A propos de la mort du journaliste français en Ukraine

Publié le par FSC

Un jugement qui nous parait équilibré sur le site d'Erwan Castel qui est sur le terrain et qui fait très régulièrement le point sur la situation militaire.

Et on est bien entendu pas obligé de partager sa vision du monde tandis que  "nos" médias font preuve dans leurs choix d'information d'un unilatéralisme consternant et de l'usage permanent de la censure  par exemple en ne disant absolument rien des bombardements de l'armée ukrainienne sur les populations civiles du Donbass et ses victimes !

http://alawata-rebellion.blogspot.com/2022/05/les-assassins-persistent-et-signent.html

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SOURCE : http://alawata-rebellion.blogspot.com/

A propos de média, je tiens à poser ici mon point de vue concernant la disparition de Frédéric Leclerc-Imboff, ce reporter de guerre tué dans un bombardement le 30 mai alors qu'il se déplaçait vers Lisichansk et qui déclenche depuis des torrent de récupérations propagandistes toutes plus délirantes les unes que les autres. 

 

Frédéric Leclerc-Imboff, reporter tué près de Lisichansk le30 mai

 

Même si Fréderic Leclerc-Imboff servait BFM-TV, dont la politique éditoriale est l'une des propagandes de la doxa mondialiste les plus caricaturales, il représentait cette liberté d'expression qui doit être défendue même lorsqu'on est opposée aux positions politiques défendues et ce métier de reporter de guerre dont les représentants, de chaque côté du front, font preuve d'un courage physique et mental certain. On pourrait débattre sans fin sur ce qui différencie journaliste et propagandiste mais bien que passionnant l'éthique est ici un autre sujet.

Tout d'abord je tiens à préciser ici et pour dépassionner le débat :

  1. Fréderic Leclerc-Imboff rejoignait Lisichansk par une route qui depuis 1 semaine est la frappée quotidiennement par des duels d'artillerie entre russes et ukrainiens,
  2. Qu'il était pas dans un convoi humanitaire officiel comme le prétendent les médias occidentaux, car il y aurait eu un cessez-le-feu et un corridor défini entre les parties,
  3. Les véhicules collectifs ukrainiens comme celui dans lequel BFM TV se trouvait, s'ils évacuent au retour des civils, ravitaillent aussi à l'aller les forces ukrainiennes,
  4. L'absence de marquage réglementaire "presse" sur le véhicule ne permettait pas d'informer de la présence de journalistes (protégés par les conventions de Genève),
  5. L'absence également de marquage réglementaire et communication signalant la mission humanitaire (et non un simple écriteau dans un coin du pare-brise illisible à 100m !).
Il s'agit donc de savoir raison garder entre ceux qui accusent la Russie d'avoir commis un crime de guerre en visant délibérément un journaliste protégé (inventant au passage une histoire abracadabrantesque d'opération humanitaire et ceux qui prétendent qu'il était en réalité un mercenaire français rejoignant le front de Severodonetsk.
 
La réalité est plus prosaïque: Frédéric Leclerc-Imboff "était au mauvais endroit au mauvais moment" subissant fatalement les risques de son métier de reporter de guerre qu'ils connaissaient parfaitement. Pour avoir accompagné des reporters de guerre sur plusieurs conflits, je ne jugerai pas les imprudences éventuelles commises car dans leur mission difficiles les reporters doivent prendre des risques comme celui de circuler sur une route logistique bombardée pour rejoindre le lieu de leur reportage (d'ailleurs l'absence d'image complète de ce prétendu "bus humanitaire bombardé" devrait mettre la puce à l'oreille).
 
Pour conclure je rappellerai ici la mort récente de la journaliste Shireen Abu Akleh, abattue le 11 mai à Jénine (Cisjordanie) d'un tir à la tête par un sniper israélien posté à 200 mètres. alors qu'elle s'identifiait avec casque et gilet bleus marqués "Presse". Aujourd'hui aucune enquête, aucune accusation de crime de guerre de ces mêmes médias occidentaux qui hurlent contre la Russie au sujet de Fréderic Leclerc-Imboff et qui ont même choisi le silence dès que ce nouvel assassinat israélien s'est imposé à leur larbinisme.
 
 
A travers les morts dramatiques de ces deux journalistes (parmi les dizaines qui sont tués chaque année) nous pouvons repérer une fois de plus ce "deux poids deux mesures" occidental qui instrumentalise et déforme la vérité jusqu'à insulter la mémoire de ceux qui sont tombés pour informer.