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Publié par YVAN BALCHOY

26-04-22-LES MEDIAS OCCIDENTAUX DE PLUS EN PLUS SATELLITES DES ETATS-UNIS ET DE L'OTAN

Le système médiatique occidental et la guerre en Ukraine

    22 Avr 2022 Djamel Labidi     (source Le Grand Soir) repris par Investig'action

Au temps de l’URSS, les pays d’Europe de l’Est étaient qualifiés de satellites de Moscou. Aujourd’hui, les pays occidentaux ont pris la relève, en orbite autour des États-Unis. C’est tellement visible que c’en est indécent. Même pas une critique, même pas une réserve. Un suivisme aveugle, y compris contre les intérêts mêmes de leurs propres pays.

Les États Unis, qui sont autonomes énergétiquement, disent qu’il faut l’embargo sur le gaz, le pétrole, et le charbon russes. Les pays occidentaux obéissent au doigt et à l’œil. Ils s’évertuent même à trouver des solutions qui agréent aux États-Unis, gaz liquide, énergie verte etc., malgré des coûts bien plus élevés. Les Étasuniens disent non à Nord Stream 2, le deuxième gazoduc. Les allemands s’exécutent. Et s’ il y a quelques hésitations dans les rangs, Joe Biden se déplace lui-même ou bien, pour faire pression sur les dirigeants hésitants, on déclenche l’une après l’autre, des campagnes intenses contre les « atrocités russes », « Marioupol », puis Boutcha etc., auxquelles correspondent chaque fois, comme un mécanisme bien huilé, un nouveau train de sanctions, et une nouvelle escalade dans l’armement de l’Ukraine.
C’est toujours la même chose

En fait, c’est le même procédé qu’ont toujours utilisé les États-Unis. Dans la première guerre en Irak, le mensonge des nouveaux nés tués dans leurs incubateurs avait permis une campagne médiatique hystérique et le déclenchement immédiat des hostilités. Dans la deuxième guerre en Irak, cela avait été le mensonge des armes de destruction massive. Bilan de ces deux mensonges, un million de morts en Irak.
En 2011, le mensonge de massacres de masse à Benghazi avait servi de prétexte à l’agression contre la Libye. Les États Unis ont déjà fait cela, pourquoi ne le referaient-ils pas en Ukraine ? C’est chaque fois le même scenario : « crimes de guerre » » et atrocités attribuées à l’adversaire, médiatisation intense qui sidère l’opinion occidentale et qui vise à imposer l’idée qu’on ne peut attendre pour agir puis intervention. Lorsque le mensonge est dévoilé, il est toujours trop tard, le mal a été fait. Personne ne parlera en Occident de juger les menteurs. C’est chaque fois la même chose et cela recommence chaque fois.

Il est étrange de voir des États du monde non occidental, il est vrai en nombre de moins en moins grand, tomber encore dans le piège, comme cela vient d’avoir lieu lors du vote de suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, exactement comme cela avait été fait pour la Libye en 2011 suite aux mensonges dont on vient de parler. Mais il est vrai que les gouvernements sont une chose, et les peuples autre chose. Les peuples du monde non occidental ont, eux, depuis longtemps compris et n’accordent plus aucune crédibilité au récit étasunien.
Que reste-t-il du journalisme ?

Propagande, guerre idéologique, c’est tout naturellement que le système médiatique occidental s’est vu confié, de plus en plus, ces dernières décennies, une mission de guerre totale. L’entière subordination des pays européens aux États-Unis est la plus apparente, elle est la mieux révélée dans le comportement des médias occidentaux. Ici le suivisme est total : les États-Unis produisent une analyse de la situation militaire en Ukraine, ou bien sur l’impact des sanctions économiques, ou bien encore sur les oligarques russes et même sur la santé mentale de Vladimir Poutine, et tous les médias occidentaux suivent comme un seul homme. La ligne éditoriale dans tout l’Occident est donnée par les États Unis. Le quatrième pouvoir, celui de la presse, est totalement subordonné au pouvoir politique, sans même qu’il ne reste une distance, ou qu’on tente même de sauver les apparences, comme c’était le cas naguère.
Le journalisme occidental plonge alors dans la déchéance professionnelle. Lorsqu’un journaliste, un responsable de l’information d’une grande chaine de télévision s’aligne immédiatement, comme un soldat aux ordres, sans discussion, sans distanciation, sur des déclarations de caractère politique concernant des évènements aussi graves que les atrocités de Boutcha et autres, en ne faisant pas la différence entre la politique et l’information, que reste-t-il du journalisme et de la recherche de la vérité ?
Lorsque tous en chœur répètent l’argument imbécile que les pays européens, en achetant leur énergie à la Russie, « financent ainsi la guerre contre l’Ukraine », sans songer un instant qu’on pourrait dire, tout autant, que la Russie entretient ainsi la puissance industrielle et économique de ses adversaires, et donc leurs moyens de soutenir militairement et financièrement le pouvoir en Ukraine, que reste-t-il de l’esprit critique ? Lorsque Joe Biden utilise les mots de « boucher », de « dictateur », de « criminel de guerre » concernant Vladimir Poutine, et que tous les journalistes se croient dès lors autorisés à cette terminologie, que reste-t-il de l’indépendance d’esprit ?
Lorsque des journalistes regardent les images de Boutcha et qu’ils ne se posent aucune question à ce sujet, pas même sur ces corps étrangement exposés comme si les russes avaient voulu s’accuser eux-mêmes, et lorsque pour le drame de la gare de Kramatorsk le crime est signé par une inscription russe, « pour nos enfants » bien en évidence sur le missile, et que personne sur le plateau n’est même pris d’un doute, que reste-t-il alors du doute systématique du journaliste ? Lorsque des journalistes parlent très vite de la « nécessité d’enquêtes », pour immédiatement après considérer tout cela comme des « faits avérés », et qu’’un journaliste sur le plateau s’exclame que « c’est trop évident et qu’il n’y a pas besoin d’enquête » que reste- il de la logique et de la cohérence ?

Lorsqu’après la campagne médiatique intense sur le bombardement de la maternité de Marioupol, le premier témoin, cette femme enceinte , influenceuse sur Internet, la même qui avait été adulée et largement médiatisée au départ, dit maintenant que c’est un bataillon ukrainien Azov qui a bombardé la maternité, et que, des journalistes, d’un seul élan, disent alors que son témoignage est désormais suspect et « qu’elle a dû subir des pressions pour parler ainsi », il y a vraiment problème dans l’information occidentale.

Lorsque on évite soigneusement, pratiquement partout, sur tous les plateaux, et dans les journaux, de dire, au sujet du martyr des habitants de Marioupol, qu’il y a, là, des combats acharnés qui opposent l’armée russe aux bataillons Azov retranchés dans la ville, on ne perçoit plus alors que l’image absurde d’une ville bombardée apparemment sans raisons. Qu’est-ce qu’il reste alors du journalisme d’information ? Il ne reste plus qu’une propagande partisane, utilisant tous les ressorts émotionnels, pour mobiliser l’opinion occidentale dans l’effort de guerre et les sacrifices qui lui seront de plus en plus demandés.

Signe des temps, c’est sur les grandes chaines d’information non occidentales, notamment les grandes chaines d’information arabes, Al Arabiya, Al Jazeera, qu’on trouve actuellement le respect de la déontologie professionnelle : ton sobre, distanciation, présentation des informations en provenance de chaque protagoniste, confrontation des points de vue contraires, compte rendu scrupuleux des déclarations officielles, sans coupure ou censure comme le font les chaines occidentales concernant Vladimir Poutine et autres dirigeants russes. Les informations militaires en provenance des deux camps sont données. On assiste en direct aux réunions du Conseil de sécurité de l’ONU. Les correspondants de guerre sont véritablement, sur le terrain, et non ces correspondants qui, a l’abri dans les zones calmes, interviewent des réfugiés. A l’inverse, ceux d’Al Jazeera prennent d’ailleurs des risques qui font frémir.

Sur Al Jazeera, un conseiller de Joe Biden disait qu’il fallait traîner Vladimir Poutine devant le Tribunal Pénal International (TPI), ce à quoi la journaliste lui a fait remarquer : « Mais vous avez toujours refusé de reconnaître la compétence de ce Tribunal pour les États Unis, comment pouvez-vous la réclamer pour d’autres ? » Le conseiller en est resté sans voix. Peut-on imaginer actuellement un tel dialogue sur une chaîne occidentale ? Et pourtant il s’agit de simple objectivité.

Certes ces médias, eux aussi, peuvent tomber dans la désinformation dans des circonstances semblables, lorsque le poids du pouvoir politique devient destructeur pour le métier de journaliste. L’exemple du rôle d’Al Jazeera pendant la crise libyenne le prouve. Mais ceci mériterait d’autres développements

Vous pouvez lire l'article intégral entre autres sur le site Investig'action de michel Collon.

Si vous doutez de la  véracité de cet article n'hésitez pas à écouter l'émission de monsieur Pujadas chaque jour de la semaine à 18H etc...

 

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