette plaie du cœur avec le Verbe crucifié.
Une Pentecôte extraordinaire au moment de la mort de Jésus fulgura en elle infiniment plus que dans la conception. Dans sa conception, nous le savons bien, la vie intime de Dieu et tout l’amour du Père et du Fils avaient produit l’Immaculée Conception : nous savons très bien qu’elle est elle-même le fruit de l’unité du Verbe de Dieu et du Saint Esprit dans la blessure du cœur de Jésus, et que cette blessure du cœur et cette unité-là ont produit ce qu’elle est dans sa conception, bien des années plus tôt. Mais là, c’est beaucoup plus que cela : c’est le Verbe de Dieu, dans la mort vivante amoureuse de Dieu, et l’Esprit Saint envoyé, qui font flamboyer, vivre, surgir l’Immaculée Conception, la Trans-Verbération du cœur. Cela, nous l’avons vu.
Ensuite, à la Résurrection, nous avons bien noté qu’une deuxième Pentecôte s’enracinait dans la surabondance mariale : Jésus a soufflé sur les Apôtres. C’est extraordinaire ! Le souffle sort de la bouche vivante de Jésus glorieux leur apparaissant. Jésus souffle sur eux et Il dit : « Recevez l’Esprit Saint ». Grâce à cette réception de l’Esprit Saint et à partir de cet instant-là, ils reçurent la foi surnaturelle en partage avec Marie ( Saint Jean avait expliqué que les disciples n’avaient pas la foi tant que Jésus n’avait pas encore été glorifié et que le Saint Esprit n’avait pas encore été donné. Mais les Apôtres ont connu la foi surnaturelle, la foi mariale, l’espérance mariale et l’amour surnaturel de Jésus, du dedans, à partir de cette deuxième Pentecôte. C’est ce qui leur a permis de recevoir le pouvoir sacerdotal et de recevoir le pouvoir de consacrer, le pouvoir de pardonner, le pouvoir de délier le mal.
Ici, c’est la troisième Pentecôte, la Pentecôte du cinquantième jour, Pentecôte mariale tout autant que les précédentes. L’Immaculée vit déjà de la Pentecôte depuis cinquante deux jours : la Pentecôte du Père (la Pentecôte où l’Esprit Saint, l’amour du Père est envoyé), la Pentecôte du Fils (où l’Esprit Saint, l’amour du Fils est envoyé), et enfin la Pentecôte où l’amour du Saint Esprit est envoyé en sa propre Personne. Elle n’avait pas cessé en sa passivité de recevoir en Elle tout ce qui surnaturellement apparaît dans les disciples, pour la préparation des mystères suivants de la Résurrection, puis de l’Ascension, et maintenant de la Pentecôte. Elle ne va pas cesser de communiquer cette pentecôte depuis que Jésus a manifesté son Ascension : c’est pour cela qu’il y a une ferveur que nous voyons tout de suite décrite dans les Actes des Apôtres. Immédiatement, nous les voyons être aspirés : une piété, une délicatesse, une persévérance, une force intime dans la prière, une ardeur dans l’attente, une qualité surnaturelle de silence, un désir tout à fait inscrit dans les profondeurs de Dieu, une unanimité qui ne s’arrête pas, qui ne trouve pas d’ombre. Cela a duré dix jours ! et cela vient bien-sûr des Pentecôtes précédentes de Marie.
Mais cette fois-ci, elle s’inscrit dans le Cénacle, et quelque chose de nouveau apparaît : c’est cela notre mystère d’aujourd’hui. Notre mystère d’aujourd’hui nous fait voir ces torrents de lumière flamboyante inscrits dans des esprits déjà éclairés par le ravissement du désir et de l’extase, tout attirés, sans aucune crainte, sans aucune peur. Et pourtant quelque chose de nouveau les surprend, et leur extase les met tout à fait dans les profondeurs de l’apparition, de la manifestation. Cette manifestation toute glorieuse où le ciel s’ouvre, s’est déroulé, c’est évident, de manière très extraordinaire, très puissante. Le feu amoureux, rendu sensible grâce à la Résurrection de Jésus d’entre les morts, installé dans le nid de la profusion du Saint Esprit entre le Père et le Fils, a rendu possibles ces torrents de lumière. Cette lumière flamboyante rentre par torrents dans leur bouche : des langues de feu. Il ne faut pas oublier que tout cela s’est inscrit dans dix jours de désir quasi infini, communautaire, unanime. Vous avez remarqué que ces torrents de lumière ne sont pas tombés dans leurs mains : ce sont des langues de feu, des torrents de lumière flamboyante.
Vous voyez ce lien extraordinaire avec le Pain du ciel, cette nourriture venue du ciel : ces torrents de lumière flamboyante nourrissent leurs langues enflammées de l’Esprit Saint.
Marie aussi bien sûr reçoit ces torrents de lumière flamboyante qui contient tous les désirs de Dieu à l’égard de tous les êtres humains, toute création abreuvée, tous ses désirs désaltérés en Elle. C’est pour cela qu’ils vont pouvoir parler toutes les langues, qu’ils reçoivent toute science, toute lumière.
Et ils reçoivent de Jésus glorifié, ils reçoivent de Marie glorifiée dans son cœur ardent et toute palpitante du Saint Esprit depuis cinquante jours, un feu. Quelquefois quand il crépite, des flamme se détachent du feu. C’est cela la Pentecôte : le feu est l’Immaculée et Jésus ressuscité flamboyant ensemble dans l’Esprit Saint, et ses manifestations, les dons du Saint Esprit, sont cette Pentecôte qui apparaît.
Ces flammes surabondent ce qui se passe en Jésus, en Marie et en Joseph dans la gloire de leur unité glorieuse du cœur dans la saveur du Saint Esprit. Cette surabondance va se manifester dans les crépitements de toutes les gloires de l’humanité intégrale glorifiée. C’est pour cela qu’il y a sept dons du Saint Esprit.
Saint Athanase dit que si vous êtes chrétiens, si vous avez reçu le Baptême, vous devez vivre du Saint Esprit. Et à quoi reconnaîtrez-vous que vous vivez (ou ne vivez pas) du Saint Esprit ?
Vous reconnaîtrez que vous vivez du Saint Esprit à ce qu’il y a au dedans de vous, à l’intérieur et en même temps à l’extérieur de vous, une chaleur merveilleuse et sensible du cœur, une espèce de feu dans le cœur ( Saint Athanase ne disait pas n’importe quoi, vous ne pouvez pas trouver plus orthodoxe qu’Athanase ).
Cela, tu l’expérimentes : il y a un embrasement de ton cœur qui est chaud, qui est lumineux, mais qui ne fait pas mal. Tu vois bien que c’est de l’amour, bien sûr, mais sous forme de chaleur, de feu.
Il n’y a pas de doute que le cœur de Marie était comme cela, tout chaleureux, tout enflammé, tout brûlant.
Et les dons du Saint Esprit sont donnés en effet pour que toutes les dimensions de notre vie soient prises par l’amour du Père pour le Fils, soient prises par l’amour de l’intimité vivante de Dieu dans le sein du Père, et soient prises dans cette unité profonde d’amour de Dieu ; surtout que toute l’humanité ressuscitée de Jésus s’est faite elle-même vie intime de Dieu : elle est venue disparaître dans le sein de Dieu le Père, là où même Dieu le Père vient disparaître pour produire l’Esprit Saint. Donc l’Esprit Saint est venu se produire dans la Résurrection active de Jésus ressuscité. Et la Résurrection active de Jésus ressuscité flamboie dans le cœur de Marie, toute assoiffée de l’Esprit Saint. Et c’est comme cela que surabondent de cette unité, de ce chemin surnaturel, d’une foi ardente et brûlante d’amour, les sept dons du Saint Esprit.
Les sept dons du Saint Esprit, nous les expérimentons.
Comment expérimentons-nous les sept dons du Saint Esprit prophétisés par Isaïe, prophétisés par David dans le psaume, prophétisés par Jésus pendant sa vie, proclamés expérimentalement par tous les membres vivants de Jésus vivant ?
L’esprit de sagesse, l’esprit d’intelligence, l’esprit de conseil, de force… c’est quoi ?
L’esprit de sagesse s’est communiqué avec profusion le jour de la Pentecôte, et se communique avec profusion dans notre oraison dès que nous réactualisons surnaturellement, intégralement, absolument, le mystère de la Pentecôte. Alors nous nous abreuvons à ces torrents de saveur lumineuse, chaleureuse, infinie et sans limite : dégoulinante saveur de Dieu, chaleureuse saveur de Dieu qui s’empare de nous. Et comme cette chaleureuse saveur de Dieu est immense, et en même temps très profonde et très intense, sans compter qu’elle est immense, elle écarte de nous tout ce qui n’est pas cette saveur, et en particulier toutes nos peurs.
Au départ, les sept dons du Saint Esprit se sont préparé une place en nous à partir du moment où il y a eu cet amour séparant dont nous avons parlé. Cela a commencé à Gethsémani et dans le fond des cinq mystères douloureux, mais cette préparation a prolongé ses effets dans les grâces de la Résurrection et à l’Ascension.
A la place de l’angoisse de Gethsémani, à la place de cette dislocation, il y a cette saveur, esprit de sagesse : nous sommes vraiment dans l’unité savoureuse avec tout ce qui existe ; il ne peut plus y avoir aucune condamnation ; en nous il n’y a pas la moindre critique de qui que ce soit ; il n’y a plus l’ombre même d’une pensée de critique vis à vis des Américains ou des Arabes, ou vis à vis des Juifs ou des Gaulois ; nous parlons toutes les langues, de tous les hommes ; nous sommes dans la saveur profonde de chacun ; une saveur, une chaleureuse unité, savoureuse, profonde, immense, se répandant partout.
C’est pour cela que nous disons que l’Esprit Saint est le Paraclet, le défenseur : Il est le contraire de l’accusateur de nos frères, le démon qui dominait Gethsémani et qui a disloqué le monde, notre monde. Alors il n’y a plus aucune critique, il n’y a plus que l’apparition du Saint Esprit dans tous les abîmes, toutes les soifs du monde, et toutes les couleurs différentes, extasiantes, savoureuses, profondes, chaleureuses, flamboyantes du Saint Esprit en tous, partout, toujours. Cette communication que nous devons à Marie pour ces cinquante-deux jours de Pentecôte, est une communication adorable : nous devons adorer cette communication.
Après Jésus a été flagellé. Il est évident que l’Esprit Saint est une lumière d’une transparence, d’une limpidité, d’une pureté, d’une profondeur, qui fait que nous voyons toutes les profondeurs intimes de Dieu, et tout ce que Jésus voit dans la Résurrection, dans la claire vision de la lumière de gloire. Dans ce deuxième don du Saint Esprit qui nous est donné, le don d’intelligence : « bienheureux les cœurs purs », nous voyons aussi tout ce que Jésus voit en pleine lumière dans la Résurrection. Nous le voyons sans le voir, c’est cela qui est étonnant, parce que nous, nous sommes encore dans l’obscurité de la foi. Mais cette vision lumineuse du Christ ressuscité dans la lumière de gloire (quand Il voit le Père comme le Verbe de Dieu voit le Père, et quand Il voit toutes les profondeurs du Saint Esprit) rejaillit dans son âme humaine, et c’est ce rejaillissement en son âme humaine glorifiée qui surabonde en nous cette lumière que nous appelons le don d’intelligence.
Par quoi se traduit ce don d’intelligence ? Nous sommes tout simplement entièrement absorbés dans le Verbe de Dieu, étourdis dans le sein du Père, introduits dans les intimités profondes, lumineuses du Saint Esprit. Le Saint Esprit est Lumière : l’évidence est absolue, la certitude est totale, la lumière est parfaite, et pourtant nous ne voyons pas, et pourtant nous voyons toutes les profondeurs de Dieu, sans arrêt, quand nous faisons oraison. L’esprit d’intelligence est vraiment génial ! Moi, j’aime beaucoup. L’esprit d’intelligence est très beau.
Au couronnement d’épines, grâce à cette humiliation, nous avons reçu l’esprit de conseil. Jésus a été livré aux mains des brigands, broyé, humilié : cette moquerie effrayante qui fait que tout ce qui est critique, tout ce qui est rejet, tout ce qui est humiliation, tout ce qui vient de l’orgueil qui fait que nous abaissons les autres, que nous mettons en valeur leurs défauts, ou que nous mettons en valeur leurs côtés dangereux, tout ce qui vient du mal ou de l’esprit du monde, tout cela disparaît dans l’esprit de conseil. L’esprit de conseil est une onction dégoulinante d’huile parfumée qui enlève tout ce qui empêche les rouages de fonctionner : tout va bien, cela ne grince plus. Le Royaume de Dieu accompli est cette huile, cette onction.
Il est extraordinaire que la vie chrétienne consiste à vivre de l’onction : c’est très clair, il faut avoir l’onction dans tout notre sang, dans toutes nos fibres, dans tous nos sens externes. Quand nous touchons quelqu’un, il faut que la foi, que la délicatesse, l’onction du monde glorifié entier dans l’Esprit Saint communiqué, se communiquent.
Vous comprenez bien que cette onction-là ne s’invente pas, ces choses-là ne peuvent pas s’imaginer. Mais quand la Pentecôte a été donnée, les Apôtres (qui avaient peur de recevoir encore une critique, une humiliation) ont été remplis de cette onction qui fait qu’ils dégoulinaient de confiance, d’humilité, d’unité avec ce qu’il y a de plus pur, de plus immaculé, de plus humble dans tous les êtres humains sans exception, avec une confiance absolue dans ce qu’il y avait dans leur cœur (à chaque fois que nous humilions ou critiquons quelqu’un, c’est que nous n’avons plus confiance en lui).
Nous pouvons lire ainsi les sept mystères précédents : ils peuvent nous faire comprendre en trésors glorieux sans limites, ce que sont les sept dons du Saint Esprit.
Jésus a porté sa croix : ici, c’est l’esprit de force, toute la force de Dieu, toute la patience de Dieu. L’impétuosité du vent, le souffle du Saint Esprit a été donné aux Apôtres, et il a élargi d’une manière considérable toute leur vie intérieure. Il a immensément déployé tous les espaces en hauteur de leur intelligence spirituelle, il a approfondi toutes les capacités de leur humanité (rétrécie par le péché originel), il a donné toute la profondeur de toutes les forces de Dieu. Toutes les énergies de Dieu étaient là, invisibles, mais disponibles, et cela, c’est la force, la patience de Dieu. Tous les temps étaient à leur disposition dans toutes leurs dimensions, avec toutes les forces disponibles de Dieu.
Quand Jésus a porté sa croix, il a fallu qu’Il gagne pour nous une victoire sur tous les instants, pour y inscrire la vastitude de l’éternité vivante en notre temps, dans la force de la patience. Le don de force structure notre vie intérieure. Le Saint Esprit fait que notre vie intérieure est tellement riche qu’elle ne s’épuise jamais. Toutes les profondeurs, toutes les splendeurs, toutes les hauteurs, toutes les largeurs (c’est là que nous parlons de la largeur, de la hauteur, de la profondeur), c’est la force. Notre force est douce, patiente, tranquille, sereine, inépuisable. Nous ne puiserons jamais plus au fond de notre cœur des ressources pour tenir : nous puiserons dans l’Esprit Saint les forces de notre vie intime. Le Saint Esprit ne fait rien par Lui-même, Il est Passivité substantielle d’amour ; toute la force d’amour de Dieu dont Il jouit, et Il en jouit de manière inépuisable. C’est la force de Dieu.
Et, que voulez-vous, Jésus a été crucifié. Il a donné sa vie et nous a mérité le don de crainte. Le don de crainte est le don transcendant, si vous voulez, qui fait que tout est déchiré, ou, si vous préférez, qui fait que nous crevons tous les plafonds ; qui fait que plus rien n’existe que Dieu ; que surtout, à l’intérieur de nous, nous découvrons à quel point, si le murmure, si la puissance du Saint Esprit est tonitruante au fond de nous, en même temps l’Esprit Saint qui vit en nous est d’une délicatesse étonnante vis à vis de nous.
Et ces dix jours-là de préparation à la Pentecôte ont été extraordinaires pour les Apôtres de ce point de vue-là : ils ont tout de suite vu en s’engloutissant à l’intérieur de la Pentecôte mariale, avant de recevoir eux-mêmes leur propre Pentecôte, que l’Esprit était l’humilité amoureuse à l’état pur, et donc si un seul mouvement s’établissait en eux, l’Esprit Saint ne pouvait plus se faire entendre. L’Esprit Saint est délicat : quand vous parlez à quelqu’un, s’il vous interrompt, vous vous arrêtez tout de suite, parce que vous le respectez (c’est cela, la délicatesse). L’Esprit Saint est infiniment délicat, donc si un seul mouvement vient interrompre… lui se donne dans l’attente de pouvoir s’exprimer en toute délicatesse, et c’est ce que l’on appelle l’esprit de crainte : l’Esprit Saint en nous est tout en attente de ce qu’Il reçoit de l’unité du Père et du Fils, et toute sa délicatesse est là.
Et cette fois-ci, l’Esprit Saint est toute délicatesse de ce qu’Il reçoit de l’unité du Père et du Fils dans la gloire de la Résurrection à l’intérieur de son unité avec le Verbe dans la blessure du cœur tout palpitant d’amour céleste de Marie. Et c’est à cela qu’Il est attentif, délicat. Une communication s’est faite (nous ne pouvons pas dire le contraire) pendant dix jours aux Apôtres pour recevoir ce don. Et c’est pourquoi il y a eu cet unisson entre le ciel et la terre.
Et lorsque le don de crainte les a abreuvés de sa propre substance, alors à ce moment-là, évidemment, cela a produit en eux un effet qui est très difficile à décrire, il faut bien l’avouer : je ne sais pas comment il faut décrire cette délicatesse (quand nous sommes pris par l’esprit de crainte, nous ne pouvons pas le décrire, de toute façon). Si une mouche vient, si une abeille vient, si une voiture arrive, si d’un seul coup quelqu’un arrive pour vous interrompre, cette délicatesse est telle que vous êtes tout à ce nouvel événement, tout entier.
Tandis que si vous n’avez pas le don de crainte, vous vous énervez : « ah, il m’empêche de prier, celui-là ! ». Vous vous rendez compte ? « L’autre, qui est là, m’empêche de prier… ! » qu’est-ce que c’est que cela ? Tu peux m’expliquer comment est ta prière ? L’autre ne m’empêche pas de prier, jamais l’autre ne m’a empêché de prier : voilà ce que produit la délicatesse du Saint Esprit. Il faut bien reconnaître qu’il y a quelque chose d’extraordinaire, difficile à décrire, parce que nous ne pouvons pas l’inventer…
Spirituellement, le religieux dira : « quand même, respecte ma prière, s’il te plaît, je suis libre de prier, laisse moi au moins mes plages de liberté, quoi ! ». Vous voyez que l’Esprit de Crainte ouvre de nouvelles perceptions…
Ce sont des petits détails, mais à quoi reconnaît-on cette chaleur ? Quand vous avez cette chaleur dont parle saint Athanase, l’autre peut venir vous déblatérer plein de choses, la chaleur est là, vous priez ; il parle ? Vous vous évanouissez plus profondément encore : vous avez deux cœurs cette fois-ci au lieu d’un. Formidable ! Et vous êtes infiniment délicat avec celui-là, vous voyez ? C’est cela, l’esprit de crainte : rien de nous ne peut fatiguer ce don de l’Esprit Saint.
Jésus est mort et Il est rentré dans le grand Sabbat. Dans le grand Sabbat, Il est rentré dans toute la science de la mort, dans toute la science de la vie, dans toute la science de sa gloire : c’est l’esprit de science.
L’esprit de science se manifeste dans ce fait que nous pleurons beaucoup de tous nos attachements à ce qui n’est pas Dieu. Nous sommes attachés à nous-mêmes, nous sommes attachés au plaisir, au bonheur, à toutes sortes de désirs, aux choses corporelles, charnelles, même quelquefois spirituelles, nous sommes attachés à la gnose, à un certain sentiment d’être heureux. Et dans ce don de science, nous pleurons de cela : nous voyons à quel point tous ces désirs de bonheur, d’épanouissement, d’auto-réalisation, de reconnaissance (« je voudrais bien qu’on me reconnaisse un peu, hein ! »), de guérison, etc…, nous voyons à quel point ces désirs-là ne sont pas justes. Evidemment, il est beaucoup plus facile de le voir pour les gros désirs, les désirs de péché (par exemple : « moi, j’ai envie de vivre dans l’adultère »).
Mais dans l’esprit de science, tous ces désirs de bonheur terrestre, ces désirs faux, ces désirs injustes, quels qu’ils soient, nous font pleurer, parce je vous assure que nous nous apercevons à quel point, profondément, le Saint Esprit et nous, nous ne sommes plus du tout attachés à ces désirs-là, et nous pleurons d’y avoir mis quand même notre attachement.
« Bienheureux les affligés, ils seront consolés ». C’est pour cela que l’Esprit Saint est appelé Consolateur. Et les larmes du don de science sont des larmes de détachement : nous nous détachons de notre désir d’être heureux, d’être aimé sur la terre de manière sensible ; nous nous détachons de tout cela en comprenant amoureusement que ce détachement est heureux, et que notre bonheur consiste à pouvoir être libre de tous ces attachements à un bonheur terrestre.
Je ne sais pas comment expliquer cela, je vous l’avoue, mais à un moment donné, nous pleurons et nous sommes heureux de voir ces choses se détacher. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Nous pleurons vraiment de bonheur parce que nous sommes heureux de nous détacher de tout cela, et pas parce que nous regrettons. Notre bonheur : être détaché de ces attachements, de ces aspirations à des réalisations en réalité injustes parce que ce sont des réalisations orgueilleuses, des réalisations égoïstes, des réalisations de plaisir, des réalisations de béatitude terrestre, mondaine. Nous ne sommes pas faits pour ce bonheur-là.
Un jour, la télévision est venue à la communauté des moines : « Pourquoi est-ce que vous vous êtes fait moine ? ». « Ah, moi, je me suis fait moine parce que je veux le bonheur sur la terre ». J’étais en haut de l’escalier, et je me disais : « Quand même, pourquoi est-ce qu’il répond cela, lui, c’est exactement le contraire ! ». Du coup, le journaliste a dit : « Coupez ! », il avait compris que cela n’allait pas : quelqu’un qui cherche le bonheur sur la terre ne se fait pas moine. Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas le bonheur sur la terre quand nous sommes moine, ce n’est pas cela, mais nous ne nous faisons pas moine pour cela ! Nous nous faisons moine pour pleurer ce désir d’avoir le bonheur sur la terre, et nous sommes heureux de pleurer, notre bonheur est de pleurer ce détachement.
Et cela ne s’invente pas : c’est un don de Dieu, le cinquième don du Saint Esprit, le don qui fait que nous connaissons toutes choses. Dès que nous connaissons la vérité incarnée des êtres humains de la terre, de la création, de la grâce, de la gloire, et des Personnes divines, ces larmes sont toujours là, tout le temps. Nous ne sommes attachés qu’aux profondeurs de Dieu, aux profondeurs des autres et à nos propres profondeurs : c’est cela, notre bonheur (et du coup nous en pleurons), et c’est notre connaissance : nous avons une connaissance infuse, nous sommes détachés du péché, et nous nous en détachons par les larmes qui viennent de Dieu.
C’est pour cela que nous disons que les torrents du Saint Esprit se sont déversés sur les Apôtres et ont surabondé. Il faut imaginer le spectacle de la Pentecôte, cela a dû être étonnant ! Ce n’était pas de l’eau salée (les larmes sont un peu salées) ! C’est étonnant comme le don de science lave, comme il béatifie (il ne rend pas heureux).
Par la Résurrection, Jésus a inscrit dans le cœur de Marie et dans son propre cœur une nouvelle soif : Il demeura avec eux quarante jours. Avec la Résurrection et l’Ascension, Il nous a mérité les deux autres dons : le don de piété et de crainte de Dieu.
Jésus qui palpite dans le cœur de Marie, avec elle, nous a mérité le don de piété. Quand Jésus a laissé Marie entièrement seule, il n’y avait plus que cette avidité d’amour filial pour le Père, cet amour ardent de toute la création, de toute l’humanité, en elle, pour la paternité de Dieu inscrite dans toutes les sources humaines et dans toutes leurs vivifications à partir de l’éternité glorieuse de Jésus. Tout cela a fait le don de piété : le don de piété est la miséricorde, le visage du Père revivifiant tout en pardonnant, et cet amour qui fait qu’il n’y a plus que le Fils dans le Père. C’est le don de piété : il n’y a plus que le pardon. Entre le Fils et le Père, il y a Jésus ressuscité, et donc il n’y a plus le péché, il n’y a que du pardon. Tout cela pressé fait le don de piété dans nous : il n’y a plus que le pardon, l’amour du Père, l’amour du Fils. Nous sommes le Fils, c’est le don de piété, le don marial par excellence, la miséricorde à l’état pur. Le Père et le Fils ont entre eux la gloire de la Résurrection, ils disparaissent tous, et cela donne la grâce de Marie, cela donne la miséricorde incarnée, la miséricorde à l’état pur, le pardon à l’état pur, l’amour de la mère, l’amour du fils, l’amour de l’enfant, l’amour du père. Il n’y a que du don parfait d’amour. Le don de piété est la note caractéristique qui signe la grâce de Marie.
Il est bon de noter que pendant les quarante jours de l’Ascension Marie avait travaillé les profondeurs de Dieu pour nous obtenir ce don avec Jésus. Pendant les dix jours qui ont suivi, il reste la plénitude de ces dons qui vont se donner communautairement par Marie.

Nous nous disposons à vivre du mystère de la Pentecôte en vivant profondément de la troisième vertu théologale : la vertu surnaturelle de la charité. De même que nous disions que nous nous disposions au mystère de l’Ascension en vivant de la vertu surnaturelle de l’espérance, et au mystère marial de la Résurrection en vivant surnaturellement de la lumière théologale toute divine de la foi dans l’intime de notre vie spirituelle et de notre intelligence.
Là, notre cœur commence à palpiter, à être chaleureux d’amour, à être en solidarité, en communion, à laisser l’amour de Marie s’exprimer à travers le nôtre, à ne faire qu’un seul cœur par une toute petite fontaine, toute ruisselante, toute chantante, toute savoureuse, toute lumineuse d’amour dans notre cœur : du coup, nous avons cette charité et nous essayons de vivre dans la charité autant que nous le pouvons.
Comment fait-on des actes de charité ?
Tout à l’heure, je vous disais que nous ne pouvions pas inventer le don du Saint Esprit. Tandis que l’acte de charité surnaturellement divin, c’est nous qui pouvons le produire du dedans de nous par la puissance du Baptême, en mettant vraiment en commun ce qui est surnaturel en nous et ce qui est surnaturel dans le monde de tous ceux qui aspirent à la charité. La charité est une mise en commun de nos trésors, de nos actes.
Cette période des dix jours qui préparent la Pentecôte est vraiment la mise en commun par excellence entre les Apôtres, tout subjugués par la lumière, la délicatesse de la gloire du Saint Esprit qu’ils ont vue à l’Ascension, du souffle qu’ils ont reçu de Jésus à la Résurrection, et de cette aspiration dans ce qui se passe dans la Pentecôte mariale. Un amour les uns pour les autres surgit à partir de là, et c’est un amour divin, un amour surnaturel qui nous met d’abord dans la lumière.
C’est à cela que nous reconnaissons si nous faisons un acte de charité surnaturel : cette mise en commun nous met dans la lumière. Etant dans la lumière, nous demeurons dans cette intimité de Dieu qui est lumière, et nous le voyons très bien. Du coup, nous sommes en communion profonde les uns avec les autres. Et du coup les dons de Dieu peuvent se manifester, et en particulier ce fait que nous pouvons nous unir profondément à quelqu’un, nous mettre dans son cœur, prier à sa place, pardonner à sa place, réparer à sa place, demander pardon à sa place. Nous pouvons avoir de la charité surnaturelle pour Jésus, en nous mettant dans son cœur glorieux, en demandant pardon avec Lui, en pardonnant avec Lui.
Faire un acte de charité est facile : d’abord nous sommes en Dieu, par la foi, par l’espérance, l’avidité du surgissement de l’amour ; à ce moment-là nous sommes dans la lumière de Dieu, en communion profonde les uns avec les autres ; et avec cette grâce-là, avec ce cœur-là, nous faisons un acte de charité surnaturelle.
Ce que nous mettons en commun est l’amour qui vient de Dieu. Un philosophe vous dira que ce qui structure l’amitié, c’est la mise en commun. Si vous mettez en commun la recherche de la vérité philosophique, l’amitié est philosophique. Si ce que vous cherchez en commun est le plaisir, c’est une amitié de plaisir. Mais si c’est de la charité, ce que vous mettez en commun est l’amour qui vient de Dieu. Et il faut d’abord que vous soyez dans la lumière, en communion profonde les uns avec les autres (sinon aucun amour de Dieu ne peut jaillir de vous dans la communion des personnes).
Voilà la disposition pour recevoir les dons du Saint Esprit, pour recevoir la Pentecôte.
Marie a vécu quinze ans jusqu’à l’Incarnation, trente-cinq ans jusqu’à la Résurrection, et vingt-deux ans encore après la Résurrection de Jésus. Vingt ans pour Marie, vingt siècles pour l’Eglise, c’est extraordinaire pour le corps mystique vivant de Jésus vivant.
Jésus est apparu à une petite paysanne dans la Drôme, lui disant : « Après ces vingt siècles, après ces deux mille ans, Je veux inscrire dans la terre des foyers de lumière, de charité et d’amour ».
L’heure de la Pentecôte est arrivée. Le monde nouveau est un monde de Pentecôte mariale. La Jérusalem spirituelle met tout en commun avec la Jérusalem glorieuse pour faire jaillir la Pentecôte mariale, pour faire jaillir la Pentecôte dernière de l’Eglise.
D’abord la lumière : foyer de lumière veut dire que nous nous inscrivons dans les intimités profondes du Verbe de Dieu et que nous nous installons dans le sein du Père pour en voir tous les espaces, tout le visage intime et resplendissant pour nous. La Paternité de Dieu ne nous est plus étrangère, la vérité est notre soif, et nous cherchons à contempler, à voir Dieu en toute vérité.
Foyer de charité : la mise en commun, la communion fraternelle, l’unanimité chaleureuse venue de Dieu dans notre cœur. Vivre vraiment de l’amour qui vient de Jésus ressuscité, l’amour glorieux de Jésus. La charité est la victoire de l’amour glorieux dans le cœur humain et ressuscité de Jésus dans notre cœur.
Foyer d’amour. L’amour n’est pas la charité : si nous vivons en même temps de la lumière et de la charité, alors à ce moment-là nous sommes emportés sur ces deux ailes extraordinaires vers la Pentecôte ; et la Pentecôte, c’est de vivre de l’amour ; et l’amour, c’est de vivre ce que vit le Saint Esprit lorsqu’Il apparaît et que disparaissent le Père et le Fils qui Le font émaner dans l’amour.
Ce n’est pas la même chose que la charité. La charité consiste à laisser l’Esprit Saint exprimer ce qu’Il est, à travers nous.
Dans la disparition de nous-mêmes dans la paternité, de nous-mêmes dans la filiation éternelle de Dieu, dans cette triple disparition, dans la disparition même de toute grâce, de tout temps, de toute préoccupation, quand tout disparaît dans l’amour mutuel et qu’il n’y a plus que l’Esprit Saint, à ce moment-là apparaît l’Amour.
Le Saint Esprit est Dieu qui de l’intérieur apparaît comme fruit de l’amour total des deux premières Personnes de la Très Sainte Trinité. C’est tout simple : le Père aime profondément son Epousée, son Epousée ( le Verbe de Dieu portant toute la Jérusalem glorieuse dans sa Résurrection ) aime le Père et disparaît avec son Ciel en Lui dans le Père, et ces deux disparitions produisent le Saint Esprit.
Voilà la Pentecôte, Marie vit du Saint Esprit, elle est elle-même cette Jérusalem glorieuse qui avec l’Epouse (c’est-à-dire le Verbe de Dieu) disparaît dans le sein du Père, quand le Père Lui-même disparaît, extasié par cette disparition d’amour, et cette triple disparition produit le Saint Esprit.

Maintenant, si nous voulons parler de ce qu’il y a dans le troisième mystère glorieux, le dix-huitième mystère du Rosaire, nous pouvons faire toutes sortes d’approches mystiques. Ce mystère est le mystère mystique par excellence, tout en étant très incarné, sensible.
Il y a eu cinq mystères joyeux, cinq mystères lumineux, cinq mystères douloureux, et ces trois mystères glorieux : cela fait dix-huit mystères.
La manifestation de la vie divine dans notre monde, la paternité de Dieu se dévoile dans les mystères joyeux.
La manifestation de la vérité et du Verbe de Dieu se révèle dans les mystères lumineux : le Verbe de Dieu s’est manifesté, le Verbe s’est fait chair, la Lumière est venue resplendir dans le monde et les ténèbres n’ont pas pu l’arrêter. C’est sûr.
A travers les mystères douloureux, le Saint Esprit est envoyé : l’eau, le sang, et l’Esprit Saint.
Les cinq premiers mystères lumineux sont un petit peu présents à l’état glorieux dans la Résurrection (manifestation du Père qui donne la vie et la Résurrection), et ces cinq mystères lumineux sont glorifiés dans l’Ascension : le Fils est appelé et il ne reste plus que le Père dans l’unité du Père et du Fils, la Résurrection se fait Fils, la Résurrection est devenue Dieu le Fils. C’est cela, l’Ascension : la Résurrection glorieuse qui a été donnée à Jésus devient Dieu le Fils tout entier, anastasis.
Et les cinq mystères glorieux sont extasiés dans la Pentecôte, dans la gloire du Saint Esprit.
Nous disions pour le mystère de l’Ascension que la tension de ce mystère est admirable : Jésus disparaît dans le Père (« Je vais vers le Père », Il s’assied à la droite du Père).
Comment allons-nous faire la théologie mystique de cela, c’est-à-dire contempler, puisque le Rosaire nous appelle toujours à contempler ?
Attention ! La contemplation est une vérité ; et une vérité, si elle n’est pas juste, ne peut pas se contempler ; et c’est pour cela qu’il y a l’enseignement de la vérité : la doctrine infaillible de l’Eglise doit être nécessairement exempte de toute hérésie.
Dire : « l’Esprit Saint, sûrement, va s’incarner », est une hérésie. Il ne faut surtout pas dire des choses comme : « Le Verbe s’est incarné, donc l’Esprit Saint va s’incarner ». Il ne faut dire que ce qui, sûrement, n’est pas une hérésie. Dire que l’Esprit Saint s’incarne, nous comprenons pourquoi c’est une hérésie :
1. parce que l’Eglise dit que c’est une hérésie : l’incarnation du Saint Esprit est une hérésie condamnée par l’Eglise et par les Apôtres,
2. parce que si Dieu s’est fait chair et s’est incarné, Il ne s’est incarné qu’une seule fois. Le Verbe de Dieu est Dieu tout entier. « Le Verbe s’est fait chair », et cela suffit. Le Père ne s’incarne pas, et le Saint esprit est envoyé mais ne s’incarne pas.
Voilà pour la doctrine. Mais sur le plan ‘concret’ de la théologie mystique, qu’allons-nous dire ?
Quand Jésus est monté à la droite du Père, toute la Résurrection glorieuse, divine, surnaturelle de Dieu dans son corps, dans son humanité glorifiée, s’est faite intimité profonde du Verbe de Dieu. Il emporte avec Lui, je vous le signale au passage, tous ceux avec qui Il ressuscite, et en particulier je vois bien sûr que son père, Joseph, est immédiatement emporté dans la gloire de la vision béatifique : c’est une évidence qui est connue par la foi catholique ( ce qui n’est pas défini par la foi catholique est l’heure de la résurrection de Joseph ).
De toutes façons, le Père et le Fils sont Un, humainement et surnaturellement, glorieusement, personnellement et divinement : l’unité du Père et du Fils s’établit et commence à l’Ascension sur tous les plans. C’est pour cela que je disais que j’ai la faiblesse de penser que Joseph nous regarde de ce côté.
De l’autre côté, Marie est là, elle est restée seule.
C’est extraordinaire, et peut-être aurait-il fallu commencer par cela tout à l’heure.
Toutes les consolations lumineuses, palpitantes, de la Résurrection, disparaissent, parce que quand Jésus monte à la droite du Père, Il ne fait rien à moitié : tout monte à la droite du Père. Elle se retrouve donc seule. Cela a engendré en elle, nous le savons bien, une ardeur, une soif, un désir ! S’il n’y avait pas eu le pain brûlant de l’eucharistie qui lui fut donné sans doute la veille avant que Jésus ne monte au ciel, je crois qu’elle n’aurait pas pu. Elle était dans cette ardeur, ce désir et cette Pentecôte de la croix, qui permettaient, en se communiquant en solidarité avec les disciples et les Apôtres qui s’étaient aspirés autour d’elle, de créer les conditions de la charité pour la réception délicate de la Pentecôte du Saint Esprit.
Mais que se passe-t-il ici, dans le cœur de Marie qui est lui-même blessé par la mort, par la Trans-Verbération glorieuse de Jésus assis à la droite du Père ?
Dans cette blessure du cœur, l’Esprit Saint et le Verbe de Dieu disparaissent tous les deux. Et cela est extraordinaire ! C’est peut-être pour cela qu’il fallait que Jésus disparaisse, pour montrer ce qui se passe dans le cœur de Marie quand le Verbe de Dieu tout rempli de gloire disparaît, ainsi du reste que l’Esprit Saint (la Pentecôte de la croix dans la blessure du cœur de Marie), pour qu’il y ait uniquement l’Esprit Saint qui palpite dans le cœur des Apôtres parce que Jésus a soufflé l’Esprit Saint sur eux (deuxième Pentecôte), et cette communion de Marie avec eux leur permet de vivre du Saint Esprit dans la disparition de l’Esprit Saint et du Verbe de Dieu en son cœur blessé.
D’un côté, j’ai l’unité du Père et du Fils dans la gloire, et de l’autre côté, j’ai l’unité de l’Esprit Saint et du Verbe de Dieu dans la charité fraternelle du cœur de Marie.
D’un côté, j’ai le Verbe de Dieu tout englouti, disparaissant dans le sein du Père qui disparaît avec Lui dans la gloire de la Résurrection, et de l’autre côté, cette même gloire de la Résurrection fait disparaître le Verbe de Dieu dans l’effacement du Saint Esprit pour la Pentecôte des Apôtres.
Regardez ce double mouvement de disparition de la gloire de la Résurrection du Verbe de Dieu : d’une part, dans le sein de Dieu le Père, avec Joseph, et d’autre part en Marie, dans la substance du Saint Esprit.
C’est pour cela que nous disons que l’Immaculée Conception, déjà au départ, quarante-neuf ou cinquante ans avant, un jubilé avant, nous disons que Marie a été engendrée à partir de l’unité du Verbe de Dieu et de l’Esprit Saint dans la blessure cadavérique de Jésus crucifié (vous avez entendu plusieurs fois cette petite définition).
Quand Jésus a été crucifié, Dieu le Fils s’est trouvé dans un état de passivité absolue, comme le Saint Esprit, et du coup les deux ont connu une communion telle qu’elle a produit l’Immaculée Conception : l’origine de l’Immaculée Conception est bien l’unité de ces deux Personnes divines dans la blessure du cœur de Jésus.
Mais nous nous rendons compte qu’ici, dans ce passage de l’Ascension à la Pentecôte, cette identité divine de Marie dans l’Immaculée Conception prend une forme incarnée : il y a effectivement disparition du Christ glorieux ressuscité dans le Verbe, et disparition de la Pentecôte du Saint Esprit que Marie a reçue à la croix ; et cette double disparition dans l’unité des deux Personnes sous cette nouvelle modalité, permet la charité fraternelle de cette Pentecôte apostolique de se communiquer à Marie et avec elle de produire la Pentecôte définitive : l’Amour.
Du coup le Saint Esprit, le Paraclet, s’est emparé d’elle.
Nous, nous recevons les sept dons du Saint Esprit : les petites flammèches, les petites brindilles (et ces petites brindilles sont admirables : le don de sagesse, le don d’intelligence…) ; mais Marie reçoit le Paraclet, le feu : le feu du Saint Esprit s’est installé dans le mystère de la Pentecôte mariale.
En théologie mystique, comprenons que ce qui s’est réalisé à l’Ascension : cette tension entre l’unité du Père et du Fils (du côté de Joseph et de Jésus) et l’unité du Verbe de Dieu et de l’Esprit Saint (du côté de Marie et de Jésus), Jésus faisant toujours l’unité, bien sûr ; lorsque, à travers le corps mystique vivant de Jésus vivant qui venait d’être conçu de cette manière-là (les Apôtres sont des membres vivants du corps mystique vivant de Jésus vivant avec Marie), en raison de la conception et de l’apparition ainsi originée, il y a pu y avoir une communion et un établissement de ce que vit Marie dans ce que vit Joseph, un établissement de ce que vit Jésus dans ce que vit Marie, et cette nouvelle maternité permet la naissance du corps mystique vivant de Jésus vivant.
C’est pour cela qu’on dit en théologie que la Pentecôte signe la naissance du corps mystique du Christ, la naissance de l’Eglise : l’Eglise est née comme cela.
Et c’est pour cela qu’on dit que nous sommes baptisés dans le Père, le Fils et le Saint Esprit, donc dans les mystères joyeux, les mystères lumineux et les mystères douloureux.
A partir desquels nous sont donnés la Résurrection, l’Ascension et la Pentecôte : le Père, le Fils et le Saint Esprit.

Cela se contemple, nous comprenons que ce n’est pas seulement une simple méditation de passage. La charité fait que tout ce que Marie vit, elle le vit en union avec Jésus et Joseph, en union avec le père et le fils glorifiés, et en même temps avec tous les membres vivants du corps mystique vivant de Jésus vivant engendrés par la Résurrection de Jésus et le Saint Esprit soufflé sur eux à la Résurrection.
Il est assez extraordinaire de voir (c’est un des aspects symboliques de la Croix glorieuse ) cette communion entre ce qui se passe entre le père et le fils glorifiés en Dieu et ce qui se passe dans cette Pentecôte apostolique.
En même temps, nous pouvons dire aussi que cette communion est réciproque : Jésus ressuscité est établi à la droite du Père, et forcément Ils disparaissent, parce que c’est le propre de la vie divine dans la Très Sainte Trinité, dans le face à face, de disparaître l’un dans l’autre dans l’amour, et du coup l’Esprit Saint va jaillir. Et Ils sont en communion avec Marie, et donc il est normal que du cœur de Marie jaillisse cette nouvelle modalité du Saint Esprit à partir de la charité glorieuse de Jésus et de Joseph dans le Père et le Fils, et c’est cela qui produit l’Esprit Saint.
J’aurais beaucoup de peine si quelqu’un me disait : « Jésus, Marie et Joseph n’ont eu aucun rôle, à titre instrumental, dans la Pentecôte ». Pardon ! Ils ont eu un rôle très grand, ainsi que nous avons tenté de l’expliquer maintenant.
Evidemment, l’Esprit Saint a jailli de la blessure du cœur du Verbe de Dieu dans le cœur avide de Marie : voilà le mystère de la Pentecôte.
Considérons amoureusement et chaleureusement cette réciprocité entre deux unités de deux Personnes divines glorifiées, et deux Personnes divines surnaturellement présentes dans la charité brûlante de Marie : cette communion, cette tension, lorsqu’elles se joignent ensemble, a produit la Pentecôte.

 

Plus simplement : comment vivrons-nous de la Pentecôte ?
Nous vivrons de la Pentecôte en étant profondément unis les uns avec les autres, en étant d’abord dans la lumière, et en étant d’accord à l’avance (même si nous ne le savons pas) d’arracher toute idée qui ne vient pas de Dieu, toute idée qui ne vient pas de la doctrine infaillible de l’Eglise.
A partir de là, étant en communion profonde les uns avec les autres, nous laissons vivre la blessure du cœur de Jésus, et de Marie, et de Joseph en nous, et commençons à brûler d’amour.
Une fois que nous sommes là, si nous y demeurons, il me paraît impossible qu’au bout de dix minutes, il n’y ait pas l’apparition d’un des sept dons du Saint Esprit.
Et la vie chrétienne consiste à vivre du Saint Esprit.
Donc il faut beaucoup prier, il faut se donner. Comme le dit Saint Thomas d’Aquin : « Un chrétien qui prie dans l’unanimité, s’il y persévère dans la ferveur plus de dix minutes, il est impossible qu’il n’ait pas reçu une mission nouvelle et invisible de la Personne même du Saint Esprit dans son âme ».

Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen


Nous méditons aujourd’hui le troisième mystère Glorieux :

La Pentecôte


Quarante jours après la Résurrection, dix jours après l’Ascension, la Pentecôte. Nous allons demander au Saint Esprit de nous faire pénétrer du dedans ce mystère de la Pentecôte : comment le recevoir, comment le comprendre, comment le faire surabonder et comment en jouir.
Avec cette méditation, nous voulons que ce que Dieu veut faire, autant qu’il est en notre pouvoir de le recevoir, Il le réalise à l’intérieur de nous. Nous ne voulons qu’une seule chose : nous laisser faire par Dieu. Nous avons lâché prise, nous n’avons pas peur de Dieu, nous n’avons pas peur du Saint Esprit, nous n’avons pas peur de l’éternité divine, nous n’avons pas peur de notre propre épanouissement, de notre propre réalisation en Dieu.
Avec cette proximité de l’Immaculée, de Marie dans le Rosaire vivant, nous demandons vraiment au Bon Dieu, au Saint Esprit, de nous donner cette grâce miraculeuse qui fait qu’entre Dieu et nous il n’y ait plus vraiment de distance ni de peur.
A chaque fois que Jésus ressuscité apparaissait, Il disait : « N’ayez pas peur », « La Paix soit avec vous », « Que la Paix soit sur vous ».
Envoyé par Dieu, le souffle du Saint Esprit nous donne dans la bouche de Jésus : « La Paix soit avec vous, n’ayez pas peur ».
Pourquoi avons-nous peur ?
Nous avons peur parce que (et ce n’est peut-être pas notre faute) nous avons forcément perdu le sens de Dieu, nous avons oublié Dieu, et un doute s’est inscrit à l’intérieur de nous. Par le fait même, si nous regardons bien, nous ne vivons pas de Dieu en plénitude, et nous mettons tout le temps des obstacles à Dieu. Et quelque part, c’est pour cela que nous avons peur. Dieu devient de plus en plus inconnu, et nous avons peur de quelqu’un que nous ne connaissons pas.
C’est l’avantage du Rosaire vivant : il nous fait comprendre que Dieu n’est pas inconnu. Nous connaissons Dieu, nous le connaissons bien, et cette connaissance devient mutuelle : nous sommes nés avec Lui, nous sommes conçus avec Lui, à chaque fois qu’Il réapparaît c’est nous qui apparaissons avec Lui. Nous nous connaissons bien, nous sommes Un avec Lui.
De cette grande unité vivante, profonde, lumineuse, incarnée, expérimentée, simple, vient s’inscrire en nous le troisième mystère glorieux de la Pentecôte : mystère d’unité très forte entre ce qu’il y a à l’intérieur de Dieu et nous, entre l’intériorité de Dieu et notre intériorité, entre tout ce qui est lumière, amour, paix, joie, liberté dans l’Esprit Saint tout à la fois en Lui et en nous.
Tout cela nous le savons. Tout le problème consiste à nous replacer tout le temps dans ce centre tranquille où nous recevons ce que sommes, où nous recevons la grâce, où nous recevons Dieu, où nous recevons l’instant présent dans le repos de la confiance et de la recherche patiente, persévérante, unanime de la victoire de Dieu sur nous et de notre victoire sur nous-même.

Jésus s’est assis à la droite de Dieu le Père et les Apôtres se sont retrouvés dans Jérusalem.
Ils se sont groupés autour de Marie, comme l’explique le chapitre 1 des Actes des Apôtres ; il faut toujours se rappeler : unanimiter, les Apôtres se sont rassemblés dans une unanimité vivante avec elle et, perseveranter, ils y ont persévéré dans le Cénacle, c’est-à-dire dans le nid du pain tout flamboyant, tout chaleureux, tout brûlant d’amour de l’eucharistie que Jésus avait laissé avant de partir.
Il y avait un triple nid :
- le nid de la solidarité, de la communion, de la charité fraternelle, ce nid extraordinaire de l’émotion apostolique, angélique, humaine, de toute la création, qui s’inscrivait dans une seule émotion, aspiration, attente, désir,
- le nid de l’Immaculée, cette blessure du cœur toute ardente de la gloire de la Résurrection, et désormais palpitante du désir de se communiquer dans le souffle du Saint Esprit,
- et puis le nid de la chaleur ardente eucharistique du pain tout brûlant qui veut se donner en entier.
C’est ce que nous faisons lorsque nous nous retrouvons dans une petite chambre haute, dans une chapelle, ou dans une cathédrale, (peu importe), tout autour du foyer ardent du cœur eucharistique de Jésus, et que Marie est là, que nous célébrons la présence de l’Immaculée, que nous lui permettons d’être nous-mêmes comme les foyers ardents de sa contemplation immaculée retrouvée, et que nous vivons cela ensemble : c’est cette disposition-là qui permet de recevoir l’expérience du Saint Esprit.
Toute la vie chrétienne est l’acquisition du Saint Esprit : Seraphim de Sarov. C’est pour cela que nous pourrions dire que ce dix-huitième mystère clôture le Rosaire. Après il va y en avoir quelques surabondances, un couronnement, mais vraiment celui-là est notre mystère à nous. Unanimiter, dans l’unanimité absolue, sans faille, dans la persévérance, dans le silence délicat et profond du désir, dans la chaleur du cœur eucharistique de Jésus, nous sommes ceux qui reçoivent le trésor de la gloire de Dieu, le trésor du Père, le trésor du Fils, et le trésor de l’Unité du Père et du Fils : le Saint Esprit.
Si nous sommes deux à nous aimer, quand nous sommes éperdus, perdus complètement dans l’amour, où se trouve notre trésor sinon en notre amour mutuel ?
L’Esprit Saint est le trésor absolu de Dieu.
Et Jésus en montant à la droite du Père a dit : « Il vaut mieux pour vous que Je m’en aille, parce que si Je ne m’en vais pas, Je ne pourrai pas vous donner la force, le trésor venu d’en haut. A l’heure à laquelle Jésus avait levé son corps sous la puissance du Saint Esprit pour le ressusciter d’entre les morts, cinquante jours après, un jour de Sabbat, dans la nuit, avant l’aurore, le souffle du Saint Esprit s’est répandu dans le Cénacle, de là où Jésus était parti à l’orient du Mont Sion, de Jérusalem. Ce « soleil » extraordinaire descend sur Jérusalem, comme reprenant le même parcours. Les gens dorment, il est trois ou quatre heures du matin ; ce fameux troisième orage fait beaucoup de bruit, un grand bruit terrible, une lumière, un souffle, un vent ! Bien sûr, tout Jérusalem se réveille : toute la création avec elle ( il est bien évident que la Pentecôte ne s’est pas circonscrite à ceux qui étaient dans le Cénacle ).
Mais cette attente de ceux qui ont la foi, la grâce et la présence réelle, l’incarnation même glorieuse de Jésus dans leur cœur, transfigurés par l’espérance et par le feu commençant de la charité qui brûle tout, ceux-là sont ceux par qui la création toute entière commence à frémir sous le souffle du Saint Esprit. C’est pour cela que tout le monde a entendu quelque chose. Le Saint Esprit est toujours envoyé dans l’unité absolue de tout ; toute chose a reçu quelque chose de cette descente du Saint Esprit. Mais Il s’est manifesté de manière fulgurante, flamboyante, tonitruante, puissante, de manière tout à fait extraordinaire dans Jérusalem et encore plus dans le Cénacle : tout s’est ouvert.
Bien plus forte que cette nuée extraordinaire qu’avaient vue Jean-Baptiste, Jésus, et quelques autres peut-être au Baptême de Jésus, bien plus étonnante que la nuée du Saint Esprit au moment de la Transfiguration, cette fois-ci l’apparition du Saint Esprit se réalise avec la puissance flamboyante de la Résurrection de Jésus elle-même introduite dans le sein de Dieu le Père pour Lui manifester toute cette ardeur à produire l’amour. Quelque chose de très extraordinaire allait se communiquer.
A mon avis, cette nuée flamboyante n’est pas venue d’un seul coup. Etant donné que Marie était là, cette grande effusion du Saint Esprit dans l’univers a duré pendant ces dix jours. Dans la lumière surnaturelle de la foi intime des Apôtres, dans leur espérance toute pauvre, l’Esprit Saint a déjà été envoyé. Le mystère du Rosaire, justement, va peut-être nous faire comprendre que l’effusion du Saint-Esprit est venue comme naturellement, grâce à Marie. Et pourtant, elle est venue d’un seul coup en même temps. Les deux.
La Pentecôte est le Saint Esprit envoyé et reçu.
De même que la vie divine, intime, profonde, lumineuse de Dieu, du Verbe de Dieu ( Dieu le Fils, l’Epouse ), avait été envoyée par le Père, de même ce jour-là ce sont les ardeurs intimes de la jouissance profonde d’amour flamboyante du Saint Esprit qui sont envoyées : la troisième Personne de la Très Sainte Trinité est envoyée.
Parce que le Saint Esprit est fondamentalement une fruition passive glorieuse éternelle d’amour, Il a pris ce chemin qui était tracé entre l’établissement glorieux du Verbe incarné à l’intérieur du sein de Dieu le Père, et la place qu’Il avait prise dans le cœur de Marie tout blessé par le glaive et tout brûlé par l’amour de l’Esprit Saint. Saint Jean dit que cinquante deux jours avant, elle avait déjà reçu l’Esprit Saint.
Dans les mystères précédents, le Saint Esprit agissait pour ainsi dire comme dans une motion, une espèce de doigt du Saint Esprit supervenait sans cesse. La foi de Marie la transportait en Dieu, et du coup le Saint Esprit pouvait opérer la succession des mystères de l’Incarnation. Tandis que là vraiment, le Saint Esprit est envoyé.
Saint Jean nous révèle que quand Jésus est mort et que son cœur fut ouvert par la lance, trois témoignèrent : l’eau, le sang, et le Saint Esprit. La seule qui reçut alors cette mission invisible du Saint Esprit en notre monde, au pied de la Croix était Marie. La Pentecôte avait commencé avant la Résurrection : il ne faut jamais oublier cela ; elle a continué à la Résurrection. La blessure du Christ s’était inscrite vraiment physiquement en elle au moment de la mort (nous le savons, nous commençons à nous habituer à cela, nous sommes stigmatisés dans l’Immaculée Conception de la mort du Christ : cette blessure du cœur a traversé le cœur de Jésus de part en part ; nous aussi, en nous préparant petit à petit, nous savons très bien que nous sommes aussi blessés de part en part par la blessure du cœur de Jésus, et que c’est le cœur de Jésus qui veut battre dans notre poitrine en cette blessure toute abyssale d’amour) : Marie a vécu cette blessure du cœur et en cette blessure même la mission invisible du Saint Esprit fait vivre glorieusement cette plaie du cœur avec le Verbe crucifié.
Une Pentecôte extraordinaire au moment de la mort de Jésus fulgura en elle infiniment plus que dans la conception. Dans sa conception, nous le savons bien, la vie intime de Dieu et tout l’amour du Père et du Fils avaient produit l’Immaculée Conception : nous savons très bien qu’elle est elle-même le fruit de l’unité du Verbe de Dieu et du Saint Esprit dans la blessure du cœur de Jésus, et que cette blessure du cœur et cette unité-là ont produit ce qu’elle est dans sa conception, bien des années plus tôt. Mais là, c’est beaucoup plus que cela : c’est le Verbe de Dieu, dans la mort vivante amoureuse de Dieu, et l’Esprit Saint envoyé, qui font flamboyer, vivre, surgir l’Immaculée Conception, la Trans-Verbération du cœur. Cela, nous l’avons vu.
Ensuite, à la Résurrection, nous avons bien noté qu’une deuxième Pentecôte s’enracinait dans la surabondance mariale : Jésus a soufflé sur les Apôtres. C’est extraordinaire ! Le souffle sort de la bouche vivante de Jésus glorieux leur apparaissant. Jésus souffle sur eux et Il dit : « Recevez l’Esprit Saint ». Grâce à cette réception de l’Esprit Saint et à partir de cet instant-là, ils reçurent la foi surnaturelle en partage avec Marie ( Saint Jean avait expliqué que les disciples n’avaient pas la foi tant que Jésus n’avait pas encore été glorifié et que le Saint Esprit n’avait pas encore été donné. Mais les Apôtres ont connu la foi surnaturelle, la foi mariale, l’espérance mariale et l’amour surnaturel de Jésus, du dedans, à partir de cette deuxième Pentecôte. C’est ce qui leur a permis de recevoir le pouvoir sacerdotal et de recevoir le pouvoir de consacrer, le pouvoir de pardonner, le pouvoir de délier le mal.
Ici, c’est la troisième Pentecôte, la Pentecôte du cinquantième jour, Pentecôte mariale tout autant que les précédentes. L’Immaculée vit déjà de la Pentecôte depuis cinquante deux jours : la Pentecôte du Père (la Pentecôte où l’Esprit Saint, l’amour du Père est envoyé), la Pentecôte du Fils (où l’Esprit Saint, l’amour du Fils est envoyé), et enfin la Pentecôte où l’amour du Saint Esprit est envoyé en sa propre Personne. Elle n’avait pas cessé en sa passivité de recevoir en Elle tout ce qui surnaturellement apparaît dans les disciples, pour la préparation des mystères suivants de la Résurrection, puis de l’Ascension, et maintenant de la Pentecôte. Elle ne va pas cesser de communiquer cette pentecôte depuis que Jésus a manifesté son Ascension : c’est pour cela qu’il y a une ferveur que nous voyons tout de suite décrite dans les Actes des Apôtres. Immédiatement, nous les voyons être aspirés : une piété, une délicatesse, une persévérance, une force intime dans la prière, une ardeur dans l’attente, une qualité surnaturelle de silence, un désir tout à fait inscrit dans les profondeurs de Dieu, une unanimité qui ne s’arrête pas, qui ne trouve pas d’ombre. Cela a duré dix jours ! et cela vient bien-sûr des Pentecôtes précédentes de Marie.
Mais cette fois-ci, elle s’inscrit dans le Cénacle, et quelque chose de nouveau apparaît : c’est cela notre mystère d’aujourd’hui. Notre mystère d’aujourd’hui nous fait voir ces torrents de lumière flamboyante inscrits dans des esprits déjà éclairés par le ravissement du désir et de l’extase, tout attirés, sans aucune crainte, sans aucune peur. Et pourtant quelque chose de nouveau les surprend, et leur extase les met tout à fait dans les profondeurs de l’apparition, de la manifestation. Cette manifestation toute glorieuse où le ciel s’ouvre, s’est déroulé, c’est évident, de manière très extraordinaire, très puissante. Le feu amoureux, rendu sensible grâce à la Résurrection de Jésus d’entre les morts, installé dans le nid de la profusion du Saint Esprit entre le Père et le Fils, a rendu possibles ces torrents de lumière. Cette lumière flamboyante rentre par torrents dans leur bouche : des langues de feu. Il ne faut pas oublier que tout cela s’est inscrit dans dix jours de désir quasi infini, communautaire, unanime. Vous avez remarqué que ces torrents de lumière ne sont pas tombés dans leurs mains : ce sont des langues de feu, des torrents de lumière flamboyante.
Vous voyez ce lien extraordinaire avec le Pain du ciel, cette nourriture venue du ciel : ces torrents de lumière flamboyante nourrissent leurs langues enflammées de l’Esprit Saint.
Marie aussi bien sûr reçoit ces torrents de lumière flamboyante qui contient tous les désirs de Dieu à l’égard de tous les êtres humains, toute création abreuvée, tous ses désirs désaltérés en Elle. C’est pour cela qu’ils vont pouvoir parler toutes les langues, qu’ils reçoivent toute science, toute lumière.
Et ils reçoivent de Jésus glorifié, ils reçoivent de Marie glorifiée dans son cœur ardent et toute palpitante du Saint Esprit depuis cinquante jours, un feu. Quelquefois quand il crépite, des flamme se détachent du feu. C’est cela la Pentecôte : le feu est l’Immaculée et Jésus ressuscité flamboyant ensemble dans l’Esprit Saint, et ses manifestations, les dons du Saint Esprit, sont cette Pentecôte qui apparaît.
Ces flammes surabondent ce qui se passe en Jésus, en Marie et en Joseph dans la gloire de leur unité glorieuse du cœur dans la saveur du Saint Esprit. Cette surabondance va se manifester dans les crépitements de toutes les gloires de l’humanité intégrale glorifiée. C’est pour cela qu’il y a sept dons du Saint Esprit.
Saint Athanase dit que si vous êtes chrétiens, si vous avez reçu le Baptême, vous devez vivre du Saint Esprit. Et à quoi reconnaîtrez-vous que vous vivez (ou ne vivez pas) du Saint Esprit ?
Vous reconnaîtrez que vous vivez du Saint Esprit à ce qu’il y a au dedans de vous, à l’intérieur et en même temps à l’extérieur de vous, une chaleur merveilleuse et sensible du cœur, une espèce de feu dans le cœur ( Saint Athanase ne disait pas n’importe quoi, vous ne pouvez pas trouver plus orthodoxe qu’Athanase ).
Cela, tu l’expérimentes : il y a un embrasement de ton cœur qui est chaud, qui est lumineux, mais qui ne fait pas mal. Tu vois bien que c’est de l’amour, bien sûr, mais sous forme de chaleur, de feu.
Il n’y a pas de doute que le cœur de Marie était comme cela, tout chaleureux, tout enflammé, tout brûlant.
Et les dons du Saint Esprit sont donnés en effet pour que toutes les dimensions de notre vie soient prises par l’amour du Père pour le Fils, soient prises par l’amour de l’intimité vivante de Dieu dans le sein du Père, et soient prises dans cette unité profonde d’amour de Dieu ; surtout que toute l’humanité ressuscitée de Jésus s’est faite elle-même vie intime de Dieu : elle est venue disparaître dans le sein de Dieu le Père, là où même Dieu le Père vient disparaître pour produire l’Esprit Saint. Donc l’Esprit Saint est venu se produire dans la Résurrection active de Jésus ressuscité. Et la Résurrection active de Jésus ressuscité flamboie dans le cœur de Marie, toute assoiffée de l’Esprit Saint. Et c’est comme cela que surabondent de cette unité, de ce chemin surnaturel, d’une foi ardente et brûlante d’amour, les sept dons du Saint Esprit.
Les sept dons du Saint Esprit, nous les expérimentons.
Comment expérimentons-nous les sept dons du Saint Esprit prophétisés par Isaïe, prophétisés par David dans le psaume, prophétisés par Jésus pendant sa vie, proclamés expérimentalement par tous les membres vivants de Jésus vivant ?
L’esprit de sagesse, l’esprit d’intelligence, l’esprit de conseil, de force… c’est quoi ?
L’esprit de sagesse s’est communiqué avec profusion le jour de la Pentecôte, et se communique avec profusion dans notre oraison dès que nous réactualisons surnaturellement, intégralement, absolument, le mystère de la Pentecôte. Alors nous nous abreuvons à ces torrents de saveur lumineuse, chaleureuse, infinie et sans limite : dégoulinante saveur de Dieu, chaleureuse saveur de Dieu qui s’empare de nous. Et comme cette chaleureuse saveur de Dieu est immense, et en même temps très profonde et très intense, sans compter qu’elle est immense, elle écarte de nous tout ce qui n’est pas cette saveur, et en particulier toutes nos peurs.
Au départ, les sept dons du Saint Esprit se sont préparé une place en nous à partir du moment où il y a eu cet amour séparant dont nous avons parlé. Cela a commencé à Gethsémani et dans le fond des cinq mystères douloureux, mais cette préparation a prolongé ses effets dans les grâces de la Résurrection et à l’Ascension.
A la place de l’angoisse de Gethsémani, à la place de cette dislocation, il y a cette saveur, esprit de sagesse : nous sommes vraiment dans l’unité savoureuse avec tout ce qui existe ; il ne peut plus y avoir aucune condamnation ; en nous il n’y a pas la moindre critique de qui que ce soit ; il n’y a plus l’ombre même d’une pensée de critique vis à vis des Américains ou des Arabes, ou vis à vis des Juifs ou des Gaulois ; nous parlons toutes les langues, de tous les hommes ; nous sommes dans la saveur profonde de chacun ; une saveur, une chaleureuse unité, savoureuse, profonde, immense, se répandant partout.
C’est pour cela que nous disons que l’Esprit Saint est le Paraclet, le défenseur : Il est le contraire de l’accusateur de nos frères, le démon qui dominait Gethsémani et qui a disloqué le monde, notre monde. Alors il n’y a plus aucune critique, il n’y a plus que l’apparition du Saint Esprit dans tous les abîmes, toutes les soifs du monde, et toutes les couleurs différentes, extasiantes, savoureuses, profondes, chaleureuses, flamboyantes du Saint Esprit en tous, partout, toujours. Cette communication que nous devons à Marie pour ces cinquante-deux jours de Pentecôte, est une communication adorable : nous devons adorer cette communication.
Après Jésus a été flagellé. Il est évident que l’Esprit Saint est une lumière d’une transparence, d’une limpidité, d’une pureté, d’une profondeur, qui fait que nous voyons toutes les profondeurs intimes de Dieu, et tout ce que Jésus voit dans la Résurrection, dans la claire vision de la lumière de gloire. Dans ce deuxième don du Saint Esprit qui nous est donné, le don d’intelligence : « bienheureux les cœurs purs », nous voyons aussi tout ce que Jésus voit en pleine lumière dans la Résurrection. Nous le voyons sans le voir, c’est cela qui est étonnant, parce que nous, nous sommes encore dans l’obscurité de la foi. Mais cette vision lumineuse du Christ ressuscité dans la lumière de gloire (quand Il voit le Père comme le Verbe de Dieu voit le Père, et quand Il voit toutes les profondeurs du Saint Esprit) rejaillit dans son âme humaine, et c’est ce rejaillissement en son âme humaine glorifiée qui surabonde en nous cette lumière que nous appelons le don d’intelligence.
Par quoi se traduit ce don d’intelligence ? Nous sommes tout simplement entièrement absorbés dans le Verbe de Dieu, étourdis dans le sein du Père, introduits dans les intimités profondes, lumineuses du Saint Esprit. Le Saint Esprit est Lumière : l’évidence est absolue, la certitude est totale, la lumière est parfaite, et pourtant nous ne voyons pas, et pourtant nous voyons toutes les profondeurs de Dieu, sans arrêt, quand nous faisons oraison. L’esprit d’intelligence est vraiment génial ! Moi, j’aime beaucoup. L’esprit d’intelligence est très beau.
Au couronnement d’épines, grâce à cette humiliation, nous avons reçu l’esprit de conseil. Jésus a été livré aux mains des brigands, broyé, humilié : cette moquerie effrayante qui fait que tout ce qui est critique, tout ce qui est rejet, tout ce qui est humiliation, tout ce qui vient de l’orgueil qui fait que nous abaissons les autres, que nous mettons en valeur leurs défauts, ou que nous mettons en valeur leurs côtés dangereux, tout ce qui vient du mal ou de l’esprit du monde, tout cela disparaît dans l’esprit de conseil. L’esprit de conseil est une onction dégoulinante d’huile parfumée qui enlève tout ce qui empêche les rouages de fonctionner : tout va bien, cela ne grince plus. Le Royaume de Dieu accompli est cette huile, cette onction.
Il est extraordinaire que la vie chrétienne consiste à vivre de l’onction : c’est très clair, il faut avoir l’onction dans tout notre sang, dans toutes nos fibres, dans tous nos sens externes. Quand nous touchons quelqu’un, il faut que la foi, que la délicatesse, l’onction du monde glorifié entier dans l’Esprit Saint communiqué, se communiquent.
Vous comprenez bien que cette onction-là ne s’invente pas, ces choses-là ne peuvent pas s’imaginer. Mais quand la Pentecôte a été donnée, les Apôtres (qui avaient peur de recevoir encore une critique, une humiliation) ont été remplis de cette onction qui fait qu’ils dégoulinaient de confiance, d’humilité, d’unité avec ce qu’il y a de plus pur, de plus immaculé, de plus humble dans tous les êtres humains sans exception, avec une confiance absolue dans ce qu’il y avait dans leur cœur (à chaque fois que nous humilions ou critiquons quelqu’un, c’est que nous n’avons plus confiance en lui).
Nous pouvons lire ainsi les sept mystères précédents : ils peuvent nous faire comprendre en trésors glorieux sans limites, ce que sont les sept dons du Saint Esprit.
Jésus a porté sa croix : ici, c’est l’esprit de force, toute la force de Dieu, toute la patience de Dieu. L’impétuosité du vent, le souffle du Saint Esprit a été donné aux Apôtres, et il a élargi d’une manière considérable toute leur vie intérieure. Il a immensément déployé tous les espaces en hauteur de leur intelligence spirituelle, il a approfondi toutes les capacités de leur humanité (rétrécie par le péché originel), il a donné toute la profondeur de toutes les forces de Dieu. Toutes les énergies de Dieu étaient là, invisibles, mais disponibles, et cela, c’est la force, la patience de Dieu. Tous les temps étaient à leur disposition dans toutes leurs dimensions, avec toutes les forces disponibles de Dieu.
Quand Jésus a porté sa croix, il a fallu qu’Il gagne pour nous une victoire sur tous les instants, pour y inscrire la vastitude de l’éternité vivante en notre temps, dans la force de la patience. Le don de force structure notre vie intérieure. Le Saint Esprit fait que notre vie intérieure est tellement riche qu’elle ne s’épuise jamais. Toutes les profondeurs, toutes les splendeurs, toutes les hauteurs, toutes les largeurs (c’est là que nous parlons de la largeur, de la hauteur, de la profondeur), c’est la force. Notre force est douce, patiente, tranquille, sereine, inépuisable. Nous ne puiserons jamais plus au fond de notre cœur des ressources pour tenir : nous puiserons dans l’Esprit Saint les forces de notre vie intime. Le Saint Esprit ne fait rien par Lui-même, Il est Passivité substantielle d’amour ; toute la force d’amour de Dieu dont Il jouit, et Il en jouit de manière inépuisable. C’est la force de Dieu.
Et, que voulez-vous, Jésus a été crucifié. Il a donné sa vie et nous a mérité le don de crainte. Le don de crainte est le don transcendant, si vous voulez, qui fait que tout est déchiré, ou, si vous préférez, qui fait que nous crevons tous les plafonds ; qui fait que plus rien n’existe que Dieu ; que surtout, à l’intérieur de nous, nous découvrons à quel point, si le murmure, si la puissance du Saint Esprit est tonitruante au fond de nous, en même temps l’Esprit Saint qui vit en nous est d’une délicatesse étonnante vis à vis de nous.
Et ces dix jours-là de préparation à la Pentecôte ont été extraordinaires pour les Apôtres de ce point de vue-là : ils ont tout de suite vu en s’engloutissant à l’intérieur de la Pentecôte mariale, avant de recevoir eux-mêmes leur propre Pentecôte, que l’Esprit était l’humilité amoureuse à l’état pur, et donc si un seul mouvement s’établissait en eux, l’Esprit Saint ne pouvait plus se faire entendre. L’Esprit Saint est délicat : quand vous parlez à quelqu’un, s’il vous interrompt, vous vous arrêtez tout de suite, parce que vous le respectez (c’est cela, la délicatesse). L’Esprit Saint est infiniment délicat, donc si un seul mouvement vient interrompre… lui se donne dans l’attente de pouvoir s’exprimer en toute délicatesse, et c’est ce que l’on appelle l’esprit de crainte : l’Esprit Saint en nous est tout en attente de ce qu’Il reçoit de l’unité du Père et du Fils, et toute sa délicatesse est là.
Et cette fois-ci, l’Esprit Saint est toute délicatesse de ce qu’Il reçoit de l’unité du Père et du Fils dans la gloire de la Résurrection à l’intérieur de son unité avec le Verbe dans la blessure du cœur tout palpitant d’amour céleste de Marie. Et c’est à cela qu’Il est attentif, délicat. Une communication s’est faite (nous ne pouvons pas dire le contraire) pendant dix jours aux Apôtres pour recevoir ce don. Et c’est pourquoi il y a eu cet unisson entre le ciel et la terre.
Et lorsque le don de crainte les a abreuvés de sa propre substance, alors à ce moment-là, évidemment, cela a produit en eux un effet qui est très difficile à décrire, il faut bien l’avouer : je ne sais pas comment il faut décrire cette délicatesse (quand nous sommes pris par l’esprit de crainte, nous ne pouvons pas le décrire, de toute façon). Si une mouche vient, si une abeille vient, si une voiture arrive, si d’un seul coup quelqu’un arrive pour vous interrompre, cette délicatesse est telle que vous êtes tout à ce nouvel événement, tout entier.
Tandis que si vous n’avez pas le don de crainte, vous vous énervez : « ah, il m’empêche de prier, celui-là ! ». Vous vous rendez compte ? « L’autre, qui est là, m’empêche de prier… ! » qu’est-ce que c’est que cela ? Tu peux m’expliquer comment est ta prière ? L’autre ne m’empêche pas de prier, jamais l’autre ne m’a empêché de prier : voilà ce que produit la délicatesse du Saint Esprit. Il faut bien reconnaître qu’il y a quelque chose d’extraordinaire, difficile à décrire, parce que nous ne pouvons pas l’inventer…
Spirituellement, le religieux dira : « quand même, respecte ma prière, s’il te plaît, je suis libre de prier, laisse moi au moins mes plages de liberté, quoi ! ». Vous voyez que l’Esprit de Crainte ouvre de nouvelles perceptions…
Ce sont des petits détails, mais à quoi reconnaît-on cette chaleur ? Quand vous avez cette chaleur dont parle saint Athanase, l’autre peut venir vous déblatérer plein de choses, la chaleur est là, vous priez ; il parle ? Vous vous évanouissez plus profondément encore : vous avez deux cœurs cette fois-ci au lieu d’un. Formidable ! Et vous êtes infiniment délicat avec celui-là, vous voyez ? C’est cela, l’esprit de crainte : rien de nous ne peut fatiguer ce don de l’Esprit Saint.
Jésus est mort et Il est rentré dans le grand Sabbat. Dans le grand Sabbat, Il est rentré dans toute la science de la mort, dans toute la science de la vie, dans toute la science de sa gloire : c’est l’esprit de science.
L’esprit de science se manifeste dans ce fait que nous pleurons beaucoup de tous nos attachements à ce qui n’est pas Dieu. Nous sommes attachés à nous-mêmes, nous sommes attachés au plaisir, au bonheur, à toutes sortes de désirs, aux choses corporelles, charnelles, même quelquefois spirituelles, nous sommes attachés à la gnose, à un certain sentiment d’être heureux. Et dans ce don de science, nous pleurons de cela : nous voyons à quel point tous ces désirs de bonheur, d’épanouissement, d’auto-réalisation, de reconnaissance (« je voudrais bien qu’on me reconnaisse un peu, hein ! »), de guérison, etc…, nous voyons à quel point ces désirs-là ne sont pas justes. Evidemment, il est beaucoup plus facile de le voir pour les gros désirs, les désirs de péché (par exemple : « moi, j’ai envie de vivre dans l’adultère »).
Mais dans l’esprit de science, tous ces désirs de bonheur terrestre, ces désirs faux, ces désirs injustes, quels qu’ils soient, nous font pleurer, parce je vous assure que nous nous apercevons à quel point, profondément, le Saint Esprit et nous, nous ne sommes plus du tout attachés à ces désirs-là, et nous pleurons d’y avoir mis quand même notre attachement.
« Bienheureux les affligés, ils seront consolés ». C’est pour cela que l’Esprit Saint est appelé Consolateur. Et les larmes du don de science sont des larmes de détachement : nous nous détachons de notre désir d’être heureux, d’être aimé sur la terre de manière sensible ; nous nous détachons de tout cela en comprenant amoureusement que ce détachement est heureux, et que notre bonheur consiste à pouvoir être libre de tous ces attachements à un bonheur terrestre.
Je ne sais pas comment expliquer cela, je vous l’avoue, mais à un moment donné, nous pleurons et nous sommes heureux de voir ces choses se détacher. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Nous pleurons vraiment de bonheur parce que nous sommes heureux de nous détacher de tout cela, et pas parce que nous regrettons. Notre bonheur : être détaché de ces attachements, de ces aspirations à des réalisations en réalité injustes parce que ce sont des réalisations orgueilleuses, des réalisations égoïstes, des réalisations de plaisir, des réalisations de béatitude terrestre, mondaine. Nous ne sommes pas faits pour ce bonheur-là.
Un jour, la télévision est venue à la communauté des moines : « Pourquoi est-ce que vous vous êtes fait moine ? ». « Ah, moi, je me suis fait moine parce que je veux le bonheur sur la terre ». J’étais en haut de l’escalier, et je me disais : « Quand même, pourquoi est-ce qu’il répond cela, lui, c’est exactement le contraire ! ». Du coup, le journaliste a dit : « Coupez ! », il avait compris que cela n’allait pas : quelqu’un qui cherche le bonheur sur la terre ne se fait pas moine. Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas le bonheur sur la terre quand nous sommes moine, ce n’est pas cela, mais nous ne nous faisons pas moine pour cela ! Nous nous faisons moine pour pleurer ce désir d’avoir le bonheur sur la terre, et nous sommes heureux de pleurer, notre bonheur est de pleurer ce détachement.
Et cela ne s’invente pas : c’est un don de Dieu, le cinquième don du Saint Esprit, le don qui fait que nous connaissons toutes choses. Dès que nous connaissons la vérité incarnée des êtres humains de la terre, de la création, de la grâce, de la gloire, et des Personnes divines, ces larmes sont toujours là, tout le temps. Nous ne sommes attachés qu’aux profondeurs de Dieu, aux profondeurs des autres et à nos propres profondeurs : c’est cela, notre bonheur (et du coup nous en pleurons), et c’est notre connaissance : nous avons une connaissance infuse, nous sommes détachés du péché, et nous nous en détachons par les larmes qui viennent de Dieu.
C’est pour cela que nous disons que les torrents du Saint Esprit se sont déversés sur les Apôtres et ont surabondé. Il faut imaginer le spectacle de la Pentecôte, cela a dû être étonnant ! Ce n’était pas de l’eau salée (les larmes sont un peu salées) ! C’est étonnant comme le don de science lave, comme il béatifie (il ne rend pas heureux).
Par la Résurrection, Jésus a inscrit dans le cœur de Marie et dans son propre cœur une nouvelle soif : Il demeura avec eux quarante jours. Avec la Résurrection et l’Ascension, Il nous a mérité les deux autres dons : le don de piété et de crainte de Dieu.
Jésus qui palpite dans le cœur de Marie, avec elle, nous a mérité le don de piété. Quand Jésus a laissé Marie entièrement seule, il n’y avait plus que cette avidité d’amour filial pour le Père, cet amour ardent de toute la création, de toute l’humanité, en elle, pour la paternité de Dieu inscrite dans toutes les sources humaines et dans toutes leurs vivifications à partir de l’éternité glorieuse de Jésus. Tout cela a fait le don de piété : le don de piété est la miséricorde, le visage du Père revivifiant tout en pardonnant, et cet amour qui fait qu’il n’y a plus que le Fils dans le Père. C’est le don de piété : il n’y a plus que le pardon. Entre le Fils et le Père, il y a Jésus ressuscité, et donc il n’y a plus le péché, il n’y a que du pardon. Tout cela pressé fait le don de piété dans nous : il n’y a plus que le pardon, l’amour du Père, l’amour du Fils. Nous sommes le Fils, c’est le don de piété, le don marial par excellence, la miséricorde à l’état pur. Le Père et le Fils ont entre eux la gloire de la Résurrection, ils disparaissent tous, et cela donne la grâce de Marie, cela donne la miséricorde incarnée, la miséricorde à l’état pur, le pardon à l’état pur, l’amour de la mère, l’amour du fils, l’amour de l’enfant, l’amour du père. Il n’y a que du don parfait d’amour. Le don de piété est la note caractéristique qui signe la grâce de Marie.
Il est bon de noter que pendant les quarante jours de l’Ascension Marie avait travaillé les profondeurs de Dieu pour nous obtenir ce don avec Jésus. Pendant les dix jours qui ont suivi, il reste la plénitude de ces dons qui vont se donner communautairement par Marie.

Nous nous disposons à vivre du mystère de la Pentecôte en vivant profondément de la troisième vertu théologale : la vertu surnaturelle de la charité. De même que nous disions que nous nous disposions au mystère de l’Ascension en vivant de la vertu surnaturelle de l’espérance, et au mystère marial de la Résurrection en vivant surnaturellement de la lumière théologale toute divine de la foi dans l’intime de notre vie spirituelle et de notre intelligence.
Là, notre cœur commence à palpiter, à être chaleureux d’amour, à être en solidarité, en communion, à laisser l’amour de Marie s’exprimer à travers le nôtre, à ne faire qu’un seul cœur par une toute petite fontaine, toute ruisselante, toute chantante, toute savoureuse, toute lumineuse d’amour dans notre cœur : du coup, nous avons cette charité et nous essayons de vivre dans la charité autant que nous le pouvons.
Comment fait-on des actes de charité ?
Tout à l’heure, je vous disais que nous ne pouvions pas inventer le don du Saint Esprit. Tandis que l’acte de charité surnaturellement divin, c’est nous qui pouvons le produire du dedans de nous par la puissance du Baptême, en mettant vraiment en commun ce qui est surnaturel en nous et ce qui est surnaturel dans le monde de tous ceux qui aspirent à la charité. La charité est une mise en commun de nos trésors, de nos actes.
Cette période des dix jours qui préparent la Pentecôte est vraiment la mise en commun par excellence entre les Apôtres, tout subjugués par la lumière, la délicatesse de la gloire du Saint Esprit qu’ils ont vue à l’Ascension, du souffle qu’ils ont reçu de Jésus à la Résurrection, et de cette aspiration dans ce qui se passe dans la Pentecôte mariale. Un amour les uns pour les autres surgit à partir de là, et c’est un amour divin, un amour surnaturel qui nous met d’abord dans la lumière.
C’est à cela que nous reconnaissons si nous faisons un acte de charité surnaturel : cette mise en commun nous met dans la lumière. Etant dans la lumière, nous demeurons dans cette intimité de Dieu qui est lumière, et nous le voyons très bien. Du coup, nous sommes en communion profonde les uns avec les autres. Et du coup les dons de Dieu peuvent se manifester, et en particulier ce fait que nous pouvons nous unir profondément à quelqu’un, nous mettre dans son cœur, prier à sa place, pardonner à sa place, réparer à sa place, demander pardon à sa place. Nous pouvons avoir de la charité surnaturelle pour Jésus, en nous mettant dans son cœur glorieux, en demandant pardon avec Lui, en pardonnant avec Lui.
Faire un acte de charité est facile : d’abord nous sommes en Dieu, par la foi, par l’espérance, l’avidité du surgissement de l’amour ; à ce moment-là nous sommes dans la lumière de Dieu, en communion profonde les uns avec les autres ; et avec cette grâce-là, avec ce cœur-là, nous faisons un acte de charité surnaturelle.
Ce que nous mettons en commun est l’amour qui vient de Dieu. Un philosophe vous dira que ce qui structure l’amitié, c’est la mise en commun. Si vous mettez en commun la recherche de la vérité philosophique, l’amitié est philosophique. Si ce que vous cherchez en commun est le plaisir, c’est une amitié de plaisir. Mais si c’est de la charité, ce que vous mettez en commun est l’amour qui vient de Dieu. Et il faut d’abord que vous soyez dans la lumière, en communion profonde les uns avec les autres (sinon aucun amour de Dieu ne peut jaillir de vous dans la communion des personnes).
Voilà la disposition pour recevoir les dons du Saint Esprit, pour recevoir la Pentecôte.
Marie a vécu quinze ans jusqu’à l’Incarnation, trente-cinq ans jusqu’à la Résurrection, et vingt-deux ans encore après la Résurrection de Jésus. Vingt ans pour Marie, vingt siècles pour l’Eglise, c’est extraordinaire pour le corps mystique vivant de Jésus vivant.
Jésus est apparu à une petite paysanne dans la Drôme, lui disant : « Après ces vingt siècles, après ces deux mille ans, Je veux inscrire dans la terre des foyers de lumière, de charité et d’amour ».
L’heure de la Pentecôte est arrivée. Le monde nouveau est un monde de Pentecôte mariale. La Jérusalem spirituelle met tout en commun avec la Jérusalem glorieuse pour faire jaillir la Pentecôte mariale, pour faire jaillir la Pentecôte dernière de l’Eglise.
D’abord la lumière : foyer de lumière veut dire que nous nous inscrivons dans les intimités profondes du Verbe de Dieu et que nous nous installons dans le sein du Père pour en voir tous les espaces, tout le visage intime et resplendissant pour nous. La Paternité de Dieu ne nous est plus étrangère, la vérité est notre soif, et nous cherchons à contempler, à voir Dieu en toute vérité.
Foyer de charité : la mise en commun, la communion fraternelle, l’unanimité chaleureuse venue de Dieu dans notre cœur. Vivre vraiment de l’amour qui vient de Jésus ressuscité, l’amour glorieux de Jésus. La charité est la victoire de l’amour glorieux dans le cœur humain et ressuscité de Jésus dans notre cœur.
Foyer d’amour. L’amour n’est pas la charité : si nous vivons en même temps de la lumière et de la charité, alors à ce moment-là nous sommes emportés sur ces deux ailes extraordinaires vers la Pentecôte ; et la Pentecôte, c’est de vivre de l’amour ; et l’amour, c’est de vivre ce que vit le Saint Esprit lorsqu’Il apparaît et que disparaissent le Père et le Fils qui Le font émaner dans l’amour.
Ce n’est pas la même chose que la charité. La charité consiste à laisser l’Esprit Saint exprimer ce qu’Il est, à travers nous.
Dans la disparition de nous-mêmes dans la paternité, de nous-mêmes dans la filiation éternelle de Dieu, dans cette triple disparition, dans la disparition même de toute grâce, de tout temps, de toute préoccupation, quand tout disparaît dans l’amour mutuel et qu’il n’y a plus que l’Esprit Saint, à ce moment-là apparaît l’Amour.
Le Saint Esprit est Dieu qui de l’intérieur apparaît comme fruit de l’amour total des deux premières Personnes de la Très Sainte Trinité. C’est tout simple : le Père aime profondément son Epousée, son Epousée ( le Verbe de Dieu portant toute la Jérusalem glorieuse dans sa Résurrection ) aime le Père et disparaît avec son Ciel en Lui dans le Père, et ces deux disparitions produisent le Saint Esprit.
Voilà la Pentecôte, Marie vit du Saint Esprit, elle est elle-même cette Jérusalem glorieuse qui avec l’Epouse (c’est-à-dire le Verbe de Dieu) disparaît dans le sein du Père, quand le Père Lui-même disparaît, extasié par cette disparition d’amour, et cette triple disparition produit le Saint Esprit.

Maintenant, si nous voulons parler de ce qu’il y a dans le troisième mystère glorieux, le dix-huitième mystère du Rosaire, nous pouvons faire toutes sortes d’approches mystiques. Ce mystère est le mystère mystique par excellence, tout en étant très incarné, sensible.
Il y a eu cinq mystères joyeux, cinq mystères lumineux, cinq mystères douloureux, et ces trois mystères glorieux : cela fait dix-huit mystères.
La manifestation de la vie divine dans notre monde, la paternité de Dieu se dévoile dans les mystères joyeux.
La manifestation de la vérité et du Verbe de Dieu se révèle dans les mystères lumineux : le Verbe de Dieu s’est manifesté, le Verbe s’est fait chair, la Lumière est venue resplendir dans le monde et les ténèbres n’ont pas pu l’arrêter. C’est sûr.
A travers les mystères douloureux, le Saint Esprit est envoyé : l’eau, le sang, et l’Esprit Saint.
Les cinq premiers mystères lumineux sont un petit peu présents à l’état glorieux dans la Résurrection (manifestation du Père qui donne la vie et la Résurrection), et ces cinq mystères lumineux sont glorifiés dans l’Ascension : le Fils est appelé et il ne reste plus que le Père dans l’unité du Père et du Fils, la Résurrection se fait Fils, la Résurrection est devenue Dieu le Fils. C’est cela, l’Ascension : la Résurrection glorieuse qui a été donnée à Jésus devient Dieu le Fils tout entier, anastasis.
Et les cinq mystères glorieux sont extasiés dans la Pentecôte, dans la gloire du Saint Esprit.
Nous disions pour le mystère de l’Ascension que la tension de ce mystère est admirable : Jésus disparaît dans le Père (« Je vais vers le Père », Il s’assied à la droite du Père).
Comment allons-nous faire la théologie mystique de cela, c’est-à-dire contempler, puisque le Rosaire nous appelle toujours à contempler ?
Attention ! La contemplation est une vérité ; et une vérité, si elle n’est pas juste, ne peut pas se contempler ; et c’est pour cela qu’il y a l’enseignement de la vérité : la doctrine infaillible de l’Eglise doit être nécessairement exempte de toute hérésie.
Dire : « l’Esprit Saint, sûrement, va s’incarner », est une hérésie. Il ne faut surtout pas dire des choses comme : « Le Verbe s’est incarné, donc l’Esprit Saint va s’incarner ». Il ne faut dire que ce qui, sûrement, n’est pas une hérésie. Dire que l’Esprit Saint s’incarne, nous comprenons pourquoi c’est une hérésie :
1. parce que l’Eglise dit que c’est une hérésie : l’incarnation du Saint Esprit est une hérésie condamnée par l’Eglise et par les Apôtres,
2. parce que si Dieu s’est fait chair et s’est incarné, Il ne s’est incarné qu’une seule fois. Le Verbe de Dieu est Dieu tout entier. « Le Verbe s’est fait chair », et cela suffit. Le Père ne s’incarne pas, et le Saint esprit est envoyé mais ne s’incarne pas.
Voilà pour la doctrine. Mais sur le plan ‘concret’ de la théologie mystique, qu’allons-nous dire ?
Quand Jésus est monté à la droite du Père, toute la Résurrection glorieuse, divine, surnaturelle de Dieu dans son corps, dans son humanité glorifiée, s’est faite intimité profonde du Verbe de Dieu. Il emporte avec Lui, je vous le signale au passage, tous ceux avec qui Il ressuscite, et en particulier je vois bien sûr que son père, Joseph, est immédiatement emporté dans la gloire de la vision béatifique : c’est une évidence qui est connue par la foi catholique ( ce qui n’est pas défini par la foi catholique est l’heure de la résurrection de Joseph ).
De toutes façons, le Père et le Fils sont Un, humainement et surnaturellement, glorieusement, personnellement et divinement : l’unité du Père et du Fils s’établit et commence à l’Ascension sur tous les plans. C’est pour cela que je disais que j’ai la faiblesse de penser que Joseph nous regarde de ce côté.
De l’autre côté, Marie est là, elle est restée seule.
C’est extraordinaire, et peut-être aurait-il fallu commencer par cela tout à l’heure.
Toutes les consolations lumineuses, palpitantes, de la Résurrection, disparaissent, parce que quand Jésus monte à la droite du Père, Il ne fait rien à moitié : tout monte à la droite du Père. Elle se retrouve donc seule. Cela a engendré en elle, nous le savons bien, une ardeur, une soif, un désir ! S’il n’y avait pas eu le pain brûlant de l’eucharistie qui lui fut donné sans doute la veille avant que Jésus ne monte au ciel, je crois qu’elle n’aurait pas pu. Elle était dans cette ardeur, ce désir et cette Pentecôte de la croix, qui permettaient, en se communiquant en solidarité avec les disciples et les Apôtres qui s’étaient aspirés autour d’elle, de créer les conditions de la charité pour la réception délicate de la Pentecôte du Saint Esprit.
Mais que se passe-t-il ici, dans le cœur de Marie qui est lui-même blessé par la mort, par la Trans-Verbération glorieuse de Jésus assis à la droite du Père ?
Dans cette blessure du cœur, l’Esprit Saint et le Verbe de Dieu disparaissent tous les deux. Et cela est extraordinaire ! C’est peut-être pour cela qu’il fallait que Jésus disparaisse, pour montrer ce qui se passe dans le cœur de Marie quand le Verbe de Dieu tout rempli de gloire disparaît, ainsi du reste que l’Esprit Saint (la Pentecôte de la croix dans la blessure du cœur de Marie), pour qu’il y ait uniquement l’Esprit Saint qui palpite dans le cœur des Apôtres parce que Jésus a soufflé l’Esprit Saint sur eux (deuxième Pentecôte), et cette communion de Marie avec eux leur permet de vivre du Saint Esprit dans la disparition de l’Esprit Saint et du Verbe de Dieu en son cœur blessé.
D’un côté, j’ai l’unité du Père et du Fils dans la gloire, et de l’autre côté, j’ai l’unité de l’Esprit Saint et du Verbe de Dieu dans la charité fraternelle du cœur de Marie.
D’un côté, j’ai le Verbe de Dieu tout englouti, disparaissant dans le sein du Père qui disparaît avec Lui dans la gloire de la Résurrection, et de l’autre côté, cette même gloire de la Résurrection fait disparaître le Verbe de Dieu dans l’effacement du Saint Esprit pour la Pentecôte des Apôtres.
Regardez ce double mouvement de disparition de la gloire de la Résurrection du Verbe de Dieu : d’une part, dans le sein de Dieu le Père, avec Joseph, et d’autre part en Marie, dans la substance du Saint Esprit.
C’est pour cela que nous disons que l’Immaculée Conception, déjà au départ, quarante-neuf ou cinquante ans avant, un jubilé avant, nous disons que Marie a été engendrée à partir de l’unité du Verbe de Dieu et de l’Esprit Saint dans la blessure cadavérique de Jésus crucifié (vous avez entendu plusieurs fois cette petite définition).
Quand Jésus a été crucifié, Dieu le Fils s’est trouvé dans un état de passivité absolue, comme le Saint Esprit, et du coup les deux ont connu une communion telle qu’elle a produit l’Immaculée Conception : l’origine de l’Immaculée Conception est bien l’unité de ces deux Personnes divines dans la blessure du cœur de Jésus.
Mais nous nous rendons compte qu’ici, dans ce passage de l’Ascension à la Pentecôte, cette identité divine de Marie dans l’Immaculée Conception prend une forme incarnée : il y a effectivement disparition du Christ glorieux ressuscité dans le Verbe, et disparition de la Pentecôte du Saint Esprit que Marie a reçue à la croix ; et cette double disparition dans l’unité des deux Personnes sous cette nouvelle modalité, permet la charité fraternelle de cette Pentecôte apostolique de se communiquer à Marie et avec elle de produire la Pentecôte définitive : l’Amour.
Du coup le Saint Esprit, le Paraclet, s’est emparé d’elle.
Nous, nous recevons les sept dons du Saint Esprit : les petites flammèches, les petites brindilles (et ces petites brindilles sont admirables : le don de sagesse, le don d’intelligence…) ; mais Marie reçoit le Paraclet, le feu : le feu du Saint Esprit s’est installé dans le mystère de la Pentecôte mariale.
En théologie mystique, comprenons que ce qui s’est réalisé à l’Ascension : cette tension entre l’unité du Père et du Fils (du côté de Joseph et de Jésus) et l’unité du Verbe de Dieu et de l’Esprit Saint (du côté de Marie et de Jésus), Jésus faisant toujours l’unité, bien sûr ; lorsque, à travers le corps mystique vivant de Jésus vivant qui venait d’être conçu de cette manière-là (les Apôtres sont des membres vivants du corps mystique vivant de Jésus vivant avec Marie), en raison de la conception et de l’apparition ainsi originée, il y a pu y avoir une communion et un établissement de ce que vit Marie dans ce que vit Joseph, un établissement de ce que vit Jésus dans ce que vit Marie, et cette nouvelle maternité permet la naissance du corps mystique vivant de Jésus vivant.
C’est pour cela qu’on dit en théologie que la Pentecôte signe la naissance du corps mystique du Christ, la naissance de l’Eglise : l’Eglise est née comme cela.
Et c’est pour cela qu’on dit que nous sommes baptisés dans le Père, le Fils et le Saint Esprit, donc dans les mystères joyeux, les mystères lumineux et les mystères douloureux.
A partir desquels nous sont donnés la Résurrection, l’Ascension et la Pentecôte : le Père, le Fils et le Saint Esprit.

Cela se contemple, nous comprenons que ce n’est pas seulement une simple méditation de passage. La charité fait que tout ce que Marie vit, elle le vit en union avec Jésus et Joseph, en union avec le père et le fils glorifiés, et en même temps avec tous les membres vivants du corps mystique vivant de Jésus vivant engendrés par la Résurrection de Jésus et le Saint Esprit soufflé sur eux à la Résurrection.
Il est assez extraordinaire de voir (c’est un des aspects symboliques de la Croix glorieuse ) cette communion entre ce qui se passe entre le père et le fils glorifiés en Dieu et ce qui se passe dans cette Pentecôte apostolique.
En même temps, nous pouvons dire aussi que cette communion est réciproque : Jésus ressuscité est établi à la droite du Père, et forcément Ils disparaissent, parce que c’est le propre de la vie divine dans la Très Sainte Trinité, dans le face à face, de disparaître l’un dans l’autre dans l’amour, et du coup l’Esprit Saint va jaillir. Et Ils sont en communion avec Marie, et donc il est normal que du cœur de Marie jaillisse cette nouvelle modalité du Saint Esprit à partir de la charité glorieuse de Jésus et de Joseph dans le Père et le Fils, et c’est cela qui produit l’Esprit Saint.
J’aurais beaucoup de peine si quelqu’un me disait : « Jésus, Marie et Joseph n’ont eu aucun rôle, à titre instrumental, dans la Pentecôte ». Pardon ! Ils ont eu un rôle très grand, ainsi que nous avons tenté de l’expliquer maintenant.
Evidemment, l’Esprit Saint a jailli de la blessure du cœur du Verbe de Dieu dans le cœur avide de Marie : voilà le mystère de la Pentecôte.
Considérons amoureusement et chaleureusement cette réciprocité entre deux unités de deux Personnes divines glorifiées, et deux Personnes divines surnaturellement présentes dans la charité brûlante de Marie : cette communion, cette tension, lorsqu’elles se joignent ensemble, a produit la Pentecôte.


Plus simplement : comment vivrons-nous de la Pentecôte ?
Nous vivrons de la Pentecôte en étant profondément unis les uns avec les autres, en étant d’abord dans la lumière, et en étant d’accord à l’avance (même si nous ne le savons pas) d’arracher toute idée qui ne vient pas de Dieu, toute idée qui ne vient pas de la doctrine infaillible de l’Eglise.
A partir de là, étant en communion profonde les uns avec les autres, nous laissons vivre la blessure du cœur de Jésus, et de Marie, et de Joseph en nous, et commençons à brûler d’amour.
Une fois que nous sommes là, si nous y demeurons, il me paraît impossible qu’au bout de dix minutes, il n’y ait pas l’apparition d’un des sept dons du Saint Esprit.
Et la vie chrétienne consiste à vivre du Saint Esprit.
Donc il faut beaucoup prier, il faut se donner. Comme le dit Saint Thomas d’Aquin : « Un chrétien qui prie dans l’unanimité, s’il y persévère dans la ferveur plus de dix minutes, il est impossible qu’il n’ait pas reçu une mission nouvelle et invisible de la Personne même du Saint Esprit dans son âme ».

Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen


Nous méditons aujourd’hui le troisième mystère Glorieux :

La Pentecôte

http://catholiquedu.free.fr/MEDITATION/PENTECOTE.htm

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article